‹ La situation religieuse aux États-Unis; illusions et réalitéChapitre 56 sur 101 · On trouvera ce document à l'appendice · texte numérisé non relu

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LA QUESTION SCOLAIRE

La division s'étant mise parmi les catholiques, et même parmi les évêques, le malaise devint intolérable.

Alors le Saint-Père, dans sa sagesse et sa prudence, crut devoir interroger directement et séparément chaque archevêque et évêque des États-Unis, afin de bien connaître le sentiment de l'épiscopat sur cette question brûlante qui bouleversait tous les esprits. Il est certain que la très grande majorité des prélats s'opposa résolument à tout projet de compromis sur le lerrain scolaire.

Le 30 mai 1893, Léon XIII répondit aux évêques, par une lettre adressée au cardinal Gibbons. Cette lettre est probablement la preuve la plus éclatante que Léon XIII ait jamais donnée de son talent incomparable de diplomate, de pacificateur et de conciliateur. Tout en déclarant que les propositions de Mgr Satolli « livrées mal à propos à la publicité » avaient été « formulées par le délégué lui-même», ce qui indiquait clairement que le Pape n'entendait pas en être responsable, Léon XIII s'applique à défendre son représentant contre l'imputation d'avoir voulu déroger en quoi que ce soit aux décrets du concile de Baltimore. Puis il déclare de nouveau que «l'on doit fidèlement observer les décrets que, conformément aux déclarations du Saint-Siège, les conciles de Baltimore ont formulés touchant les écoles paroissiales, ainsi que tout ce qui a été prescrit touchant la même question par les pontifes romains, soit directement, soit par les SS. Congrégations. »

Cette lettre de Léon XIII a heureusement clos le débat. Il n'a plus été sérieusement question de généraliser

le plan de Faribault. Mgr Ireland, il est vrai, a écrit à Y Univers, de Paris, quelques mois après, qu'il « s'occupait d'étendre le système à quelques autres paroisses de son diocèse », mais le mouvement vers cette solution du problème scolaire n'a plus eu le moindre caractère général. Peut-être le désir de recourir à quelque compromis de ce genre existe-t-il encore au fond de certains cœurs, mais, sur ce coin du chamd de bataille, le libéralisme a dû baisser pavillon devant la doctrine catholique intégrale.

Maintenant, que vont faire les catholiques des États- Unis ? Existe-t-il quelque espoir pour eux d'arriver à une transaction acceptable ?

Je ne le crois pas. Ils osent à peine se plaindre de l'injustice à laquelle ils sont soumis. V American Calholic Quarterly Review disait en 1888 :

« Les catholiques, il est vrai, doivent contribuer au soutien des écoles publiques dont ils ne se servent pas, mais ils s'y soumettent comme à une chose inévitable. C'est injuste.... et l'injustice passe presque inaperçue (1). »

Quelques années auparavant, M. J.-G. Shea avait écrit dans la même revue :

« Les esprits de nos concitoyens sont tellement faussés et prévenus sur cette question des écoles, que nous, catholiques, nous préférons souffrir le tort d'être taxés pour des écoles qui sont aussi protestantes qu'une église protestante, et auxquelles nous ne pouvons pas, en conscience, envoyer nos enfants;

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