RECETTES DE REVENU ET REMBOURSEMENTS A COMPTE DU CAPITAL
(A l'exception des emprunts temporaires et des fonds en fidéi-commis, les recettes sont celles sur lesquelles nous pouvons légitimement compter, y compris le revenu proprement dit et les remboursements de sommes à compte du capital :)
1882 Recettes ordinaires et extraordinaires $ 4,028,679.46
Total des recettes $19,012,385 42
1882 Québec Central, dépôt de garantie versé par cette compagnie et 'dont le remboursement est inclus dans les paiements énumérés dans le tableau précédent $ 606,849.20
$19,619,234.62 Le montant total des paiements de 1882 à 1887, comme nous
l'avons vu il y a un instant, s'élève au chiffre de $ 24,531,962.38
Le montant total des recettes annuelles pour la même période est de 19,619,234.62
La différence entre les recettes et les paiements pour la
période s'étendant de 1882 à 1887 est donc de $ 4,912,727.76
Cette somme représente le montant qui a été dépensé à compte du capital de 1882 à 1887, non compris la somme des obligations non payées au 30 juin 1887, dont je parlerai dans lui instant.
Les régimes qui nous ont précédés ont donc endetté la province de cinq millions de piastres près, et cela dans le court espace de six années seulement. Cette dette, énorme pour six ans d'administration, nos adversaires l'ont comblée au moyen d'emprunts, les uns à long terme et les autres temporaires.
En résumé : pendant cette période des six années comprises entre 1882 et 1887, les gouvernements conservateurs, en moyenne, ont augmenté annuellement notre dette de $818,787.96.
Yoilà ce qui a été ajouté chaque année à compte du capital, sous forme de déficits entre les recettes et les dépenses ordinaires, y compris les paiements à titres de dépenses extraordinaires, par ceux qui nous combattent aujourd'hui sous prétexte d'économie.
L'honorable député a donc tort de critiquer notre administration en face d'un tel état de chose et en ergotant sur des détails d'aucune importance.
J'ai dit, il y a un. instant, que nos prédécesseurs ont dépensé $4,912,- 727.76 en plus que les ressources légitimes de notre province durant les années 1882-83-84-85-86-8*7 ; je le prouve en donnant un tableau démontrant par quelles opérations financières cette somme de dépenses au-delà de nos ressources a été couverte :
Au 30 juin 1881, nous avions en emprunts temporaires f 750,000.00
Montant total de l'augmentation de la dette de 1882 à 1887.. $4,912,727.76
Montant total $ 5,662,727.76
Par argent :
Argent encaisse au 30 juin 1881 $ 535,777.71
Moins mandats de 1881 payés en 1882 5,403.48
Montant net de la caisse $ 530,374.23
Montant des recettes en fidéi-commis, déduction
faite des remboursements 171,054.00
Assurance reçue sur l'ancien palais législatif,
incendié 32,765.00
Eu 1883 emprunt à long terme 1,116,500.00
" 1885 débentures du Palais de Justice 150,000.00
" 1887 emprunts temporaires 1,100,000.00
Pour liquider les obligations de nos prédécesseurs 5,513.726.57
A déduire, prêt en 1882 aux Révérends Pères
Trappistes 10,000.00
Balance due au 30 juin 1882 $ 159,001.19
Par mandats émis, mais non payés au 30 juin 1882 159,001.19
Ainsi au 30 juin 1887, nous avions en emprunts temporaires. 1,100,000.00 Mandats émis, mais non payés 159,001.19
Cette somme de $1,259,001.19 réprésente le montant que nous avions payé à cette date sur le compte des obligations de nos prédécesseurs, à être remboursé à même le dernier emprunt.
Maintenant établissons au 30 juin 1887 en chiffres ronds les obligations contractées par nos prédécesseurs et non réglées, en sus du montant de 14,912,727.76 dont $1,259,001.41 avaient été réglées par emprunts temporaires et mandats non payés.
Fonds en dépôts ou fidéi-commis $229,105.25
Balance de la subvention en argent accordée à certaines compagnies de chemins de fer 530.107.25
Premiers 35 cts. l'acre payables à mesure que les travaux se
font 1,473,821.70
Pour construction du Palais législatif 75,123.00
dejustice 100,487.28
Balance approximative pour réclamation contre le Q. M. O.
Perte sur le dépôt de la Banque d'Echange 27,000.00
Statues — contrat de nos prédécesseurs 25,000.00
Frais de construction pour le palais de justice et le palais législatif y compris le règlement de réclamations contestées, soit en chiffres ronds 500,000.00
Montant total des obligations dont nos prédécesseurs sont
responsables $3.020,714.48
Si vous ajoutez à cette somme le montant réglé jusqu'au 30 juin 1887. représentant l'augmentation de la d?tt? de 1882 à 1887 tel qu'établi par l'état précédent, soit 4.912,727.76
Le montant total des obligations contractées de 1882 à 1887 est donc de $7,933,4-12.24 soit une augmentation de $1,322,240 par année.
Tel est le résultat des opérations de nos prédécesseurs.
Si nous ajoutons à ces $3,020,714.48 d'obligations en chiffres ronds, les $1,259,715,001.41 réglées au 30 juin 1887 par des emprunts temporaires et par mandats, nous arrivons à un total d'obligations non liquidé à cette même date, et dont nos prédécesseurs sont responsables, de $4.279,715.89.
En présence de cette somme d'obligations que nos adversaires nous ont laissée lorsqu'ils ont été obligés de céder le pouvoir, comment l'honorable député ose-t-il aujourd'hui venir critiquer notre administration des finances, surtout en face des efforts que nous avons faits pour améliorer la situation et sortir la province de l'ornière où lui et ses amis l'avaient plongée ?
Les recettes étaient donc insuffisantes pour couvrir même les dépenses ordinaires, et les déficits dans le budget ordinaire qui étaient à l'ordre du jour.
Cependant malgré cet état de chose, nous nous sommes mis courageusement à l'œuvre, et dès la première année dont nous sommes responsables nous avons réussi à présenter un budget avec un surplus, de $373,000 en chiffres ronds.
Nous avons créé déplus un revenu additionnel d'au-delà d'un demimillion et rétabli l'équilibre entre les recettes et les dépenses. Voilà ce qui a été fait sous notre administration. Cependant, l'honorable député, connaissant ces faits, A'ienjt aujourd'hui, audacieusement, déclarer le contraire et veut faire croire à la Chambre et au pays que notre administration est dangereuse et de nature à alarmer la population. Heureusement que sa vaine déclamation n'est pas prise au sérieux et que tout son échafaudage d'erreuTs n'aura pas l'effet désiré auprès des gens raisonnables. Tout de même, la critique si peu fondée de l'honorable député produira un mauvais effet auprès des capitalistes et sera très préjudiciable à notre crédit ; car il ne faut pas oublier que la critique exagérée de cet honorable monsieur a été imprimée dans les deux langues et distribuée à profusion dans le seul but d'entrainer l'électorat dans une voie fausse, sans se préoccuper des conséquences que de tels écrits peuvent avoir au dehors de la province.