Proceedings American Catholic Congress, 1889, page
naux catholiques des États-Unis, notamment dans le Catholic News, de New-York, en date du 41° mars et du 22 mars de cette année 1899.
Au commencement de la récente guerre hispanoaméricaine, des religieuses de différentes communautés offrirent leurs services au gouvernement comme gardes-malades dans les ambulances et les hôpitaux. L'offre fut acceptée, et un grand nombre de sœurs de divers ordres se sont dévouées, jour et nui!, au soin des soldats et des marins malades ei blessés, déployant cet héroïsme sublime qui, en Amérique comme dans le monde entier, est le trait caractéristique de la religieuse en temps de guerre et de calamités publiques. Plusieurs contractèrent de graves maladies. Quatre sont mortes à leur poste. Les sœurs enseignanies de Key-West, en Floride, abandonnèrent même leur couvent au gouvernement, le convertirent en hôpital militaire et servirent gratuitement de gardes-malades.
Après la guerre; le présidert Mac-Kinley adressa au Congrès un message dans lequel il remercia chaleureusement, au nom de la nation... les gardesmalades de la société de la Croix-Rouge, des services rendus dans les camps et sur les champs de bataille. Il n'eut pas un seul mot de reconnaissance pour les religieuses !
Cette insulte fut vivement ressentie par les journalistes catholiques. Ils protestèrent unanimement et hautement, mais sans résultat. Ni le président ni le Congrès n’eurent la simple politesse de dire merci aux sœurs. Le Congrès fut pourtant saisi d'une « résolution » de remerciments aux religieuses, proposée par
le député Osborne, de Wyoming, poussé par l'abbé
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HOSTILITÉ ET PERSÉCUTIONS ADMINISTRATIVES. 93 Ternes, de cet État. Le projet de résolution, au lieu d'être adopté d'emblée, fut renvoyé à la commission des affaires militaires, et l’on n’en a jamais entendu parler depuis. Le Congrès, qui avait voté une médaille d'honneur à miss Helen Gould pour des services moins grands que ceux que les sœurs avaient rendus, surtort si l’on tient compte de la pauvreté de celles-ci et de l'immense fortune de celle-là ; le Congrès, dis-je, qui s'était empressé de reconnaitre la philanthropie de la riche laïque, s’est dispersé sans s'acquitter à l'égard des religieuses d'un devoir que la bienséance la plus élémentaire imposait.
M. Dougherty, nous l'avons vu, a déclaré, dans son discours devant le congrès de Baltimore, que le droit de pratiquer leur religion est refusé aux catholiques dans bien des institutions de l'État. Le grand orateur n'est pas le seul qui ait formulé une plainte semblable. Dans la livraison d'avril 1875, le Catholic World constate avec amertume que, trop souvent, dans les prisors et les maisons de réforme de l'État de New-York, les catholiques ne peuvent pas pratiquer librement leur religion. Dans trois bagnes, dit-il, Sing-Sing, Auburn et Clinton, les besoins spirituels des catholiques ne sont pas considérés d’une façon convenable. Sur sept maisons de détention du même État, trois seulement permettent qu'on y dise la messe et que l'on v administre les sacremenis. Il y a quatre maisons de réforme : une seule accorde cette faculté. Le même article montre que dans tous les autres grands pays du monde, les catholiques ont pleine l‘berté sous ce rapport, même en Angleterre, et l'écrivain américain
qualifie de triste l'état dé choses qui existe aux États- Unis comparé à ce qui se pratique ailleurs.
‘: Dans l'American Catholic Quaterly Review, de janvier 1853, page 151, M. John Gilmary Shea dit:
« En beaucoup d’'États, les catholiques renfermés dans les maisons de correction ou de charité sont forcés d'assister aux services religieux des protestants, de lire la Bible protestante, chanter des cantiques protestants et écouter des instructions données par des ministres ou des gardiens protestants. Sous le gouvernement des États-Unis, des soldats et des officiers catholiques ont été punis pour avoir refusé de prendre part aux exercices du culte protestant, et les soldats cutholiques sont forcés par la loi à envoyer leurs enfants à l’aumônier protestant pour être instruits. »
Dans l'American Calliolic Quaterly Review du mois d'avril 1882, pages 196 et suivantes, le même auteur avait publié ce terrible réquisitcire :
« Les catholiques, dans presque tous les États, ont raison de se plaindre, depuis des années, de ce que, dans toutes les institutions de correction ou de charité, leurs coreligionnaires, coupables ou malheureux, ont été, de propos délibéré, privés d’un droit que les américains se vautent d'avoir établi dans toutes les parties du pays et dont nos concitoyens protestants ne voudraient jamais être privés. La « religion protestante », pour employer ce terme dans le seas qu'on y attache dans beaucoup d'anciens statuts, est la religion établie presque universellement dans le; prisons et les maisors de refuge. Les détenus catholiques ne peuvent pas assister an service du culte ni observer les commandements de la religion, en ce sens que le
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HOSTILITÉ ET PERSÉCUTIONS ADMINISTRATIVES. 95 prêtre ne peut pas y dire la messe ni communiquer avec eux. Au contraire, il y a un aumônier protestant qui préside à des exercices religieux auxquels les catholiques sont obligés d'assister. »
Plus loin il ajoute :
« Nous faisons aujourd'hui ce que faisait l’Angleterre lorsque les lois pénales contre les catholiques étaient en vigueur. »
Et il cite la loi anglaise de juillet 1868 accordant une liberté religieuse complète aux catholiques dans
les maisons de refuge — work-houses — et dans les écoles pour les pauvres — pauper schools —, puis il
fait ce triste aveu : « Aucune législation semblable, protégeant les droits de la conscience, n'existe nulle part aux États-Unis. » ;
Et ce n'est pas, comme on pourrait le croire peutêtre, par simple indifférence, par une sorte d'oubli, qu'on prive ainsi les catholiques de leurs droits. C'est par pur fanatisme religieux, par haine du catholicisme. À la page 199 de ce même article, Shea dit :
« Il y à une quarantaine d’années, un projet de loi fut soumis à la législature de New-York pour accorder la liberté religieuse aux détenus des institutions de l'État, mais il ne fut pas adopté ; et en 1881, le gouverneur Cornell mit son véto sur un bill semblable que la législature avait voté. »
ll cite ensuite le Catholic Union de New-York, qui déclare que jamais un prêtre catholique n’a été nommé aumônier d'une seule prison de l'État. :
Puis il rappelle qu'en 1874-75 la législature de l'Ohio vota une loi semblable à la loi anglaise, accordant la liberté religieuse aux détenus des prisons de l'État.
Mais cette législation de justice souleva une telle tempête populaire que, l’année suivante, le 12 janvier 1876, « elle fut effacée du livre des statuts. »
Il mentionne aussi le cas de la Pensylvanie dont la loi organique proclame la liberté religieuse et où, « malgré les promesses ronflantes de la Constitution », on a « décidé qu'il est illégal pour un prêtre catholique de dire la messe pour les détenus catholiques des institutions de l'État. Cela n’est jamais permis (1). » Une seule institution publique de la Pensylvanie, un asile, The Western House of Refuge, accorde la liberté religieuse aux détenus catholiques, mais seulement lorsqu'ils sont malades. C'est le seul endroit au monde, ajoute-t-il, où les malades jouissent de plus de droits civils que les gens en santé.
Le Massachussetts, pourtant, a quelque chose d’analogue, mais moins explicite, et dans la pratique cela ne vaut rien. L'auteur raconte (2) qu'un prêtre, ayant visité un asile pour les pauvres, voulut confesser une mourante. La femme du gardien refusa de quitter la chambre. Le prêtre la mit à la porte, entendit la confession de la moribonde, fut poursuivi et se vit condamné, le 8 mai 1878, par la Cour suprême de Massachussetts, à payer des dommages-intérêts.
« L'État de New-Jersey, dit-il encore, est un État où les détenus catholiques des prisons et des asiles sont privés de la liberté du culte et de leurs droits religieux. Cela se fait avec la participation de la législature, qui a refusé d’y porter remède. »
1, Page 202.