‹ La situation financière de la province de Québec en 1889 [microforme]Chapitre 12 sur 29 · AYÉS · texte numérisé non relu

AYÉS

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sides a été sanctionné, et ce n’est qu’alors que nous avons pu disposer des crédits votés pour cet exercice qui expirait le 30 juin 1887. Par conséquent, pour faire entrer dans les comptes publics avant le 80 juin 1887 tous les paiements qui appartenaient à l’année en question, il a fallu, dans le court intervalle du 18 mai au 30 juin, pour effectuer tous les paiements qui étaient du ressort de cet exercice, émettre des mandats qui naturellement n'étaient pas encore payés le 80 juin.

Il en a été de même pour 1888. Nous étions encore en session le 12 juillet, et les crédits supplémentaires n'étaient pas encore sructionnés le 30 juin. C'est la seule fois, je crois, depuis la Confedération, qu'une session ait commencé vers la fin d'un exercice et se soit terminée au commencement de l’année fiscale suivante. Il a donc fallu tenir les livres ouverts afin de faire l'entrée de tous les paiements qui appartenaient à cet exercice. Voilà toute l’explication du profond mystère qui excite si fort les soupçons de mon honorable ami.

Rien de plus simple : pour parler le langage des affaires, le département du Tresor a émis un plus fort montant de mandats en 1887 et 1888 parceque la sanction du bill des subsides l’a retardé Les paiements faits au moyen de ces mandats sont inscrits dans les comptes publics de l’année à laquelle ils appartenaient, mais les chèques émis sur ces mandats n'étant pas encore revenus à la date du 30 juin, il est resté à cette date un plus fort montant de mandats non payés. Ce n’est pas plus mystérieux que cela. C’est la même opération que celle du marchand qui, à la date de son inventaire, tire sur son banquier pour faire des paiements à ses fournisseurs. Ces paiements sont entrés dans ses livres conme faits, mais les chèques qu'il a tirés n'étant pas revenus, 1l se trouve que Ia balance à son crédit à la banque représente un plus fort montant qu'il n'aurait si ses chèques eussent été payés. Mais dans son inventaire il à soin d'en déduire le montant de celui de ses fonds en banque. D'un côté il a payé ses créanciers d’un montant égal aux chèques qu’il à tirés ; de l’autre, ilen tient compte lorsqu'il établit sa balance en banque. L'opération est la mème pour un gouvernement. Tant que ses chèques n’ont pas été payés, l'argent en banque représente un plus fort montant, il est vrai, mais où est le mal si vous tenez compte des chèques émis, pourvu que vous l’ajoutiez au passif dans l’état de l'actif et du passif ?

Trop de précipitation nuit parfois. Ni l'honorable député n'avait pas préparé sa prétendue réponse à mon exposé trop à l'avance, il aurait pu prendre connaissance des faits et n'aurait pas donné dans cette erreur. Il

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