Catholic World, mai 1870, p
Pour bien dire, on ne fait que toléreriez catholiques aux États-Unis. On ne les considère pas comme des concitoyens ayant des droits égaux aux droits du reste de la population. Et on ne les tolère qu'à la condition qu'ils se tiennent bien cois et ne cherchent pas à s'affirmer.
« Même en ce pays, dit encore le Catholic World, les protestants tolèrent avec répugnance la présence de l'Église, et le libéral Dr Bellows, un protestant parmi les protestants, avertit les catholiques de ne pas se risquer à agir comme s'ils étaient sur un pied
d'égalité avec les protestants La discussion qui a
lieu actuellement au sujet de la question des écoles, montre que les protestants sont loin de s'imaginer que les catholiques possèdent des droits égaux aux leurs ou que les pouvoirs publics doivent respecter la conscience catholique. L'opinion publique nous proscrit, et aucun catholique, connu pour être fidèle à sa foi, ne saurait être choisi pour représenter, à n'importe quelle assemblée législative, un collège électoral protestant (1). »
Ce qui était vrai il y a bientôt trente ans, l'est encore aujourd'hui. Le seul changement qui se soit opéré, c'est que les sectes maçonniques remplacent rapidement les sectes protestantes. Cette modification n'est pas faite pour améliorer la situation.
La libre-pensée américaine qui se substitue au protestantisme est, comme la libre-pensée dans le monde
1. Catholic World, avril 1870, p. 7. — Quel constraste avec la tolérance pratiquée dans la catholique province de Québec, où l'on voit souvent des catholiques et des Français élire un Anglais protestant pour les représenter, soit au Parlement fédéral, soit à la législature provinciale !
l'esprit du siècle.
entier, positivement hostile à la religion. Elle ne se contente pas de ne pas croire elle-même, elle voudrait détruire la foi chez les autres. Un écrivain américain, M. A. -F. Marshall, disait déjà en 1882 :
« Nous avons le droit d'affirmer que l'attitude de la société est une attitude opposée à la religion, une attitude hostile aux doctrines et aux sentiments de l'exquise philosophie catholique (1). »
Et un peu plus loin, le même auteur disait :
« A vrai dire, les conditions de la vie américaine et la tournure de l'esprit américain sont telles, que la libre-pensée prend inévitablement la forme du blasphème grossier, de l'intolérance étroite : elle se fait L'illusion de croire que Dieu et la chrétienté périront si l'on peut découvrir une erreur dans la Bible. »
Puis l'auteur démontre que la libre-pensée américaine est agressive, veut détruire toute croyance dans les Saintes Écritures et combattre l'Église, qu'elle sait être plus forte que la Bible, en la représentant comme hostile aux institutions politiques des États-Unis, et en s'emparant de l'enseignement.
L'hostilité de l'esprit public contre toute idée religieuse se manifeste dans les classes les plus élevées de la société.
En 1885, M. Shea disait :
« Les collèges établis dans ces derniers temps, les publications scientifiques, même les ouvrages publiés à Washington par le gouvernement central, propagent dos théories et des arguments directement opposés aux vérités fondamentales de la religion chrétienne... Et l'opinion publique est devenue tellement indifférente