‹ La situation financiere de la Province de Quebec en 1889, discoursChapitre 13 sur 22 · BUDGET GÉNÉRAL DE · texte numérisé non relu

BUDGET GÉNÉRAL DE

" Dépenses $3,353,170.51

" Dépenses spéciales, qui ne sont qu'ordinaires 150,593.93

Montant $3,503,764.44

" Budgets supplémentaires et mandats spéciaux, au moins... 110,000.00

Montant $3,613,764.44

" Prévisions budgétaires par l'honorable trésorier — revenu

ordinaire 3,405,672.80

Déficit prévu de 1889-90 $208,091.64

" Nous aurons donc encore en 1889-90 un déficit qui s'élèvera à. plus de deux cent huit mille piastres."

C'est encore ici exactement le même procédé que pour les précédents exercices. Mon honorable ami grossit très commodément le budget de la dépense en ajoutant nu montant de dépenses spéciales à celui des dépenses ordinaires de l'année. Ce sont des articles de même nature que ceux qu'il a imputés au budget ordinaire des autres exercices, de sorte qu'il est oiseux de répéter la réfutation de ces erreurs. Il y a encore ici $100,000 pour construction de ponts en fer, montant qui ne sera peut-être pas dépensé en entier, et d'autres dépenses, soit de vieilles réclamations dont nous ne sommes pas responsables, soit des améliorations aux propriétés du gouvernement qui ne doivent pas être considérées comme appartenant au budget ordinaire.

Rectifions donc brièvement son calcul. D'après lui, les

dépenses de 1889-90 seront de $3,613,764.44

Mais de ce montant il faut éliminer, pour dépenses spéciales

ajoutées à tort au budget ordinaire 150,593.93

Différence $3,463,170.81

Il convient de plus de retrancher les budgets supplémentaires et mandats spéciaux qui n'existent pas encore et dont le montant dépendra entièrement de l'état des services en temps et lieu 110,000.00

Différence $3,353,170.81

Ainsi les dépenses prévues pour 1889-90 ne s'élèvent en réalité qu'à $3,353,110.81 et non $3,613,764.44 comme l'affirme l'honorable député.

En déduisant cette somme du montant des recettes prévues :

Revenu ordinaire, prévisions $3,405,672.80

Dépenses ordinaires, telles que prévues 3,353,170.81

On trouverait au contraire un surplus de $52.501.99

d'après les prévisions actuelles.

Comparons maintenant les dépenses prévues pour 1889-90 avec celles de 1885-86, que cite si complaisamment mon contradicteur :

Dépense ordinaires prévues pour 1889-90 $3,353,170.81

Dépenses ordinaires de 1885-86 3,032,607.25

Soit une augmentation probable de $320.563.56

Mais il faut déduire l'augmentation dans le service d'intérêt, dont nos prédécesseurs sont responsables, soit en chiffres ronds 125,000.00

L'augmentation réelle dont nous sommes responsable, ne serait donc que de $195,563.56, ce qui est loin des $581,157.19 que l'honorable député porte si hardiment à notre charge. Il ne se trompe que de $385,593.63. C'est encore un exemple de sa précision.

Comparons maintenant les recettes des deux mêmes exercices :

Les recettes pour 1889-90 sont évaluées à $3,405,672.80

Les recettes pour 1885-86 ont été de 2,949,562.15

Augmentation dans les recettes pour 1890 comparées

à celles de 1886 $456,110.65

Ainsi, la dépense prévue pour 1890 comparée à celle de 1886 est réellement, pour la partie dont nous sommes responsables, de $195.563.56 de plus qu'en 1886 ; mais, d'un autre côté, il ne faut pas oublier que nos recettes prévues pour 1890 sont de $456,110.65 de plus qu'en 1886. Voilà ce dont il faut tenir compte et ce qu'oublie cependant mon honorable ami.

Additionnons maintenant les surplus des trois années :

Surplus de 1887-88 $373,196.03

Surplus possible pour 1888-89 44,323.00

Montant du surplus pour les trois années $470,021.02

Nous voici encore bien loin du résultat obtenu par l'honorable député qui, par des calculs absolument faux, en arrive à un déficit collectif de $722,662 pour ces trois mêmes années. Son système de comptabilité pèche par la base ; aussi toutes ses conclusions sont-elles nécessairement illusoires, et je n'ai qu'à les retracer les unes après les autres pour les renverser.

Il fait encore un autre calcul, basé sur la même erreur fondamentale. Il additionne ses prétendues augmentations des dépenses pour les trois années 1888, 1889 et 1890 avec celles de 1885-86 et trouve ce résultat :

En 1887-88 $520,029

En 1888-89 617,392

En 1889-90 581,157

Augmentation totale $1,718,578

" Ces chiffres, ajoute-t-il avec une terreur affectée, révèlent une situation vraiment alarmante. Le ministère augmente les dépenses dans des proportions qui doivent faire réiléqhir sérieusement la Chambre. En trois années de pouvoir, le gouvernement actuel aura augmenté les dépenses ordinaires du service public de la province de plus d'un million sept cent mille piastres. Voilà comment il remplit ses promesses d'économie. "

Cette vue alarmante repose sur un faux point de départ. Je l'ai prouvé de point en point ; il ne me reste qu'à récapituler mes propres calculs. Je le défie de nier sérieusement l'exactitude du relevé suivant :

Voici la véritable augmentation des dépenses :

Pour 1887-*" 8 ( . „ , -, ) $332,425.15

1888 89 ) Y comPns 1 augmentation dans le I 373 070 43

«« 1889-90 ( service d'intérêt. ^ 32o',563'.56

Augmentation totale des trois années comparées avec 1886... $l,026,0f>9.10

Déduisons maintenant l'augmentation dans le service des intérêts, dont nous ne sommes pas responsables :

Pour 1888 .' $125,950.62

L'augmentation réelle de la dépense totale du service ordinaire, dont nous serions en partie responsables pour ces trois années, serait donc de $650,108.48

Mais pour bien définir la vraie situation et ne pas induire la Chambre et le pays en erreur sur l'état financier d^ ces trois exercices comparés à 1886, il faut mettre eu regard des dépenses le montant des recettes pour la période correspondante.

Pour l'exercice 1888 recettes perçues $3,738,228.00

1889 " probables 3,450,000.00

Total de la recette pour les trois années $10,593,900.80

Moyenne par année J $3,531.300.27

Recette pour 1886 2,949,562.15

Augmentation réelle de la recette par année comparée avec 1886 $581,738.12

Cette augmentation par année pendant trois années, forme

un total de « $1,745,214.36

L'augmentation de la dépense pendant la même période, y compris le service d'intérêt additionnel dont nous ne sommes pas responsables comparée avec 1886, s'élèverait à 1,026,059.10

Différence en notre faveur $719,155.26

La différence eu faveur de notre administration comparée avec 1886 est donc de $719,155.26.

Maintenant, eu déduisant l'augmentation dans le service d'intérêt dont nos prédécesseurs sont responsables, soit un total pour les trois années de $375,950.62, en chiffres ronds, vous arrivez à un total en faveur de notre administration comparée avec 1S86, de $1,095,105.88.

Résultat bien différent de celui qui a été présenté par l'honorable député, et qui, loin d'être alarmant comme il le prétend, est supérieur à tout ce qui a été fait en aucun temps par nos prédécesseurs.

Les chiffres que je viens de donner, et qui sont tous de source officielle, démontrent à l'évidence le peu de foi que l'on doit ajouter à la critique de mon honorable ami.

L'honorable député a cru en imposer à la Chambre et au pays en faisant miroiter à leurs yeux des états fallacieux et agencés de manière à les induire en erreur sur la véritable position financière de la Province.

Au lieu de s'efforcer de déprécier la situation financière, il aurait dû au contraire, s'il a les véritables intérêts de son pays à cœur, admettre que la situation financière est aujourd'hui supérieure sous tous les rapports à ce qu'elle a été depuis L875, parce que pendant toute cette période ce ne sont que des déficits que l'on a eu à constater.

L'honorable député dans sa critique n'a été ni loyal ni juste envers notre administrai ion, car il ne s'est pas seulement contenté de grossir sciemment et sans raison le chiffre de la dépense afin de montrer l'état le plus défavorable possible, mais il a été jusqu'au point de laisser dans l'ombre l'augmentation de nos sources de revenu. Comment qualifier une telle critique ?

Je l'accuse d'un autre acte déloyal, c'est d'avoir pris pour point de comparaison l'année 1886 qui était celle qui lui était la plus favorable et la mettre en regard de la série des trois années dont nous sommes responsables et dont deux ne sont pas encore terminées. N'était-il pas juste, s'il voulait absolument faire une critique rationnelle, de prendre une série de trois années de nos prédécesseurs et de la mettre en regard de la nôtre ?

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