‹ La situation religieuse aux Etats-Unis [microforme]Chapitre 48 sur 132 · Ne et ancie · texte numérisé non relu

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sauvages, c'est une augmentation de crédit de 131,900 dollars en faveur des écoles des différentes sectes, pour l'exercice de 1900. »

L'Ave Maria y a vu un autre résultat :

« Quelques heures avant l'expiration du cinquantecinquième congrès, on voulut savoir ce qu'était devenue la pétition du cardinal Gibbons demandant la revision de la question des écoles des sauvages. Tout ce que l'on put savoir, c'est que le sénateur Gorman et quelques autres avaient employé toutes les ressources pour faire prendre la requête en considération, mais sans succès. L'influence catholique avait été mise à l'épreuve, et elle a subi un échec complet, ignominieux. » Ainsi varle le journal américain.

Les archevèques de Baltimore, de Philadelphie et de Saint-Louis, NN. SS. Gibbons, Ryan et Kain (1), forment une commission pour le développement des missions catholiques parmi les nègres et les sauvages. Dans son numéro du 18 février 1899, le Freeman's Journal, de New-York, publait un appel aux fidèles en faveur de ces missions. Cet appel porte les signatures des trois illustres membres de la commission. Nous y lisons ce qui suit :

« Les rapports des missions parmi les sauvages font voir que si nous voulons conserver les débris de la grande race rouge à l'Église catholique, qui a tant fai! dans le passé pour ces tribus, les enfants doivent être protégés contre les occasions qui pourraient porte: préjudice à leur foi et à leurs mœurs. L'aide du gouvernement ayant été graduellement et en grande partie

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1. Ne pas confondre avec Mgr Keane, archevêque de Damas et ancien recteur de l'Université catholique de Washington.

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retirée, et devant très probablement noùs manquer entièrement, les sacrifices héroïques:de ceux qui travaillent parmi les sauvages catholiques seraient vains, à moins que la charité ne leur prête main-forte dans la lutte inégale qu'ils sont obligés de soutenir. C'est donc à la charité des fidèles de ce pays que les enfants abandonnés sont confiés ; et si un verre d’eau. froide donné en son nom mérite récompense, à quelle riche récompense ne peuvent pas s'attendre ceux quisauvent de la triste situation qui menace leur vie morale, ces enfants opprimés (downtrodden) de la race noire et de la race rouge ! »

Voilà la position lamentable à laquelle l'esprit sectaire du gouvernement de Washington a réduit ces malheureux débris des peuplades autochtones des États-Unis. Cette conduite ne peut être dictée par aucun autre sentiment qu'une sourde hostilité à l'égard de l'Église. Ce même président qui demande, etce même Congrès qui autorise chaque année des dépenses fabuleuses ; qui s'entendent pour prendre dans le trésor quasi inépuisable de la République des millions et des milliards, ne peuvent pas trouver quelques milliers de dollars pour permettre aux missionnaires et aux religieuses catholiques de poursuivre leur belle œuvre de civilisation et de conservation des tribus sauvages. Mais il convient d'ajouter que ce n'est pas la raison d'économie qu’on invoque pour refuser cette aide. Le Congrès de Washington recule rarement devant une dépense pour ne pas obérer davantage le budget. La mesquinerie n’est pas un défaut américain. Sans l'esprit hostile à la religion catholique qui règne partout dans les hautes sphères gouvernementales, le

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r Congrès ne lésinerait probablement pas. Mais on est % animé de l'esprit sectaire, On aime mieux que le bien , ne se fasse pas plutôt que de le voir accompli par s l'Église de Jésus-Curisr. Voilà pourquoi, sous le prést texte que l'État ne doit favoriser aucune religion en LS particulier, on laisse péricliter les missions cathole liques. On prétend faire de l'unsectarianisme, et, en 1e réalité, on favorise toutes les sectes, — particulièrement nt la secte des incrédules et des sans-Dieu, — au détrins ment de l'Église.

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On peut maintenant mieux comprendre l'assertion

ds suivante du grand historien catholique, de l’améri- 08 cain éminent John Gilmary Shea, assertion qui fera les sans doute tressauter plus d’un lecteur européen : ar « On est généralement sous l'impression que la Li À liberté religieuse existe aux États-Unis, en ce sens que de, chacun est libre d'adorer Dieu selon les lumières de sa sa conscience. Ceci, cependant, est une erreur. — *e This, however, is a fallacy. — La constitution des og États-Unis ne garantit aucune liberté de ce genre. ver Elle déclare simplement que le Congrès ne pourra étaa blir aucune religion ni prescrire le libre exercice d'aubte cune. Et la cour suprême des États-Unis a décidé que due la constitution fédérale) n'empêche pas les États est d'établir une religion. Chacun des États de l'Union ser peut avoir une religion établie, comme le Massachusent setts en avait une au commencement du siècle. Un » le amendement à la constitution des États-Unis, soumis, nr. il y a quelques années, par M. Blaine, allant plus loin, pne aurait enlevé ce pouvoir aux différents États. Si cet

Je amendement avait été adopté et si on l'avait interprété

ra'sonnablement et honnêtement, il aurait porté va coup fatal à la « religion protestante », qui est officiellement établie dans beaucoup d'’endroits de ce pays (4). »

Et dans le même article l’auteur ajoute :

« Au siècle dernier, sous le régime colonial, le congrégationisme était la religion établie dans presque toute la Nouvelle-Angleterre ; l'église anglicane, en Virginie, à New-York et dans quelques colonies ; tandis que toutes les autres maiïntenaient plus ou moins la suprématie de la « religion protestante ». Malgré le grand changement qui s'est opéré à la Révolution, malgré la formation du gouvernement fédéral actuel, cet établissement virtuel de la « religion protestante » existe encore, plus ou moins, sous le masque de la liberté religieuse. »

Dans un article écrit quelques années plus tard, Shea s'exprime comme suit:

«. Mais chaque État peut faire, de l'acceptation de la « religion protestante » pour tous ceux qui se trouvent sur son territoire, une condition nécessaire à la possession de biens immeubles, à l'exercice d'une pruession, du droit de suffrage ou à l'éligibilité aux fonctions publiques; et le gouvernement fédéral ne . peut pas intervenir. La constitution, telle qu'elle a été votée au commencement et telle qu'elle a été amendée depuis, laisse à chaque État le pouvoir d'établir une religion, ou de faire le la profession de la « religion protestante » une condition à n'importe quoi, et d’exiger un fest oaih (2). »

4. American Catholic Quaterly Review, avril 1882, p. 193. 2. America Catholic Quarterly Review, octobre 1887, p. 705.

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HOSTILITÉ ET PERSÉCUTIONS ADMINISTRATIVES. 105 Donc, la liberté religieuse, en théorie, se réduit à ceci, aux États-Unis : Le Congrès, ou Parlement central, ne peut pas établir ou proscrire une religion quelconque, mais les différents États peuvent le faire. Et, de fait et en pratique, plusieurs États ont profité de cette lacu..», accidentelle ou voulue, dans la constitution fédérale, pour proscrire la religion catholique. L'État de New-Jersey, les deux Carolines et le Massachussetts firent tout d’abord du congrégationalisme la religion de l'État. Cette religion établie exista an Massachussetts pendant plusieurs années après l'établissement de l'Union. Dans quelques États, il fallait professer la « religion protestante » pour jouir du droit de suffrage dans toute sa plénitude. Un avocat éminent de la Caroline du Nord, élevé à la magistrature, ne put exercer ses fonctions à cause du serment qu'il lui aurait fallu prêter. Un catholique élu membre de l'assemblée législative de New-York ne put pas prendre son siège. Mgr de Cheverus, premier évêque de Boston, fut condamné par les tribunaux du Maine pour avoir béni un mariage. Le New-Hampshire, jusque dans ces derniers temps, ne permettait pas aux catholiques de remplir le moindre emploi de l'État. L'État de New-York avait une constitution perfidement hostile aux catholiques. « Ce qui a été, peut se répéter, » dit Shea (1).

Le territoire du Nouveau-Mexique aurait pu et aurait dû être admis an rang d'État, il y a bien longtemps. Pourquoi ne l’a-t-il pas été? Tous le savent, aux États-Unis, catholiques, protestants et athées :

1, Je trouve tous ces faits rapportés par Shea dans les deux articles signalés plus haut.

Situation relig. aux États-Unis 8

c'est parce que la population de ce territoire est en grande ptstie catholique. C'est une ancienne colonie espagnole. Dans son article d'octobre 1887, déjà cité, Shea dit formellement, page 710, que c’est l'esprit anticatholique, en grande partie du moins, qui prive ainsi le Nouveau-Mexique de ses droits depuis près d'un demi-siècle.

Enfin, devant le congrès catholique de Baltimore, en 1889, Shea a fait cette importante déclaration qui résume les justes griefs des catholiques américains et les motifs qu'ils auraient de s'organiser pour la lutte :

« Le gouvernement des États-Unis ne peut pas, en vertu de la constitution, établir une religion d’État. Cependant, tout en ne le faisant pas directement, le gouvernement fédéral a constamment empiété sur les droits 4s catholiques, garantis par la constitution ou par les traités. C’est ainsi que, en plus d’une occasion, ox s’est emparé des biens de l'Église. Les droits des catnoliques, dans l’armée de terre et de mer des États-Unis, sont souvent méconnus. Le département des Sauvages appelle une action prompte et énergique. Depuis des années, il est administré de façon à contrecarrer les travaux des missionnaires, à détruire leurs établissements aussitôt qu'ils montrent quelques signes de prospérité, et à placer les sauvages catholiques et leurs écoles sous une direction étrangère au catholicisme. Dans plusieurs États surgissent de temps à autre des conflits relatifs à l'éducation, à la facalté que revendiquent les catholiques de disposer de leurs biens par testament, de jouir du libre exercice de leur culte dans les établissements pénitentiaires et de cha-

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