‹ La situation religieuse aux Etats-Unis [microforme]Chapitre 104 sur 132 · Les États-Unis contemporains, tome IE, p · texte numérisé non relu

Les États-Unis contemporains, tome IE, p

prélat, S'il n'y avait pas eu de pertes, compter cinq millions de catholiques, et nous avons moins d'un mil-

lion et un quart; il doit y avoir une déperdition de trois ? millions et trois quarts. Et les personnes ainsi perdues se trouvent dispersées au sein des diverses sectes, en trois fois plus grand nombre que la population catholique de tout le pays.J'estime que dans mon diocèse, il y a moins de 12.000 catholiques, ct que les descendants des catholiques appartenant aux différentes sectes, sont au nombre de 38.000 à 40.000 ».

Qu'on veuille bien le remarquer, il y a 63 ans que Mgr England évaluait les pertes de l'Église des États- Unis à 3.750.000.

Voici ce que Murray nous dit de l’époque qui a suivi ce premier recensement fait par le grand évêque de Charleston :

« Les dernières quarante ou cinquante années ont également connu des pertes. L'immigration catholique arrivait par flots pressés en ce pays, et il était impossible de pourvoir aux besoins de cette nouvelle population. Sans églises, sans prêtres, sans instruction, leurs enfants, en grandissant, se joignirent aux sectes ou tombèrent dans l'indifférence... Les pertesimmenses qu'a subies le catholicisme en Amérique, sont mieux connues de ceux qui ont mieux étudié le sujet. Nous ne pouvons pasles nier... Traduites en chiffres, quelles ont été réellement nos pertes? demandera-t-on. Vu l'élat peu satisfaisant de la statistique en ce pays, il est

impossible de donner une réponse absolument exacte 3 et certaine. Mais, sans crainte de se tromper, on peut Ë dire que, pendant les deux cent cinquante dernières ‘

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LES PERTES DE L'ÉGLISE. 257 la foi est plus considérable que le nombre de ceux qui la professent (4), »

L'archevèque Spalding, cité par Murray, page 583, estimait que pendant l'époque écoulée entre 1780 et 1876, l'Église des États-Unis avait perdu beaucoup plus qu'elle n'avait gagné.

A la page 639, M. Murray reproduit, en note, sans en garantir l'exactilude, un intéressant tableau préparé par M. Ford, directeur de l'/rish World, de New- York, et publié le 25 juillet 1874. « M. Ford, affirme M. Murray, est bien connu pour le soin avec lequel il étudie les questions se rapportant à la statistique. » D'après ce tableau, en 1870, la population des États- Unis, alors de 38.500.000, se composait comme suit : Élément celtique (2), 24.000.000 ; élément irlandais séparément, 14.325.000 ; élément anglo-saxon, 4.522.000 ; autres éléments : Allemands, Hollandais, Seandinaves et No'°s, 9.978.000. « On peut dire sans crainte, ajoute-t-if, que les 24 millions de l'élément celtique sont des descendants, à peu d’exceptions près, d'ancêtres qui étaient catholiques lorsqu'ils sont arrivés en Amérique. »

Ainsi, d'après M. Ford, en 1870, il aurait dû y avoir 24 millions de catholiques aux États-Unis, sur une population de 38.000.000.

Ce chiffre paraîtra peut-être excessif; et, encore une fois, l'historien Murray n'en garantit pas l'exactitude ; mais il doit estimer que les calculs de M. Ford ont une

2. Dans l'élément celtique, M. Ford comprend les Irlandais, les Ecossais, les Français, les Espagnols et les Italiens.

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