RARES. LATE
hui, l'administration actuelle a tout changé ; on ‘est maintenant en faveur d’une politique qu’elle appelle progressive, mais qui est en réalité extravagante et inopportune, vu les moyens à sa disposition et contradictoire avec celle que l’on prônait en 1895, mais les députés ministériels votent tout sans rien dire ils n’ont pas l’air de se douter qu'ils se contredisent du jour au lendemain.
On ne saurait croire sans en être témoins, combien ces honorables messieurs se modifient et présentent des états d'âme différent, suivant qu'ils passent d’un rôle à l’autre. Nous ne nous en plaindrions pas tant le spectacle de ces métamorphoses est piquant, mais dans ce moment l'intérêt majeur nous force de protester contre une politique qui entraîne la province dans une voie périlleuse.
Pour capter le vote des électeurs en 1891 et 1892, 1ls s’erigageaient d’administrer les affaires avec éconoraie, promettaient de diminuer les dépenses et de n’avoir plus recours à de nouveaux emprunts ; en 1896 ils sont maintenant en faveur d’une politique extravagante nullement en rapport avec la situation financière.
En 1892 il s'agissait de tuer le gouvernement Mercier, en 1896,
on veut à tout prix se maintenir au pouvoir :: on n’hésite pas pour atteindre ce but de s'engager dans une politique ruineuse afin d’obtenir les influences nécessaires pour cette fin.
En resumé, je croïs avoir établi d'une manière incontestable qu’en premier lisu, le gouvernement, dans le but de conserver un pouvoir acquis dans les conditions que l’on connaît, mais qu’il n’est pus nécessaire de qualifier dans le moment, a trompé la Chambre et le pays sur la vraie situation financière du 17 Déc. 1891 ; que pour ‘arriver à ces fins, il s’est servi d'états erronés sur la nature et l’étendue des obligations du régime Mercier, que sa tactique, depuis qu’il est au pouvoir, comme je l’ai prouvé au cours de mes remarques, a été de discréditer par un système de dénigrement savamment agencé et par de fallacieuses représentations les opérations financières de ses adversaires et cela dans le but unique de détruire le caractère politique d’une administration dout il avait illégalement usurpé le pouvoir.
Ce gouvernement mérite donc la plus sévère censure pour n’a« voir pas hésité, pour des fins d'intérêt personnel, d’affecter sérieuse: ment le crédit de la Province, en présentant à la Chambre et au pays des états grossièrement exagérés sur lu nature et l’étendue des obligations découlant de la politique de leurs prédécesseurs, d’avoir déloyalement mis tout en œuvre pour ruiner le caractère public de ses adversaires sur une politique qu’il avait lui-même appuyé pour la majeure partie par son vote, mais qu’il n’a pas eu la franchise d’admettre une fois au pouvoir.
es DS =—
En second lieu, j'ai auesi démontré clairement, par des chiffres authentiques, que le gouvernement n’a pas accompli la mission qui lui avait été confiée, car, comme je l’ai prouvé avec des états dont les données sont officielles, il n’a rempli aucun des engagements qu'il avait solennellement pris devant les électeurs et au moyen desquels il avait réussi à capter leur confiance. Ainsi au lieu de mériter l’approbation de la Chambre sur son administration financière qui a été une des plus ineptes que nous ayons eues et qui est entachée de la plus grande incurie possible, il doit au contraire être condamné pour ne pas avoir adhéré À son programme, qui était celui, d’équilibrer le budget, de diminuer les dépenses et lu dette, de faire cesser les déficits, de ne plus avoir recours à de nouveaux emprunts, de ne plus s'engager dans de nouvelles obligations sans être en état de les solder avec le produit de ses revenus.
Or, il a donc failli à sa mission en suivant une politique tout opposée à celle par laquelle il se trouvait lié, car il a augmenté les dépenses, grevé sérieusement la dette, a eu recours à de nouveaux emprnnts, imposé des taxes onéreuses et vexatoires sous le prétexte qu’elles étaient nécessaires pour réparer les prétendues extravagances du régime Mercier,tandis qu’elles n’ont servi qu’à couvrir en partie leurs propres extravagances, a fait perdre à la Province des centaines de mille piastres paï ses malheureux emprunts. ;
En dernier lieu, il mérite la plus sévère réprobation, pour avoir pendant cette session, inauguré une politique qui est en contradiction avec ses prétendues promesses d'économie et de retranchements, politique, qui va nous entraîner dans une ère de déficits et de dépenses et qui aura pour conséquence inévitable de grever sérieusement le budjet, de rendre nécessaire l'imposition de taxes onéreuses et de forcer la Province d’avoir recours à un nouvel emprunt Ge plusieurs millions pour solder les obligations découlant de cette politique.
Enfin? j'accuse le gouvernement de n'avoir fait qne du charlatanisme depuis qu’il a la direction des affaires, car son unique pensée n’a été que de dénigrer ses adversaires et de faire valoir chez lui des mérites que les faits ne justifient pas.
En effet, depuis qu'il est au pouvoir, ce gouvernement nous donne le triste exemple d’être suivant ses besoins pessimiste, équilibriste, optimiste ou opportuniste.
Tel est le bilan caractéristique de ce gouvernement qui a la prétentiort d'avoir tout régénéré par la sagesse et la prudence de sa politique. Mais malheureusement pour lui, ses œuvres sont là pour nous indiquer combien sont peu fondées ses pompeuses déclarations qu'il étale avec tant de complaisance aux yeux de la Chambre et du pays, et combien peut-il mérité les louanges qu'il se fait décerner avec tant d'éclat par une presse intéressée.