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Situation :
respecter la forme du gouvernement établi. Aux États- Unis, comme en Angleterre et en Belgique, la question du régime gouvernemental à adopter n'est pas posée, n'est pas discutée, n'est pas connue. C'est parler, par conséquent, pour ne rien dire, que de comparer l'attitude des catholiques des États-Unis avec celle de certains catholiques d’autres pays où la lutte se fait encore autour de la forme même du gouvernement.
M. Brunetière cite Mgr Ireland — il ne sort pas, on le voit, de ce cercle restreint — qui cite, à son tour, un « ministre protestant » anonyme qui aurait déclaré « que, dans ces dernières années, si le nombre des catholiques n'avait pas augmente d’une manière surprenante, leur influence politique et saciale se développait d'une manière remarquable. »
Comment concilier cette «augmentation peu surprenante » du nombre des catholiques avec « le prodigieux développement du catholicisme aux États-Unis? » Je laisse à M. Brunetlière le soin d'éclaireir le mystère.
Quant au « d'veloppement remarquable de l'influence politique et: les catholiques aux États-Unis, en ces dernières anné aut y voir très certainement une raillerie de mauvais “oût, cor me l'élabliront les chiffres et les faits que j'aurai l'honneur de mettre devant le lecteur dans la deuxiènie partie de ce travail (4).
M. Brunetière se demande ensuite si « l'on n’a pas
1. Le lecteur trouvera, au chapitr. i de la deuxième partie, que, dans une autre circonstan ugr Ireland a déclaré
que les catholiques des États-Unis sont « sans richesse et sans influence.» À F4 4 [A Qu Situation relig, aux États-Unis.
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quelque peu exagéré ce que le catholicisme aux États- Unis devrait d'accroissement à la seule et brutale accession du nombre. » Nous verrons si ce mystérieux : on, est tombé dans l’exagération; et nous consulterons le sentiment des américains eux-mêmes sur les causes de l'accroissement du catholicisme aux États-Unis. M. Brunetière veut qu'il y ait eu des conversions très nombreuses; et il insinue, plutôt qu'il ne l’affirme, dans la deuxième partie de son travail, que c’est surtout aux conquêtes sur les protestants et les infidèles, que le catholicisme doit son accroissement aux États- Unis.
Il y a eu des conversions en nombre considérable dans la grande République. Certes, ce n’est pas moi qui médirai des conversions qui se sont opérées en ce pays. Je n'oublierai jamais que la famille de ma mère, partie protestante de l'Angleterre, a trouvé le don inestimable de la vraie foi en Amérique, dans les forêts de l'Ohio, le far-west d'alors. Mais M. Brunetière laisse trop ignorer à ses lecteurs que s’il y a eu là-bas des L. conversions consolantes et en nombre considérable, || il y a eu, et il ya encore à l'heure qu'il est, des défections lamentables et plus fréquentes que les conversions. De sorte que si le catholicisme s’est développé rapidement aux États-Unis, c'est grâce, sans aucun ll doute, « à la seule et brutale accession du nombre. » if Cette question brûlante des pertes que l'Église à faites aux États-Unis, M. Brunetière cherche à l'esquiver. « Siles catholiques d'Amérique devraient être 4 26 millions, je l'ignore, » dit-il (page 161). Il faut, | | pourtant, se fixer là-dessus. C'est un point essentiel LE du débat. Car si les catholiques des États-Unis qui, de