‹ La situation religieuse aux États-Unis; illusions et réalitéChapitre 21 sur 101 · Cf. Catholic Columbian, de Columbus, Ohio, 15 avril · texte numérisé non relu

Cf. Catholic Columbian, de Columbus, Ohio, 15 avril

cesse leur pays, sont loin d'être rassurés pour l'avenir. Ils savent que le feu du fanatisme couve toujours sous la cendre et que le moindre incident peut le faire éclater plus violent que jamais.

Au chapitre IX du deuxième volume du compterendu du congrès catholique de Chicago, que j'ai cité plusieurs fois, ouvrage qui porte Vimprimatur de Mgr Feehan, archevêque de Chicago, je lis, à la page 183 :

« D'après les apparences actuelles, beaucoup de personnes prévoyantes redoutent un renouvellement d'exploits sauvages inspirés par le fanatisme anticatholique et anti-américain (1), qui ont si souvent maculé et défiguré les pages de notre courte histoire, autrement sans tache. Mais si tel est le cas, si nous, catholiques, sommes destinés à être de nouveau en butte aux injures de la canaille, aux calomnies des mercenaires et à la violence de la foule armée, plus tôt nous nous y préparerons, mieux ce sera. Si les scènes qui ont imprimé une tache indélébile aux villes de Boston, de Philadelphie, d'Ellesworth et de Louisville, doivent se renouveler, grâce à la demi-douzaine (2) de sociétés secrètes liées par

1. Certains catholiques des États-Unis essaient de se persuader que l'esprit de persécution n'est pas un esprit américain. Ils y voient l'œuvre des orangistes canadiens. Je veux bien croire que les orangistes canadiens donnent volontiers un coup de main aux fanatiques de l'autre côté de la frontière ; mais le gros de l'armée anti-catholique, que nos coreligionnaires redoutent toujours, est bien un produit du sol même des États- Unis, un fruit amer de cette institution si répandue en Amérique : l'école sans Dieu.

2. C'est plutôt par douzaines et par douzaines qu'on les compte.

LES PERSÉCUTIONS VIOLENTES

serment, dont les signes cabalistiques encombrent les colonnes de tant de nos journaux, nous devons être préparés à faire face au danger avec fermeté et calme. »

Cet aveu, échappé à des catholiques américains, dans un moment où ils se livraient à la réjouissance et à l'optimisme, est fort significatif et prouve bien que, même ceux qui parlent le plus haut du bonheur dont jouit l'Église aux États-Unis, entendent toujours les sourds grondements du volcan sous leurs pieds.

Un écrivain du Calholic World, M. Lucien Johnston, s'exprimait comme suit dans la livraison de septembre 1894 :

« Nous avons accepté le siècle avec toutes ses merveilleuses découvertes, nous sympathisons avec ses plus hautes aspirations, et nous ne lui refusons pas les louanges qui lui sont dues. Mais avant que nous puissions mettre de côté toute appréhension, le siècle doit prendre d'abord une attitude moins hostile. Personne ne peut nier qu'au moins en Amérique, nous n'ayons de sérieuses causes de craindre, car sous le calme de notre vie politique, nous savons que des éléments brûlants se meuvent et se rencontrent et n'attendent qu'une occasion pour se lancer au dehors avec une fureur épouvantable (1). »

La revue qui parle ainsi, ne l'oublions pas, est la publication catholique la plus optimiste qu'il y ait aux États-Unis, la plus foncièrement admiratrice des idées modernes du dix-neuvième siècle et de l'idée dite

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