Epitre aux Galates, III
perpétuer, est un problème politique et social qui ne pourra se résoudre qu'avec le temps. L'Église n'interviendra dans la solution de ce problème qu'autant que son intervention sera nécessaire pour sauvegarder la foi et les mœurs, protéger la liberté et faire respecter les lois de la charité chrétienne.
Malgré la résolution votée au Congres de Baltimore, la vérité que cette résolulion avait méconnue, fut hautement proclamée au cours des délibérations de ce même congrès. Il y fut dit, en toutes lettres, que l'Église d'Amérique n'est pas du tout américaine dans le sens que l'Eglise de France est française ou que l'Église d'Espagne est espagnole. Voici, en effet, les paroles de M. John Gilmary Sliea, chargé de lire un travail sur les Congrès catholiques. Parlant de la nécessité d'une organisation des forces catholiques aux États-Unis, organisation qui manque absolument, mais qu'il serait possible de créer, il s'exprima comme suit :
« Bien que les catholiques appartiennent aux divers » partis politiques, cela ne constitue pas un obstacle aune » action commune. Une plus grande difficulté se trouve » dans la diversité des races : beaucoup de catho- » liques sont allemands, irlandais, canadiens-français, » polonais, portugais, flamands de naissance, et les » descendants de ces immigrants de différentes natio- » nalités restent attachés à la langue et aux idées de » leurs parents ; tandis que d'autres ont été absorbés » par l'élément catholique de langue anglaise qui des- » cend des catholiques anglais établis au Maryland et » ailleurs, à partir de 1634. A part cela, nous avons » acquis, par voie de traité, des catholiques de race
LA QUESTION DES NATIONALITÉS
» française et de race espagnole (i), <]ui parlent encore » le français et l'espagnol et qui restent, en quelque » sorte, isolés. Nous avons aussi nos nègres et nos sau- » vages catholiques. Tandis que les catholiques des » autres pays forment généralement un corps homo- » gène, ayant la même langue, les mêmes coutumes, » les mêmes traditions, nous avons ici aux États-Unis » des catholiques de toutes les races et de toutes les » langues, comme la multitude qui entourait les » Apôtres au jour merveilleux de la Pentecôte. »
M. Shea constate que cette diversité de races et de langues a tenu les catholiques des États-Unis isolés les uns des autres et a empêché une action commune. 11 exprime l'espoir que le miracle de la Pentecôte se renouvellera et que tous n'auront qu'un cœur et qu'un esprit (2).
Le moyen de réaliser ce île union tant désirée, c'est assurément, pour les successeurs des Apôtres, d'imiler l'exemple des Apôtres au jour de la Pentecôte. « Et ils commencèrent à parler diverses langues, selon que le Saint-Esprit leur donnait de les parler, » lisons-nous au chapitre II des Actes. Il faut chercher, non pas à contraindre les catholiques à parler une langue unique, mais à procurer aux fidèles des diverses nationalités des prêtres « capables de soulager leurs nationaux en leur parlant leur propre langue ». Je reviens souvent sur cette phrase apostolique de Léon XIII, car elle indique clairement la seule solution chrétienne de la
1. La Floride, la Louisiane, la Californie, le Texas, le Nouveau-Mexique, avec leurs populations catholiques, ont été ainsi annexés aux États-Unis.