Catholic World, juillet 1876, p
« I. — Dans un délai de deux ans après la promulgation des décrets du concile, une école catholique devra être instituée et maintenue à perpétuité dans chaque paroisse qui n'est pas déjà pourvue d'une telle école, à moins que l'évêque, à cause de certaines difficultés particulières, ne juge à propos d'accorder une prorogation du délai.
» IL — Le prêtre qui, par une négligence grave, n'aura pas institué une école catholique dans le délai accordé, ou qui ne l'aura pas maintenue, ou qui, après des avertissements réitérés, l'aura négligée, aura mérité de perdre sa cure.
» III. — La mission ou la paroisse qui aura négligé d'aider au desservant ou au curé à instituer ou à maintenir une école paroissiale, de telle sorte que, par suite de cette négligence, l'école ne puisse pas être instituée ou maintenue, devra être réprimandée par l'évêque qui devra, par les moyens les plus propres et les plus efficaces, l'engager à fournir l'aide nécessaire.
» IV. — Tous les parents catholiques sont obligés d'envoyer leurs enfants à l'école paroissiale, à moins qu'ils ne pourvoient suffisamment à leur éducation chrétienne, soit à la maison, soit dans d'autres écoles catholiques, ou à moins que, avec les sauvegardes voulues, ils n'aient obtenu de leur évêque la permission d'envoyer leurs enfants aux écoles publiques. »
A la suite de la promulgation de ce décret, les catholiques semblèrent comprendre assez généralement la nécessité de fonder des écoles catholiques paroissiales où leurs enfants puiseraient une solide
LA QUESTION SCOLAIRE
formation religieuse, en même temps que les connaissances profanes nécessaires. Et bien qu'il y ait eu des tardigrades, parmi le clergé et parmi les fidèles, on peut dire que l'œuvre des écoles paroissiales entra dès lors dans une ère de prospérité.
Incontestablement, ce sont les catholiques allemands qui ont donné l'exemple en cette matière aux catholiques de langue anglaise. Devant le congrès catholique de Chicago, le Dr Auguste Kaiser, de Détroit, a pu, sans être contredit, faire la déclaration suivante :
« Les catholiques allemands ont indubitablement acquis leur plus grand mérite par leur zèle pour les écoles paroissiales qu'ils ont érigées partout où c'était possible, au prix des plus grands efforts. Partout où la Croix a été plantée au milieu des immigrants allemands, une école a été établie à côté de l'église. Que dis-je ! l'école existait souvent avant l'église. Les catholiques allemands connaissent bien ce principe : « Celui quipossède la jeunesse est maître de l'avenir. » Ils étaient convaincus que l'école paroissiale est le seul remède efficace contre les pertes terribles que l'Église a subies en ce pays. L'air de cette république est tellement saturé de liberté et d'indépendance, que la jeune génération n'est que trop portée à étendre cette liberté et cette indépendance à la foi et à la morale (1). Ici toutes les écoles du dimanche sont impuissantes. Seule, l'école qui est fondée sur les principes reli-
1. Cette déclaration, faite en plein congrès catholiqne, est une nouvelle preuve que le genre de liberté qui existe aux États- Unis, liberté non pas chrétienne, mais maçonnique, liberté, non du bien, niais du mal, n'est pas favorable au développement de la religion, quoi qu'en disent les américanisants.
Situation relig. aux États-Unis. 12
gieux, où tous les sujets d'instruction sont imprégnés de religion, peut protéger le tendre germe de la foi contre le froid et le vent de Terreur, afin qu'il devienne fort et puisse résister aux tempêtes de la vie et former un arbre vigoureux. Les catholiques allemands ont donné l'exemple par l'érection d'écoles paroissiales, et par leur grand succès sur ce terrain ; ils ont engagé nos coreligionnaires des autres nationalités à marcher sur leurs traces. Toutes les églises chrétiennes de ce pays devront imiter notre exemple, si elles ne veulent pas que le christianisme soit remplacé par l'incrédulité (1). »
Il n'est que juste de dire que les Canadiens-Français établis aux États-Unis, ont montré, eux aussi, beaucoup de zèle pour la cause des écoles paroissiales. Les prêtres canadiens-français, à quelques rares exceptions près, partout où ils peuvent grouper leurs nationaux et établir une paroisse, ont grand soin de mettre une école catholique et française à côté de l'église ; car ils savent que c'est le seul moyen de conserver la foi de la jeune génération. Dans cette œuvre de conservation religieuse et nationale, les fidèles canadiensfrançais secondent généreusement les efforts de leurs prêtres.
La nécessité de l'école paroissiale est maintenant si bien comprise par la masse des catholiques, qu'un journal disait dernièrement que « sans les écoles paroissiales, les catholiques des États-Unis ne seraient pas aujourd'hui plus de cinq millions (2). » Et nous