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reproduire dans la sixième édition de son livre. Si le tableau avait paru absolument fantaisiste aux dignilaires ecclésiastiques qui ont examiné cette histoire populaire de l'Église, il n'est guère probable que M. Murray l’eût inséré dans une édition soigneusement revue et corrigée de son ouvrage.
Je ferai remarquer qu'outre les 24 millions de race cellique qui, presque tous, descendaient d’ancêtres catholiques, il y a aussi r’élément catholique d'origine allemande, élément très important. Cela ferait plusieurs millions de plus à ajouter aux chiffres de M. Ford.
Je ne prétends pas que les pertes de l'Église des . États-Unis soient réellement aussi énormes que ces chiffres le feraient supnoser. Car d'après ces calculs, les catholiques américains, au lieu de ne forraer qu'une infime minorité — un sur sept, — devraient composer la très grande majorité de la population. Cela peut paraître exorbitant, et je ne veux rien affirmer qui puisse être taxé d'exagération. Mais plus on éludie cette question, plus on la tourne et la retourne, et plus on reste convaincu que jamais peut-être, depuis le commescement du christianisme, l'Église, en temps de paix, n'a perdu autant d'enfants qu'elle en a perdus et qu'elle en perd encore aux États-Unis. On a vu des schismes, des révoltes violentes, lui arracher des millions à la fois. Mais le phénomène qui s’est produit aux États-Unis est unique, je crois, dans l’histoire de la religion chrétienne. Il n'y a pas eu de révolte sérieuse au sein de l'Église de ce pays ; pas de schisme tant soit peu important ; et la liberté religieuse, en théorie du moins, existe complète depuis plus d’un
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Mais quelles sont les causes de ces pertes formidables, puisqu'il n'y a eu ni révolte violente, ni schisme à l'intérieur. ni persécution sanglante et générale à l'extérieur ? Comment tous ces millions sont-ils morts à la vie de la grâce ?
Ils sont morts empoisonnés par l'air vicié qu'on respire aux États-Unis. Voilà la vérité. L'atmnsphère morale de la grande République, l'ambiance », comme on dit, est chargée de miasmes qui affaiblissent et tuent les âmes, comme les germes morbides qui flottent dans l'air de certaines régions, la malaria, les émanations marécageuses, font périr les corps. Voilà la grande cause.
On peut diviser et analyser cette grande cause. On peut même trouver des causes secondaires. Mais,
depuis les commencements de la colonie jusqu'à nos jours, la cause principale de ce dépérissement de la Foi catholique, la cause toujours et partout la même et qui ne fait qu'augmenter de puissance de jour en jour, c'est le poison affreux, la contagion incroyablement maligne qui s'exhale de ces millions d'âmes malades de matérialisme et d'athéisme.
Sans doute, les écoles publiques, que beaucoup d'enfants de parents catholiques ont fréquentées dans le passé et qu'un trop grand nombre fréquentent encore, sont la cause directe de ruines incalculables. Mais cette cause particulière n'est qu'une fraction de la grande cause générale. L'école publique est aélétère parce que l'enfant y respire le même air empesté qui circule partout.
Il y a aussi les sociétés secrètes qui ont fait des ravages terribles parmi les catholiques et qui en feront probablement de plus terribles encore à l'avenir. Un nombre relativement minime de ceux quireconnaissent l'autorité de l'Église fait partie de la franc-maconnerie proprement dite, je veux l'espérer. Mais beaucoup ne se font aucun scrupule d'entrer dans les sociétés secrètes secondaires organisées par la franc-maçonnerie sous prétexte de bienfaisance, de patriotisme, de secours mutuels. Toutes ces sociétés neutres, qui échappent à la direction de l'Égtise, sont plus ou moins soumises à l'influence de la franc-maçonnerie. Ce sont autant de foyers de pestilence, d'irréligion, de matérialisme qui contribuent pour beaucoup à créer la terrible « ambiance » de mort qui est le trait caractéristique des États-Unis.
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l'Église, résulle des mariages mixtes. La malaria morae ayaat affaibli la foi chez un grand nombre, l'union avec un protestant ou un infidèle ne parait pas redoutable à bien des catholiques. Il arrive quelquefois que l'époux catholique convertit l'épouse protestante, ou vice versa. Mais c'est loin d'être la règle générale. Ordinairement, ces mariages produisent la tiédeur, chez le mari ou la femme catholique ; l'apostasie ou l'indifférence complète chez les enfants.
Une autre c'e du dépérissement de la foi aux États-Unis, c'est k manque de prêtres. Il y a, d'après la dernière livraison du Catholic Directory, 11,000 prêtres environ, pour une population catholique de 10 millions. Cela donne, en moyenne, un prêtre par 909 catholiques. Si la population était toute massée dans quelques centres, il y aurait sans doute assez de prêtres pour le nombre des fidèles. Mais il faut considérer étendue du territoire sur lequel ces dix millions de catholiques sont disséminés. La superficie des États-Unis égale presque celle de l'Europe entière : 9,212,270 kilomètres carrés contre 9,600,000. Imaginez 11,000 prètres desservant 10 millions de catholiques groupés (* et là depuis Lisbonne jusqu'aux monts Ourals, puis le cap Nord jusqu'au cap Matapan !
On peut dire, d'une manière générale, que faction de l'Église catholique, aux États-Unis, ne se fait pas sentir en dehors des cités et des villes. Les campagnes sont liltéralement abandonnées aux sectes, aux loges et à l'indifférence. Les catholiques qui s'éloignent des centres tombent dans un véritable dése:t spirituel : ils n'ont ni prères, ni écoles, ni voisins c tholiques, très
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souvent. Les prêtres, quelque zélés qu'ils soient, ne peuvent pas suivre ces brebis qui s'égarent ainsi dans les campagnes et les villages. La où quelques familles sont groupées, pas trop loin d'une ville, un prêtre passe à de rares intervalles. Mais les familles isolées qui s'enfoncent dans les lieux écartés, sont nécessairement et fatalement perdues, au moins à la deuxième génération. Et il y en à un grand nombre, car le mal date de loin. Dès 1877, Mgr Ireland disait : « Il y a des districts entiers où vous découvrez les noms celtiques les plus purs et où, cependant, pas un seul individu ne se proclame catholique (1). »
C'est un grave problème pour l'Église des États- Unis que de trouver un moyen d'atteindre ces nombreuses familles catholiques dispersées dans les campagnes. À la date du 11 mars 1899, le Vew World, feuille catholique de Chicago, disait :
« Pratiquement, l'Église ne fait rien pour ceux qui habitent les campagnes. Çà et là il peut ÿ avoir une petite église où un prêtre surchargé de besogne dit la messe une fois par mois, et c'est tout ce que les gens ont en fait de religion, en attendant le mois suivant. Il en résulte trop souvent que les enfants’ de ceux qui cultivent la terre ne recoivent aucune instruction religieuse.. Ils contractent l'habitude d'aller à l'église voisine qui est une église protestante. Nous n'exagérons rien. Parcourez presque n'importe quelle partie du pays, et vous trouverez des hommes dont les noms seuls indiquent que leurs ancêtres étaient des Irlandais catholiques, et qui sont maintenant des membres