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rent à oblenir celui de la France catholique; mais, les Canadiens francais, qui les connaissaient mieux, ne furent pas les dupes de cette subite conversion, Ils se souvenaient encore des cris de rage que les améri- ‘ains avaient poussés en voyant l'Angleterre, par l'acte de 1774, octroyer la liberté religieuse au Canada ; et, sans aimer outre mesure la « perfide Albion », ils la redoutaient encore moins que les Bostonnais. Ils restèrent donc fidèles à la couronne anglaise, pendant la guerre de l'Indépendance, et il est manifeste aujourd'hui qu'ils furent bien inspirés et bien conseillés par leur clergé. La situation des catholiques du Canada, colonie anglaise, particulièrement dans la province de Québec, est infiniment supérieure, en pratique, à la situation des catholiques des États-Unis, malgré le titre pompeux de Terre de la Liberté que la République voisine ne cesse de se donner.
Après là guerre de l'Indépendance et l'établissement du gouvernement des Etats-Unis, le fanatisme religieux parait s'être apaisé pendant quelque temps. Il semble que, grâce à l'excitation des esprits pendant cette époque mouvementée, les catholiques, alors peu nombreux, passèrent inaperçus. Occupé ailleurs, on oubliait de les persécuter. Mais, en 1834, le fanatisme se rallume. Le couvent des Ursulines de Charlestown, près Boston, établi en 1820, portait ombrage aux sectes protestantes par ses succès comme maison d'éducation. Beaucoup de familles non catholiques confiaient leurs filles aux soins des” bonnes religieuses. On résolut donc de détruire le couvent de Charlestown, et l'on n'attendait qu'un prétexte pour exécuter ce dessein.