L'OPINION DE M. DESJARDINS SUR LES MANDATS NON PAYÉES
‘ Je crois devoir, dit-il, attirer l'attention de la Chambre sur un point assez important. Nous voyons par les comptes Publics que le 30 juin 1888, il y avait en caisse une balance de $1,728,850.07. Mais j'ai constaté avec surprise qu’à la même date, il y avait des mandats non payés au montant de $460,518.82. On avouera que c’est assez extraordinaire. J'ai fait un relevé des mandats impayés à la fin de plusieurs années financières, et il n’y a aucune proportion entre la somme de ces mandats le 30 juin 1887 et 88 et le 80 juin des années précédentes.”
Puis il donne un relevé des mandats impayés à la fin de chaque année depuis 1879 jusqu’à 1888.
“ On voit, ajoute-t-il, que les mandats impayés, qui n'avaient pas, de 1879 à 1886, dépassé la somme de #93,050.64, s’élevaient, le 30 juin 1887, à 8240,753.27, et le 30 juin 1898 à #460,518,82. La balance en caisse le 30
juin 1888 était bien réduite par ces mandats non payés.”
Je me suis demandé en lisant ces lignes si l'honorable député était bien sérieux en faisant ainsi ressortir le montant des mandats non payés le 30 juin des années 1887 et 1888. Je ne vois pas du tout le parti qu’il peut tirer de cet argument.
Membre de cette chambre depuis plusieurs années, passé au rang de financiér de l'opposition, il aurait dû s'expliquer aisément les causes qui ont, pendant ces deux années, porté les mandats à un chiffre plus élevéque les autres années. Avec un peu de réflexion, il se serait rendu compte d’un fait qui pourtant saute aux yeux de tous ceux qui sont familiers avec les affaires commerciales, et surtout de ceux qui sont au fait du rouage du
département du Trésor.
La raison du montant exceptionnel des mandats non payés au 30 juin
1887 et 1888 est facile à expliquer. En 1887, la prorogation des chambres n'ayant eu lieu que le 18 mai, ce n’est qu’à cette date que le bill des sub-
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