Cf. L'article du Catholic World de mars 1876, déjà cité
2. History of the Catholic Church in t/ie United S/ales, par Shea.
En 1854, on vit surgir de nouveau le parti des nativistes, connus alors sous le nom de Know-nothings ; nom qui leur fut donné, je crois, parce qu'à tous ceux qui les interrogeaient sur leur organisation, ils répondaient invariablement : / know nothing — je ne sais rien. Ils avaient le même programme politique, ostensiblement dirigé contre l'élément étranger, en réalité, contre les seuls catholiques. Ils adoptèrent les mêmes procédés avec les mêmes résultats. Une campagne infâme contre la religion catholique, menée par la presse et les prédicants des sectes, aboutit, en avril 1854, à une attaque contre le couvent de la Merci, de Providence (Rhode-Island). Le 7 et le 8 août, il y eut des émeutes sanglantes à Saint-Louis (Missouri). Dix personnes furent tuées dans les rues et beaucoup d'autres blessées. Un grand nombre de maisons de catholiques furent pillées et démolies. En septembre de la même année, attaque contre une église catholique de Newark (New-Jersey) ; un catholique y fut tué. Le même mois, émeutes à la Nouvelle-Orléans. En octobre, un Jésuite, le Père Bapst, fut horriblement maltraité à Ellesworth (Maine), et laissé pour mort dans la rue.
Malgré ces atrocités, le Native American Party eut beaucoup d'influence. Il triompha aux élections du Massachussetts, et réunit cent vingt-deux mille voix dans l'Etat de New-York. Le gouverneur Know-nothing du Massachussetts, Gardiner, licencia sept compagnies de milice composées surtout d'Irlandais catholiques, et l'assemblée vota une loi ordonnant l'inspection des couvents, loi qu'on appliqua à un couvent de Roxbury avec une brutalité incroyable.
LES PERSÉCUTIONS VIOLENTES
L'année suivante, le 6 et le 7 août 1855, les rues de Louisville (Kentucky) furent inondées du sang des citoyens d'origine étrangère. Des hommes et des femmes furent massacrés, des maisons pillées et incendiées, et cinq personnes au moins périrent dans les flammes (1).
Les auteurs catholiques croient généralement qu'une nouvelle explosion de haine anticatholique se serait déclarée dix ans plus tard, en 186 i, si la guerre civile n'était \enue absorber l'attention de tout le monde.
Depuis cette époque, il n'y a pas eu de scènes terribles comme celles qui se sont produites en 1834, en 18 ii et en 1854. Mais l'organisation de Y American Protective Association, l'odieux A. P. A., en ces derniers temps, a fait naître de sérieuses craintes. Cette société secrète avait un programme analogue à celui des Know-nothings : ostraciser les catholiques. Ses moyens d'action étaient les mêmes : calomnier l'Eglise. Il y a eu des cas nombreux de mesquines persécutions dans la vie sociale, mais je ne crois pas que le sang ait été versé.
Récemment, des tentatives d'incendier des institutions catholiques de la Nouvelle-Orléans ont été attribuées, par des journaux catholiques, à l'A. P. A. (2). Mais on doit dire que les actes de violence contre les catholiques des Etats-Unis sont devenus rares en ces derniers temps.
Toutefois, il faut remarquer que les catholiques de la République américaine, même ceux qui vantent sans