RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL DAMÉRIQUE
‘AI cherché dans le travail de M. Rruuetière ce que pourrait bien être l'esprit particulier qu'il pré-
tend exister aux États-Unis. Je n'ai rien trouvé de précis. Je me suis demandé quels exemples, quelles lecors le nouveau monde donrait à l'ancien. Ma ques-
ion est demeurée sans réponse. J'ai [lu beaucoup de journaux, beaucoup de revues, beaucoup de livres publiés aux États-Unis. J'y ai passé de longues années.
J'ai aussi voyagé en Europe. Et si mes études et mes voyages m'ont appr,s quelque chose, c'est que les pays et les peuples les plus dissemblables en apparence se ressemblent singulièrement du moment qu'on quitte la surface des choses. Partout on trouve les mèmes passions, les mêmes vices, les mêmes ambi-
F tions, les mêmes espoirs, les mêmes désespérances, ! les mêmes joies toujours courtes, les mêmes longues tristesses, les mêmes souñrances, les mêmes angoisses. Et à côté des mêmes misères humaines,
les mêmes rayons d'En-Haut, les mêmes vertus sur- | naturelles. C’est nne question de plus ou de moins, rieu autre. Dans quelle proportion, en el ou tel pays, le mal est-il mêlé au bien ? c'est tout ce que l’on peut se demander, avec quelque chance de trouver une
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réponse. Rechercher un vice nouveau ou une vertu nouvelle, c'est perdre son temps, assurément. Voilà pourquoi je n'ai jamais pu comprendre ceux qui prétendent qu'il existe un je ne sais quoi de nouveau en Amérique. Je parle plus particulièrement du domaine des idées, des doctrines, de la pensée. ar, dans Îes choses purement matérielles, il y a peut-être du nouveau aux États-Unis, mais moins toutefois qu'on se l'imagine généralement. Et même le nouveau dans le monde matériel est plutôt à la surface qu'au fond des choses.
Je lisais dernièrement un article remarquable dans le remarquable (Globe-Review, de New-York, livraison de murs 1899. L'auteur de cet écrit, M. Snell, déclare que c’est une illusion de supposer que les États-Unis d'Amérique offrent une forme nouvelle et originale de la liberté civile, et qu'il existe une 1dée américaine dont la diffusion et la réalisation générale doivent assurer au monde son progrès futur.
« La vérité, continue cet écrivain américain, mais non pas américanisant, c’est que toutes nos idées politiques, sociales et économiques, nous viennent de l'une de ces deux sources : ou bien elles représentent! l'ordre social normal et divinement constitué, que l'Église catholique n’a cessé de confirmer et de propager depuis le commencement de l'ère chrétien! jusqu'à nos jours; ou bien elles représenteal désordres théot iques et pratiqu | infr=ctions et les négations de cet ordre social, que la faiblesse l'h. mme et la malice satanique ont toujours corspi à introduire dans le monde depuis la chute. En
que ces idées sont conformes à la constitution chre-
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