‹ La situation religieuse aux Etats-Unis [microforme]Chapitre 18 sur 132 · PAS STREAM TO TE · texte numérisé non relu

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10 millions, devraient être 26 millions, ou seulement 16 millions, que devient le caractère prodigieux du développement du catholicisme aux États-Unis ?

Dans les dernières pages de son étude, M. Brunetière nous parle des ravages du divorce et du mormonisme aux États-Unis, et il nous déclare, avec le cardinal Gibbons, que la doctrine catholique sur l'indissolubilité du mariage chrétien, est la meilleure sauvegarde de la dignité de la femme. Rien de plus vrai, sans doute, mais aussi rien de plus universellement ronnu. Le cardinal Gibbons, selon notre auteur, aurait exprimé l'idée très orthodoxe. mais peu originale, que si on réussissait à faire comprendre aux femmes américaines l'excellence de l’enseignement de l'Église sur l’état du mariage et les laideurs du divorce, on les « ramènerait en nombre au catholicisme. » C'est indubitable. Mais a-t-on réussi à convaincre les femmes américaines des beautés de la doctrine catholique sur le mariage et des laideurs du divorce? T'hat is the question. Ni le cardinal ni l’académicien n'osent l’affirmer. Celui-ci n’a pas même cru prudent de demander carrément à celui-là si son espoir se réalisait. M. Brunetière s'est contenté de «croire comprendre, » à la lecture d’un livre du cardinal, « qu'il l'avait vu déjà commencer à se réaliser. »

Enfin, M. Brunetière parle du caractère de l'apologétique américaine, « dont il ne faudrait pas d’ailleurs exagérer la nouveauté, » avoue-t-il aussitôt. En effet, cette apologétique, puisée dans Mgr Ireland, Mgr Keane et le Père Hecker, consiste à faire

l'aveu même de M. Brunetière, ne sont que 9 ou

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comprendre que la religion catholique est une religion complète qui répond à tous les besoins légitimes de l’homme, et qui, partant, s’harmonise « avec les exigences et les besoins eux-mêmes du siècle ; » en ce que ces exigences et ces besoins ont de conforme à la loi naturelle, faut-il ajouter.

Ici, non plus, malgré l’assertion de M. Brunetière, qui trouve de l'originalité dans cette « apologétique américaine, » je ne découvre rien qui ne soit vieux comme le christianisme. Notre-Seigneur lui-même a dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et qui êtes chargés, et je vous soulagerai. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur : et vous trouverez le repos de vos âmes. Car mon joug est doux et mon fardeau est léger (1). » Voilà l’apologétique de l'Église depuis le commencermnent. Les quelques apologistes américains qu'admire M. Brunetière n’y ont rien ajouté d'utile. Je ne vois, en fait d'apologétique, qu'une chose nouvelle qu'on doive leur attribuer : ils ont «un peu exalté les vertus naturelles de l’homme en général et de l'Américain en particulier. » L'aveu est de M. Brunetière lui-même.

Nul n'ignore ce que le Pape pense de cette innovation.

Et voilà, après une étude sérieuse du travail de M. Brunetière, tout ce que j'y ai trouvé.

Je n’y trouve pas la preuve de son assertion que « le développement du catholicisme aux États-Unis a été prodigieux. »

Je n'y vois rien, non plus, qui justifie la prophétie

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