CHAPITRE PREMIER
d’autres écrivains catholiques qui ont combattu
‘américanisme, de faire la guerre à l'Église d'Amérique.
Je crois avoir, en analysant l’article de M. Brunetière, fait ressortir la différence essentielle qui existe entre la véritable Église des Etats-Unis et une certaine école d'écrivains et d'orateurs catholiques entichés, outre mesure, des institutions américaines. Cette école, je la combats, mais l'Église des États-Unis, je la vénère, comme je vénère l'Église de France, l'Église d'Angleterre, l'Église d'Espagne, toutes les Églises particulières qui, réunies ensemble par leur union avec le Siège apostolique, forment l'Église universelle de Notre- Seigneur JÉSUS-CHRIST.
Oui, je vénère l'Église des États-Unis, parce que si la faiblesse de l'homme s'y montre comme elle se montre partout, la vertu divine y éclate non moins glorieusement qu'elle se manifeste au sein des autres Églises.
Comme elles, l'Eglise des États-Unis est sainte ; comme ses sœurs aînées, l’Église d'Amérique inspire
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ces dévouements sublimes, mais obscurs et inconnus du grand nombre ; ces actes de vertu héroïque, mais cachée, qui sont l'une des preuves de la divinité de l'œuvre de JÉsus-Cunisr, la preuve la plus frappante, puisque tous les hommes, ignorants et savants, peuvent la comprendre.
Je connais l'histoire de ses évêques missionnaires, hommes admirables, doués d’une énergie et d'un courage vraiment apostoliques ; qu'aucune fatigue, qu'aucune course, qu'aucun danger ne rebutait; qui ont organisé paroisses et diocèses au prix de labeurs incessants. C'est un de ces évêques, Mgr Lamy, mort archevêque de Santa-Fé, qui a béni le mariage de mon père et de ma mère, après avoir converti celle-ci et plusieurs membres de sa famille. C'est un autre de ces évêques, Mgr Purcell, mort archevêque de Cincinnati, qui m'a confirmé, pendant une de ses courses apostoliques. Je connais ies travaux et la sainteté de ses prêtres fidèles à leur devoir tous les jours de leur vie et jusqu'à la mort ; visitant les malades au premier appel, à de longues distances, par tous les temps, parcourant les plus mauvais chemins. L'un d'eux, mon oncle maternel, m'a élevé. J'en ai vu bien d'autres à l'œuvre, aux prises avec toutes sortes de difficultés. Maintes fois, lorsque la fièvre jaune ou le choléra sévissaient, répandant partout une terreur panique, le prêtre catholique, la religieuse, restaient à peu près seuls à leur poste, excitant l'admiration de tous. Et cela s'est vu, non seulement autrefois, dans les temps héroïques, mais de nos jours, en cette fin de siècle de mollesse et d'égoïsme.
Tout dernièrement, les journaux ont raconté ce trait
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L'abbé Hartnett, curé de l'église cathédrale à Dallas, au Texas, fut appelé auprès d'un homme atteint de la petite vérole, la maladie qui inspire peut-être le plus de frayeur aux États-Unis. Le malade était à huit kilomètres de la ville, et l'on ne pouvait se rendre à sa maison autrement qu'à pied. Il faisait un froid extrême pour cette partie du pays. Cependant, l'abbé Hartaett n'hésita pas un instant. Il visita le malade; mais la marche forcée et la rigueur de la saison l'ayant affaibli sans doute, il contracta la terrible maladie et y succomba (1).
Ce trait n'a rien de nouveau. Voilà des milliers et des milliers de fois qu'on l’a raconté, dans toutes les langues, dans tous les siècles, depuis que l'amour du Curisr a fait descendre sur la terre l'amour de l'homme. Il n'est pas nouveau aux États-Unis non plus. Maisil est toujours beau. Je le mentionne uniquement pour montrer que l'Église des États-Unis, qui enfante de tels dévouements, fait bien partie de la vieille Église des saints.
Et les religieuses des États-Unis, je ne saurais dire combien je les admire, combien elles sont admirables ! Mon plus grand honneur est de compter ma sœur unique au nombre de ces vierges du SEIGNEUR. Que de fois ne les ai-je pas vues à l’œuvre ! Que de fois ne suis-je pas resté confondu en constatant la somme énorme de travaux pénibles qu'accomplit une de ces frêles créatures, par pur amour de Dieu et du prochain! Je les ai vues dans les classes surchargées des écoles paroissiales des grandes villes : une seule petite religieuse,