‹ La Sobriété, conseils pours vivre long-tempsChapitre 3 sur 42 · AVIS DES ÉDITEURS · texte numérisé non relu

AVIS DES ÉDITEURS

Nous avons eu la pensée de réunir dans ce volume trois ouvrages curieux qui ont toujours été très estimés et qui, malgré les progrès de la science, ne sont pas aujourd'hui indignes de leur ancienne réputation.

C'est le Régime de Pythagore, par Cocchi, le Traité de la Sobriété, par Cornaro, et le Vrai tnoyen de vivre plus de cent ans en parfaite santé, par Lessius ; ces trois ouvrages renferment les vieux secrets de l'hygiène de nos pères.

Ils ne constituent pas seulement des curiosités ; bien que ce genre de livres soit aujourd'hui très en faveur, nous aurions hésité à entreprendre cette publication, si nous n'y avions vu avant tout un côté pratique et utile. La nature humaine ne change pas; seules les conditions extérieures de la vie changent, et les principes que Cocchi , Cornaro et Lessius ont exposés et développés sont éternellement vrais.

La meilleure preuve nous en est donnée par les Sociétés de tempérance qui fonctionnent en Amérique et en Angleterre depuis une cinquantaine d'années *, et par les Sociétés de végétariens qui se fondent en Alle-

i. Voyez Foville, Moyens pratiques de combattre l'ivrognerie, proposés et appliqués en France, en Angleterre et en Amérique. (Ann. d'Hyg. publ. et de méd. légale. Paris, 1872, tome XXXVII, p. 5.)

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vi Avis des Éditeurs.

magne et en Suisse; elles témoignent d'un mouvement très intéressant et très répandu de l'opinion publique dans le sens de la vie sobre et rendent de grands services aux populations laborieuses, en même temps qu'elles servent la cause de la civilisation générlae.

Le Régime de Pythagore de Cocchi l a été l'objet d'une révision attentive ; nous avons voulu que ce livre bénéficiât des travaux modernes, et que, tout en conservant la forme originale sous laquelle d'excellents préceptes sont présentés, il profitât de tous les faits utiles que la science des hygiénistes contemporains a fait connaître.

Nous y avons joint quatre planches destinées à représenter les céréales, les légumes et les fruits, qui constituent pour ainsi dire l'essence du régime de Pythagore. C'est, croyons-nous, une idée pratique que de familiariser le lecteur avec ces objets que le campagnard a toujours sous les yeux dans les jardins ou dans les champs, mais que le citadin ne connaît que trop rarement lorsque, transformés par l'art culinaire, ils paraissent sur sa table.

La traduction que nous publions du Traité de la sobriâé de Cornaro 2 est entièrement nouvelle ; elle est

i. Régime de Pythagore, traduit de l'italien du docteur Cocchi. A La Haye, et à Paris, chez Gogué et Dessain junior 1762, in-8.

•Luigi Cornaro, Discorsi intorno alla vita sobria. Edizione ricca di aggiunte. Venezia, 1826, in-12.

Avis des Éditeurs. vu

l'œuvre de M. Ch. Meaux Saint-Marc, l'élégant traducteur de Y École de Salerne en vers français ; elle a été faite sur la dernière édition italienne.

Léonard Lessius *, qui était à peu près du même tempérament que Cornaro, voulut essayer le même régime et s'en trouva si bien qu'il le continua. Il composa sur le Vrai moyen de vivre plus de cent ans un petit traité qui peut servir de complément à celui de Cornaro.

La traduction française que nous donnons est fort ancienne 2. Mais sa fidélité et son exactitude nous ont paru telles que nous avons cru devoir nous borner à en corriger les expressions qui nous ont semblé avoir vieilli, plutôt que d'en essayer une nouvelle qui lui aurait été certainement inférieure.

Nous espérons que les sages doctrines de modération, de tempérance et de sobriété qui sont défendues par Cocchi, Cornaro et Lessius, trouveront bon accueil auprès du lecteur.

i. Léonard Lessius, mort en 1623, a enseigné la philosophie •et la théologie à Louvain, a composé entre autres ouvrages un traité célèbre, De justifia et de jure.

2. Le vrai moyen de vivre plus de cent ans dans une santé parfaite, traduction nouvelle des traités de Lessius et de Cornaro', avec des notes, par M. D. L. B. (De la Bonodière.) Paris, Louis Coignard, 1705.

J.-B. B. et Fils.

i5 novembre 1879.

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