‹ La situation religieuse aux États-Unis; illusions et réalitéChapitre 37 sur 101 · L'ESPRIT DU SIÈCLE · texte numérisé non relu

L'ESPRIT DU SIÈCLE

onsieur Brunetière donne clairement à enten-

1VJ. dre, en citant M. de Tocqueville, qu'aux États- Unis l'esprit du siècle est devenu favorable à l'Église. On peut même dire, sans exagération, qu'il l'affirme en termes précis.

Comment l'esprit du siècle, l'esprit de ce monde pour lequel le Christ n'a pas prié (1), peut-il jamais devenir favorable à l'Église, qui est le prolongement du Christ à travers les âges ? Il ne le peut pas. Le monde haïra toujours l'Église. Dans cette haine constante dont le monde poursuit l'Église, se trouve une des preuves de la divinité de celle-ci, et l'un de ses traits de ressemblance avec son Fondateur ; c'est une de ses prérogatives. Nulle autre institution n'a été et ne sera haïe comme l'Église Fa toujours été et le sera toujours, parce que nulle autre ne représente sur la terre la pensée divine comme l'Église la représente. La société domestique et la société civile, institutions voulues et établies par Dieu, sont haïes aussi, parce qu'elles ont une origine divine. Mais la famille et la société civile sont faites uniquement pour le temps, la première pour propager la race humaine, la seconde pour rendre la vie matérielle possible sur la terre. En

Page 1