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De plus, il faut tenir compte de ce fait qu'en Angleterre et au Canada il n'y a guère que des catholiques et des protestants ; tandis qu'aux Étais-Unis il y a des millions — trente ou quarante millions, peut-être davantage — de gens qui ne professent aucune forme de religion chrétienne, En Angleterre et au Canada, même les francs-macons sont obligés de se dire chrétiens (1). Par conséquent, il est possible, en Angleterre et au Canada, de diviser les écoles publiques, subventionnées et dirigées par l'État, en écoles catholiques et en écoles protestantes. Aux États-Unis, la chose serait impossible, même si les protestants vrais v consentaient, à cause du nombre immense de nonchrétiens que renferme la République. Ces millions de neutres, de sans-DIEu, trouvent dans l’école neutre et sans-DIEU exactement ce qu'illeur faut. Ils ne voudraient jamais abandonner l'école publique sans religion qui leur convient admirablement pour adopter le système des écoles publiques confessionnelles qui existe au Canada. Et comme le nombrede ces sans-DiEu augmente toujours, l'impossibilité de modifier le système actuel devient de plus en plus radicale.
Les catholiques des États-Unis sont donc condamnés à rester, pendant un temps indéfini, sous le régime de la tyrannie maçonnique et naturaliste. 1ls n'ont, apparemment, que trois choses à faire : 4° créer des écoles catholiques partout où cela est possible, mème au prix des plus grands sacrifices ; 2° vanter
4. A part le petit nombre de maçons français et canadiensfrançais qui relèvent du Grand-Orient de France et qui sont installés dans la loge de l’'Emancipalion, à Montréal. Ceux-là sont ouvertement impies.
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moins la liberté dont ils jouissent, pour ne pas se rendre ridicules aux veux des autres peupl:s ; 3° prier humblement Dieu afin qu’il ne permette pas aux sectes de leur enlever cétte dernière liberté : celle de pouvoir fonde: des écoles catholiques, à la condition de contribuer au maintien des écoles naturalistes (1).
1. Dans ce chapitre il n'est question que de l’enseignement primaire, et aussi un peu de l’enseignement secondaire, car les school boards se permettent bien souvent d'organiser, aux frais des contribuables, des high schools, ou académies. Reste l’enseignement supérieur. Il est encore libre, mais on a lieu de penser qu'il ne le sera pas longtemps. Déjà, dans l'État de New-York, les collèges catholiques ne peuvent conférer des grades sans le consentement et l'approbation du Board of Regents, institution scolaire de l'État, qui a usurpé et qui exerce seul le droit de conférer des grades universitaires. Dans les Etats de l'Illinois, du Missouri et du Michigan et dans d’autres Etats encore, des projets de loi ont été présentés à la législature pour porter atteinte à la liberté de l’enseignement supérieur en créant des monopoles odieux. Ces projets n'ont pas éte votés, mais ies promoteurs se proposen’ de reveuir à la charge. Le Church Progress, de Saiat-Louis, numéro du 3 juin 1899, qui nous fournit ces détails, affirme hardiment qu'il « existe manifestement une conspiration, en ce pays, contre la liberté de l'enseignement supérieur. »
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