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L'année suivante, le & et le 7 août 1855, les rues de Louisville (Kentucky) furent inondées du sang des citoyens d'origine étrangère. Des hommes et des femmes furent massacrés, des maisons pillées et incendiées, et cinq personnes au moins périrent dans les flammes (1).
Les auteurs catholiques croient généralement qu’une nouvelle explosion de haine anticatholique se serait déclarée dix ans plus tard, en 186%, si la guerre civile n'était venue absorber l'attention de tout le monde.
Depuis cette époque, il n’y a pas eu de scènes terribles comme celles qui se sont produites en 1834, en 184% et en 1854. Mais l'organisation de l'American Protective Association, l'odieux A. P. A., en ces derniers temps, a fait naître de sérieuses craintes. Cette société secrète avait un programme analogue à celui des Ænow-nothings : ostraciser les catholiques. Ses moyens d'action étaient les mêmes : calomnier l'Eglise. Il y a eu des cas nombreux de mesquines persécutions dans la vie sociale, mais je ne crois pas ge le sang ait été versé.
Récemment, des tentatives d'iacendier des instituüons catholiques de la Nouvelle-Orl: ns ont été attribuées, par des journaux catholiques, à l'A. P. A. (2). Mais on doit dire que les actes de violence contre les catholiques des Etats-Unis sont devenus rares en ces derniers temps.
Toutefois, il faut remarquer que les catholiques de Ia République américaine,même ceux qui vantent sans
. The World’s Columbian Catholic Congress, vol. I, ch. 2. Cf. Catholic Columbian, de Columbus, Ohio, 15 avril F9:
cesse leur pays, sont loin d'être rassurés pour l'avenir. Ils savent que le feu du fanatisme couve toujours sous la cendre et que le moindre incident peut le faire éclater plus violent que jamais.
Au chapitre IX du deuxième volume du compterendu du congrès catholique de Chicago, que j'ai cité plusieurs fois, ouvrage qui porte l'imprimalur de Mgr Feehan, archevêque de Chicago, je lis, à la page 183 :
« D'après les apparences actuelles, beaucoup de personnes prévoyantes redoutent un renouvellement d'exploits sauvages inspirés par le fanatisme anticatholique et anti-américain (1), qui ont si souvent maculé et défiguré les pages de notre courte histoire, autrement sans tache. Mais si tel est le cas, si nous, catholiques, sommes destinés à être de nouveau en butte aux injures de la canaille, aux calomnies des mercenaires et à la violence de la foule armée, plus tôt nous nous y préparerons, mieux ce sera. Si les scènes qui ont imprimé une tache indélébile aux villes de Boston, de Philadelphie, d’Ellesworth et de Louisville, doivent se renouveler, grâce à la demi-douzaine (2) de sociétés secrètes liées par
4. Certains catholiques des États-Unis essaient de se persuader que l'esprit de persécution n'est pas un esprit américain. Ils y voient l’œuvre des orangistes canadiens. Je veux bien croire que les orangistes canadiens donnent volontiers un coup &e main aux fanatiques de l’autre côté de la frontière ; mais le gros de l'armée anti-catholique, que nos coreligionnaires redoutent toujours, est bien un produit du sol même des États- Unis, un fruit amer de cette institution si répandue en Amérique : l’école sans Dieu.
2. C'est plutôt par douzaines et par douzaines qu'on les compte.
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