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La situation provinciale [microforme]

Je vous remercie, M. le président. des paroles bienveillantes qué vous venez de m'adresser ; je vous remercie aussi, messieurs de l'accueil sympathique que vous venez de me faire, Je n’ai pas l’honneur de vous connaître tous personnellement, mais je vous connais de réputation. Tout ré cemment, j'ai eu le plaisir de rencontrer un certain nombre des membres de votre association, dans une lutte électorale non loin de votre ville. Je me suis dit alors ne parti qui a une telle vitalité n’est pas

estiné à périr.

La politique nous donne le spectacle de véritables combats d’armées à armées; dans ces dernières, il y a les forces de réserve et les forces actives, mais il y a aussi les gardes d'honneur. Pour moi,-votre association, les associations conservatrices âans la province de Québec, sont les gardes d'honneur destinées à être des auxiliaires puissants pour les chefs du parti.

La politique ayant ce caractère, il faut

furbir ses armes, se procurer les munitions

nécessaires, afin de rencontrer ses adversaires, Nous sommes heureux dans les luttes que nous avons à faire, car ce sont nos adversaires qui nous fournissent les armes les plus puissantes contre eux.

Un jour, un grand général anglais disait

à ses troupes, avant de livrer bataille:

- ‘Aujourd’hui, l’Angleterre s'attend à ce

que chaque homme fasse son devoir.” Eh

bien ! messieurs, dans toute la province de

Québec, non seulement les conservateurs,

mais tous les honnêtes eus s’attendent à les chefs du parti,

mais Li 8 soldats, | mire de

En tout temps, on se doit à sa patrie.

mais c’est surtout dans des circonstances graves, comme celles dans lesquelles n nous trouvons aujourd’hui, que nous d vons nous occuper des affaires publiques remplir à l’égard de notre pays les devoir de bons citoyens. te

La confédération est en existence depui vingt-deux ans, mais jamais cet édifice, élevé par les mains: d'hommes éclairés et.

patriotes, n’a été plus en danger, n’a été plus miné qu’il ne Fest depuis bientôt trois. années. Les gouvernements peuvent, de. bonne foi, se tromper sur des questions.

d'administration, sur des questions de dé tail, mais quand, au lieu d’être les gardiens. de la loi et de la constitution, de la justice et de la moralité publique, de l’honneur du crédit national, ils violent la constitu.

tion, se moquent de la justice, foulent aux pieds l'honneur et le crédit du pays, ilest, temps de sonner l'alarme et de s'écrier.

art les anciens Romains : Caveantconsules.

Je viens, messieurs, vous parler de la situation politique de la province de Qué bec. Je n’entends pas discuter au long la:

question financière ; je n’entends pas non plus entrer dans tous les détails adminis-.

tratiis ; je tiens surtout à faire ressorti l'absence complète de pres dans la manière d’administrer les affaires publi.

ques du gouvernement Mercier, = Il y a trois ans à peine existait un Fi vernement dont le chef était l’honorable M. Ross. Ce gouvernement avait conduit.

les affaires de la province de Québec prudence, avec sagesse, sans ostenta mais en bon père de famille. Il avait diminuer les dépenses ordinaires de#1 année ; ilav bré le

é x et l'harr différentes classés de notre vait qu’un défaut,au dire de certaines

ionnête. Ce défaut, messieurs, n’en est s un, vous l’avouerez; c'est plutôi un mpliment à lui faire.

Four le renverser, il a fallu avoir recours Au fraude, au mensonge, à ia calomnie, à outes les manœuvres que repoussent nneur et la justice. Pour ceux quifl’ont combattu, la fin puationle les moyens, et ont continué depuis à se servir de byens analogues pour se soutenir au voir. Mais aujourd’hui, le gouverneent Ross, ses membres et ses amis sont blement Pragés, et vengés par M. Mer or et ses parvisans.

… La vrochure de 1886 publiée avec le prosmme de M. Mercier, cette brochure mporte aujourd'hui l'accusation la plus rmidable qu’on puisse formuler contre cune administration. Rien, absolument rien de ce qu'il a critiqué chez ies conserteurs n’a été fait par lui. Lisez, qui que us soyez, conservateurs ou libéraux, les jiges de cette brochure , et dites-moi en quelle matière M. Mercier a su tenir les promesses ou réaliser les espérances qu’il vait données à l'électorat, à la veille des eéctions générales. Emprunts, dépenses ubliques, indemnité des membres, nom- Le des ministres, traitement des minisres, octrais de la colonisation, subsides x chemins de fer, contribution des mucipalités pour l’entretien des aliénés et e foule d’autres sujets sur lesquels l’opjosition, conduite par M. Mercier, n’a cossé <e lancer ses invectives contre le gouvernement Ross, tuus ses items, tous ses su- . jets, comportent une condamnation et une condamnation complète du premier miuis- > et de son parti.

ue de contradictions, messieurs ! Ce sebien trop long de vous entretenir sur Je crois que déjà vous êtes au Î L'honorable M.

aillon, dans son discours prononcé à Sherbrooke l’automne dernier, nous a donné un tableau complet de toutes ces contradictions et aussi de toutes les turpitudes, en matière de détails administratifs, commises par nos gouvernants.

J'affirme ici que de tout cet échafaudags, de tout cet édifice élevé par M. Mercier pour arriver au pouvoir, il ne reste pas aujourd'hui pierre sur pierre.

. J'ai dit il y a un instant qu'il avait publié son programme en 1886 ; il est bon auourd'hui de considérer ce programme et

examiner les promesses qu'il a faites aux é’ecteurs de la province. Je l'ai lu, l'en trouve dix. Je vais vous les énumérer ; nous verrons s’il a tenu aucun de ses

tements. Il a juré, à la face du pays "avoir l'appui des électeurs, qu’il réat ses promesses. Les a-t-il réalisées ?

verrons dans un instant.

e nopulation ; rsonnss, c'est d’avoir été peut-être trop

os uae occuper. Il ne prét | dra pas assuré tite loi.

l'autonomie provinciale, contre toutes les

Maintien énergique du principe de tentatives directes et indirectes,

‘2, Décentralisation à tous les degrés et extension des pouvoirs municipaux.

‘3. Maintien de toutes les garanties religieuses et autres sur lesquelles est fondé uotre système actuel d'enseignement public. Direction pratique de l'éducation dans la voie des études agricoles, techniques et professionnelles.

‘4, Respect et protection à tous les droits des minorités...

‘5, Adoption immédiate de moyens énergiques et pratiques pour améliorer la situation financière de la province et empêcher la taxe directe.

‘6. Economie des deniers publics et suppression des dépenses d'immigration et d'administration, qui ne sont pas strictement indispensables au service public, pouraugmenter d’autant les octrois de colonisation ; réforme du système de comptabilité ministérielle qui a donné lieu à tant d'abus,

‘7, Amendements des lois et règlements concernant les terres de la Couronne dans un sens favorable aux colons, à la protection de nos forêts et à leur explaitation intelligente par des commerçants de bonne foi, +

‘*8. Réforme électorale dans le sens le plus large, de manière à rendre le scrutin accessible à toutes les classes de la société, et notamment aux instituteurs, aux fils de cultivateurs. et d'ouvriers. aux commis et étudiants, etc., etc.

‘9, Réforme des lois concernant les maftres et serviteurs, et meilleure réglementation du travail des femmes et des enfants.

‘10. Réforme judiciaire de facon à rendre les vrocès moins longs et moins coû teux.”

Voilà, messieurs, les dix: engagements pris par M. Mercier, et pour preuve de tels engagements, je cite ses propres paroles :

‘Voilà, messieurs, disait-il, le program:

me que l’on croit devoir soumettre à votre patriotique considération ; ce programme peut, du moins on l’espère, servir de base à l’union tant désirée et devenue si nécessaire dans les circonstances,

‘“ Je n’ai pas besoin, disait-il de plus, d'ajouter que je m'engage à l’exécuter fidèlement et loyalement, si les électeurs de la province l’approuvent.”

C’est bien là, Messieurs, un engagement formu] de la part de M. Mercier, Nous allons voir comment il a réalisé les espérances qu'il donnait au peuple de la province,

Quant aux items trois, quatre, neuf et dix de ce programme, je cherche en vain dans les actes officiels, je cherché en vain la preuve que M. Mercier ait fait quelque chose pour remplir ses engagements. Je n’y vois rien, et par conséquent, je n'ai en ment q

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à cles am doux, dope ct huit, j'en parlerai

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