h' Ave Maria du 1er avril 1899, p
pâle, exténuée, mais souriante, instruisant et moralisant de quatre-vingt-dix à cent élèves turbulents! Les mois et les années se succèdent, et la petite religieuse est toujours là. Puis, pendant les deux mois de vacances, elle ne se repose pas : elle confectionne des ornements d'autel ou exécute d'autres travaux de ce genre. La mort seule, souvent prématurée, lui procure un véritable congé. Et les religieuses hospitalières des États- Unis ne sont pas moins sublimes que les sœurs de charité des autres pays. Enfin les vierges qui se consacrent exclusivement à la prière et à la mortification, sont peut-être plus parfaitement admirables aux États- Unis qu'ailleurs, à cause du contraste que leur douce vie contemplative offre avec tant d'existences enfiévrées qui les entourent.
Quant aux simples fidèles, beaucoup parmi eux mènent une vie exemplaire, pratiquent toutes les vertus chrétiennes, conservent une foi vive au sein de l'incrédulité et du matérialisme, une grande pureté de mœurs au milieu de la corruption générale. Ordinairement peu fortunés, ils ont, cependant, érigé de magnifiques temples, des monastères, des couvents, des hospices ; et après avoir payé l'impôt inique pour le soutien des écoles sans Dieu, ils entretiennent, en grand nombre, leurs propres écoles. Leur mérite est d'autant plus grand que les sollicitations au mal sont plus nombreuses et plus puissantes. Mais ce qui les soutient dans cette lutte contre le démon, le monde et la chair, ce sont les moyens communs aux catholiques de tous pays : la prière, la mortification des sens, l'aumône, la fréquentation des sacrements, l'assistance au saint Sacrifice de la Messe, les instructions, les
LES BEAUTÉS DE L'ÉGLISE AUX ÉTATS-UNIS
retraites, les bonnes lectures, les diverses dévotions que l'Église a établies. Voilà les moyens de sanctification, en Amérique, comme en Europe. Les institutions politiques, la démocratie, l'américanisme, n'y sont pour rien.