AGENTS DE L'ALLEMAGNE CONTRE LA FRANCE
(( Il n'y a rien dans ce que la France et l'Angleterre peuvent offrir à l'Allemagne hors du Maroc, qui puisse compenser pour les Allemands la perte totale et définitive de toute espérance au Maroc » ?
Constamment, invariablement, l'action politique de M. Jaurès, depuis que les circonstances l'ont écarté des honneurs officiels, a donc été dirigée contre la France.
Au mois d'avril 1913, les incidents de Nancy (entre des étudiants et quelques Allemands noctambules) provoquaient soudain de vives inquiétudes.
Avant toute enquête, avant toute communication des autorités françaises, VHumanité prenait immédiatement parti pour les Allemands. Elle affiirmait (18 avril) que les témoignages allemands, recueillis par la police de Metz, « et mo~ dérés dans la forme, étaient accablants dans leur substance ». Accablants pour les Français !
Et M. Jaurès exigeait des châtiments contre les étudiants français, contre les fonctionnaires français.
Au mois de février 1913, la première page de VHumanité fut imprimée en langue allemande et caractères gothiques.
Les candidats de VHumanité aux élections municipales de Paris (1912, iv« arrondissement) font leurs campagnes en patois et caractères yiddisch (mélange d'allemand et d'hébreu).
Au moment où les rapports entre la France et
l'Allemagne étaient le plus menaçants, M. Jaurès machina et déclancha malgré les ouvriers la grève des chemins de fer pour paralyser la mobilisation française. Le délégué des cheminots du réseau de l'Est a relaté l'entrevue tragique qu'il eut avec M. Jaurès et son complice, M. Albert Thomas. Les ouvriers ne voulaient pas la grève. Les deux députés socialistes l'imposèrent. Les ordres de Berlin ne souffraient pas de discussion, car la guerre semblait probable. « Qu'importent les victimes ! » prononça le directeur de VHumanité.
Le Comité ouvrier de la grève fut attiré dans les locaux de VHumanité, livré au préfet de police Lépine, emprisonné, remplacé par un Comité de figurants que présidait l'officier de santé Renaudel, frère du vétérinaire Renaudel, administrateur de VHumanité. La grève éclata. L'armée allemande avait le champ libre.
A Toulon, le capitaine de vaisseau Marie Jaurès, frère du directeur de VHumanité, préparait la catastrophe de la Liberté : l'explosion de ce bâtiment ne privait pas seulement la flotte d'une puissante unité ; elle mit hors de service plusieurs cuirassés, et elle « embouteilla » toute l'escadre dans la rade. La flotte italienne, alliée des Allemands, avait le champ libre.
VHumanité du 24 janvier 1914, payée pour insérer les prospectus de s métallurgistes allemands, célébrait avec enthousiasme la prise de possession des gisements miniers de Meurthe-et-
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Moselle et de Normandie par les Thyssen et les Krupp.
Au meeting mémorable de Tivoli- Vauxhall, devant six mille socialistes et anarchistes, M. Jaurès a donné cette consigne : le jour où la guerre serait déclarée par l'Allemagne à la France, les "prolétaires devraient faire usage des fusils qu'on leur mettrait entre les mains pour abattre révolutionnairement les membres du Gouvernement français et les chefs de V Armée française (8 septembre 1907).
S'il y a un chef en France à ce moment-là qui soit un homme, M. Jaurès sera « collé au mur », en même temps que les affiches de mobilisation.
Sinon, les Français auront l'ennemi devant eux et la trahison dans le dos.
Car il y a, pour la France, de pires ennemis que les Allemands et les Juifs : à savoir leurs complices français.
Lfes Allemands font leur métier d'Allemands, comme les Juifs font leur métier de Juifs. Nous sommes résolus à les combattre, nous les combattons de toutes nos forces, nous ne pouvons rien leur reprocher.
Ce sont les traîtres qu'il faut exécrer et surtout qu'il faut -châtier.
Les anciens socialistes du Parti ouvrier français (P.O. F.) et du Parti socialiste révolutionnaire (P.S.R.), qui avaient soutenu de si belles luttes et fait une si belle propagande pour leurs doctrines sans compromissions financières, ont
cru qu'ils servaient le socialisme en s'associant avec M. Jaurès, en lui apportant l'investiture « prolétarienne » pour profiter de ses capitaux, de ses relations d'affaires, de son journal bien arrosé.
Le Socialisme, ces bons socialistes l'ont simplement déshonoré ; ils l'ont condamné à mort.
Ils savaient pourtant que M. Jaurès est l'entretenu de l'Allemagne ; au temps du Petit Sou, ils l'appelaient couramment « l'entretenu de Monte- Carlo » ; et le tripot de Monte-Carlo, par les Juifs Blanc (Weiss) de Baden-Baden, et le prince de Monaco, par sa femme la Juive Heine, sont les instruments de l'Allemagne.
Maintenant, la cause socialiste se trouve liée à la cause allemande.
Le socialisme, c'est herr Jaurès, directeur de VHzimanité, « sans l'ordre ou le consentement de qui rien ne s'imprime dans V Humanité ».
Herr Jaurès, c'est la Berliner Tagehlatt, l'ambassade d'Allemagne, le Kaiser.
Donc, le socialisme, c'est l'Allemagne.
La victoire socialiste serait l'anéantissement de la France au profit de l'Allemagne.
Tous les efforts actuels du Parti socialiste français tendent à désarmer la France pour la livrer sans défense aux Allemands. Les socialistes, subventionnés par les Rothschild, les Dreyfus, les Reinach et toute la Juiverie, se solidarisent avec les Juifs dans l'œuvre de trahison.
Le jour où les Français seront acculés à la
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nécessité de frajrper sans merci pour ne pas périr, le jour où ils seront obligés de se lever contre l'Allemagne pour ne pas disparaître comme grande nation et de faire d'abord main basse sur les Juifs, ils feront main basse aussi sur les chefs de la trahison socialiste (1).
(1) Le Temps, dont on connaît la prudence, jugeait ainsi le rôle de M. Jaurès, en date du l^'" mars 1913 :
Voilà dix ans qu'en toute affaire il est, contre Virir térêt national, Vavocat de Vétranger. Pendant l'effort pénible d'Algésiras, il soutient pied à pied la thèse allemande et, seul de son avis en Europe, ce n'est pas nos adversaires, mais nous qu'il accuse de (( duplicité )),de « spéculations )),de « mercantilisme » {Humanité des 28 février et 1^^ mars 1906). C'est lui pourtant qui, sous le ministère Combes, avait proclamé le premier notre devoir et notre droit d'inte-rvention au Maroc : mais entre temps, il avait perdu la vice-présidence de la Chambre et l'espoir du portefeuille.
En 1907 et 1908, il continue : c'est lui qui empêche la France de soutenir Abd el Aziz ; c'est lui qui dénonce Lyautey comme un (c factieux », d'Amade comme un « assassin ». Le jour où la France^ quelques mois plus tard, essaye de résoudre le problème par un accord avec l'Allemagne, M. Jaurès dénonce l'accord comme il a dénoncé l'antagonisme. « Les deux bandes de loups soudent leurs obus. » {Humanité du 9 février 1909.) Et contre son hostilité de parti pris, contre la terreur qu'il inspire aux ministres,
toutes les réalisations de l'entente se brisent soit au Maroc, soit au Congo.
En 1911, l'inertie qu'il a imposée aux gouvernements successifs aboutit au siège de Fez. M. Jaurès traite de ce comédiens », de « menteurs » et de (( machinateurs » nos officiers assiégés. C'est une (( intrigue grossière », un <( dessein criminel », un « jeu », une (( mystification » {Humanité des 24, 26, 27 avril). Survient le conflit avec l'Espagne : M. Jaurès stigmatise « la mauvaise foi française ». Survient Agadir. Notre pays tend son énergie pour fermer le Maroc à l'Allemagne. M. Jaurès, dès le 5 juillet, écrit que c'est au xVIaroc que l'Allemagne a le droit d'obtenir des avantages. Douze jours après, au gouvernement français, qui essaye d'éviter les cessions territoriales au Congo, VHumanité réplique : « Il faut céder purement et simplement certains territoires. » (17 juillet.)
Chemin faisant, en d'autres débats, il heurte la piété du souvenir français fidèle à l'Alsace-Lorraine {Officiel du 24 novembre 1903). Il impute à la France « la violation de la foi jurée, l'abaissement de la loyauté internationale » {Officiel du 21 décembre 1911.) Il célèbre la Triplice « contrepoids nécessaire au chauvinisme franco-russe » (Lettre à Andréa Costa de 1901). Il prend parti contre la Russie à toutes les heures difficiles de l'histoire russe. Tandis que Bebel proclame qu'en cas de guerre tous les socialistes allemands prendraient le fusil, M. Jaurès refuse obstinément de désavouer soit Hervé et « le drapeau dans le fumier », soit les déserteurs, soit les saboteurs.
Il est donc aujourd'hui à la place où notre vigilance l'attendait : contre le devoir national.
Complices des Juifs contre la Société française
M. Jaurès et ses acolytes sont les agents de T Allemagne.
Les Juifs sont, en France, les fourriers de l'invasion allemande (i).
Logiquement, le Parti socialiste unifié se trouve à la remorque de la Juiverie. UHwmanité, fondée par des Juifs, commanditée par des Juifs, rédigée presque tout entière par des Juifs, recrute ses dix à douze mille abonnés et ses trente à quarante mille lecteurs principalement dans la colonie juive de Paris.
Dans les quartier de la capitale qui sont deve-
(1) Consulter, sur cette question, la Terreur juive et les chapitres consacrés au péril juif dans le Réveil.
Voir aussi les suggestifs opuscules de notre nouveau compatriote et confrère Isaac Blùmchen : A nous la France ! et Le Droit de la Kace supérieure (Librairie, 3, rue de Solférino).
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nus des ghettos, tous les sémites qui savent lire le français ont à la main VHumanité. Pour les autres, M. Jaurès imprime quelquefois sa feuille en allemand, et les candidats du Parti font leurs professions de foi en yiddish.
Dans les meetings socialistes des iv% v% xvtT, xvm® arrondissements, la salle est garnie de Juifs. Il arrive, comme à la salle Wagram, que les discours sont prononcés en patois yiddish (octobre 1913, présidence de M. Jaurès.
h'Eumanité, publiant les convocations syndicales à la Bourse du Travail, a toujours soin d'indiquer celles qui concernent les seuls ouvriers Juifs. Car les Juifs, admis dans les réunions des ouvriers français, n'admettent pas les Français à leurs réunions miême corporatives. Ils traitent séparément leurs affaires, dans leur langue. Mais ils régentent et terrorisent la classe ouvrière française, avec le concours de VHumanité, comme le reste de la colonie juive régente et terrorise la presse, le parlement, le gouvernement, la nation française. Dans un meeting tenu en allemand et en yiddish à la Bourse du Travail, 1.800 immigrés juifs décidèrent que les syndiqués français Pataud et Janvion devaient être excommuniés du Parti socialiste, parce qu'ils avaient parlé sans respect des Rothschild.
C'est aux élections municipales de mai 1912 que le Juif Meyéras, rédacteur de VHumanité (avec une tourbe de Dreyfus, Cohen, Lévy, Bachmann, Dollfus, Klem, Kleinhoff, etc.), couvrit le
quartier de rHôtel-de-Ville d'affiches en caractères hébraïques : les électeurs dont il sollicitait les suffrages sont déjà citoyens français mais ne connaissent T)as encore la langue du pays !
En octobre et novembre 1913, à l'époque du procès de Kiew, VHumanité, la Guerre Sociale, le Courrier Européen, tous les journaux socialistes de Paris et) de province perdirent de vue les autres questions. Il n'y avait plus pour eux qu'une besogne : défendre les Juifs contre l'accusation de crime rituel. Sauver d'abord leurs commanditaires. La politique, la cuisine parlementaire et les problèmes sociaux pouvaient attendre ; la cause juive avant tout.
UHumanité ouvre-t-elle des listes d'inscription pour une « manifestation » contre la France ? Derrière M. Anatole France (de la Juive Lippmann), les premiers volontaires sont ix)u jours les chefs de l'Université juive, Sylvain Lévy, Victor Basch, Hadamard, Weill, Braunschw^"g, G. Milhaud, Marcel Mauss, Robert Lévy, Lucien Herr, Lévy-Bruhl, Durkheim, etc.
Pendant la grève des cheminots, VEumanité fulminait sans relâche contre les directeurs et les administrateurs des Compagnies de chemins de fer. Les uns après les autres, nominativement, ils étaient dénoncés, insultés, menacés.
Mais le nom de Rothschild ne fut jamais prononcé, jamais imprimé : le réseau du Nord, sur lequel précisément commença la grève, est la propriété de =;ppt Rothschild, mii ^ov.i ?ni?«ïi adminis-
trateurs du P.-L.-M., du réseau de l'Est, du chemin de fer de Ceinture et, par Tintermédiaire de deux Péreire, du réseau du Midi.
UHumanité ne pouvait pas traiter ces Juifs comme elle traite les capitalistes français : ils l'ont commanditée à ses débuts, par l'intermédiaire du Juif Lévy-Brùhl ; et ils n'ont cessé d'arroser M. Jaurès, sa feuille, ses acolytes.
De la même façon, un jour qu'elle énumérait les automobilistes écraseurs pour ameuter la plèbe contre les riches, VHumanité n'omit qu'un nom : celui du Juif Théodore Reinach, qui avait tué une vieille femme française quelques jours plus tôt sous les roues de sa 60 HP.
Dans la Guerre Sociale, des enfants terribles demandèrent avec insistance à VHumanité la raison de son silence sur les Rothschild. UHumanité ne répondit jamais. Ce fut la Guerre Sociale qui cessa de mettre en cause les Rothschild...
Les journaux enregistrèrent encore un incident singulier. Un jour que les malfaiteurs suscités par M. Jaurès et par VHumanité avaient préparé une catastrophe sur le réseau du Nord, il se trouva qu'un des Rothschild monta dans le train qui devait dérailler. Les assassins l'apprirent au dernier mom.ent. Le train (rapide !) stoppa dans une gare oii il ne s'arrêtait jamais, et le Rothschild, qui n'avait rien à y faire, descendit.
L'entente des grévistes criminels, des Rothschild et de la bande Jaurès apparaissait en pleine lumière. La presse n'insista pas.
Ce n'est pas seulement le principal chapitre de l'Histoire socialiste qu'on documentera quand on mettra la main sur les papiers, correspondances et comptes occultes de la maison Rothschild. C'est aussi l'histoire du Parlement, de la presse, de toute la troisième République.
A ses débuts, le Parti socialiste avait été antisémite avec violence.
De 1893 à 1897, dans la Petite République socialiste et dans la Lanterne, les collaborateurs de M. Jaurès multipliaient les réquisitoires et les menaces contre les « forbans juifs ».
MM. Rouanet, Viviani, Turot et leurs camarades ne tarissaient pas sur le compte des « youtres Reinach (oncle et neveu), du « youtre Raynal », du « youtre cosmopolite Cornélius Herz ».
Il faut relire les rapports parlementaires de M. Rouanet ; relire aussi le discours de M. Viviani, du 30 mars 1898, dont l'affichage fut voté.
Il faudrait encore remettre sous les yeux du public les jugements que portaient sur le syndicat juif, il y a dix ans, les socialistes maintenant circoncis : « Ce sinistre chenapan de Reinach... Le pickpocket Raynal... Reinach, le gendre du voleur... Reinach, qui a empoché une dot subtilisée dans la poche des gogos... La canaille cosmopolite... Ce fumier vivant, Arthur Meyer et Reinach... Reinach, compère de Jaluzot... L'ignoble Raynal, ce misérable youtre... Reinach, qui forme, avec Galliffet {défense républicaine), le plus joli couple de coquins... Reinach, le pour-
voyeur de guillotine... [Petite République, passim.) Ex. :
Pas de semaines sans que les journaux n'annoncent un nouveau scandale judiciaire où le nom de Reinach brille du plus vif éclat. C'est tantôt l'affaire Barbe-Reinach, tantôt l'affaire A^ton-Reinach, ou encore Herz-Reinach, Rouvier-Reinach.
Si les titres varient, la marchandise qu'ils recouvrent reste invariablement nauséabonde. Partout où l'on rencontre ce nom fatidique, on est certain qu'il y a chantage, vol, rapine, corruption, escroquerie...
C'est d'ailleurs ce qui explique l'influence de l'immonde Yousouf sur la politique gouvernementale. [Petite République Socialiste, 7 août 1894.)
Par contre, M. Drumont est alors « l'honnête écrivain, l'un des rares écrivains indépendants que compte la presse » ; M. Drumont « fait son devoir d'honnête homme » et repousse les tentatives de corruption du ministère :
L'œuvre de Drumont restera... Les républicains ont peu lu les œuvres de M. Drumont qui passe, à leurs yeux, pour un agent des Jésuites. Qu'il soit exploité et souvent circonvenu par les partis réactionnaires et cléricaux, c'est visible. Peu m'importe.
Il n'en a pas moins cloué au pilori de ses œuvres les Lesseps, les Erlanger, les Donon, les Ephrusei, les Cornélius Herz, les Secretan, les Laveyssière et les Rothschild.
Ses livres n'en resteront pas moins comme des documents précieux, sans lesquels l'histoire de notre temps serait incomprise de nos petits-neveux.
G. RouANET, député socialiste.
Dans les débats violents auxquels donna lieu le renouvellement des contrats de la Compagnie Transatlantique, en 1895, le citoyen Jaurès et sa bande attaquèrent violemment la finance juive et la maison Pereire. On entendait ces propos :
M. Forcioli. — La troisième République a détruit les féodalités arabes...
M. Jaurès. — Elle en a créé une autre. M. Forcioli. — Laquelle ?
M. Rouanet. — La féodalité juive 1
Tous les numéros du Chambard, annexe de la Petite République socialiste^ rédigé par le coupejarret de M. Jaurès, contenaient des passages de ce genre :
S'il existait sur la carte de France des Alpes plus basses, Reinach les représenterait au Parlement, car il est au-dessous de la bassesse... Juif de naissance, il se pare aujou^rd'hui, grâce aux millions gagnés par ses ancêttes dans un commerce que la crainte des tribuna.ux implacables m'empêche de nommer, d'un titre d'Israélite. On sait que les Israélites sont des juifs enrichis.
Reinach abhorre les socialistes et le socialisme. Leur avènement lui apparaît comme l'abomination de la désolation prédite par les prophètes. Il professe la même opinion que son coreligionnaire et presque homonyme Raynal sur nos théories, il les appelle <( le droit au vol ». Cette erreur ne peut provenir que de la plus épaisse mauvaise foi, car
Raynal et Reinach possèdent sur ce point une science on ne peut plus expérimentale.
La vérité est que Boule-de-Juif, comme son ami, trouve mesquin un idéal de société qui réprouve l'agio, les jeux de Banque, la Bourse, les marchés financiers, les grandes entreprises... Le dieu Sabaoth disait à Moïse : « Je suis celui qui est ». Raynal et Reinach ont corrigé ce passage de la Bible. Ils disent : « Je suis celui qui a ». Question de verbe auxiliaire et d'impunité...
Les trente deniers de Judas ont fait des petits, grâce à d'heureuses spéculations et les descendants de riscariote se sont réconciliés autour des sacs d'écus avec les disciples du crucifié. L'argent ne garde pas d'odeur, même celle du sang. (N^ 8).
M. Jaurès se faisait expulser de la Chambre (24 décembre 1894) pour avoir flétri « la bande cosmopolite », ef il raillait « les foudres Jéovah maniées par M. Reinach ».
Mais la banque Péreire (dépendance de la banque Rothschild) acheta en bloc la Lanterne et son équipe socialiste, qui était aussi l'équipe de la Petite République.
Puis l'Affaire Dreyfus éclata, faisant couler l'or du Syndicat et de TAlliance Israélite dans les poches des tribuns. M. Jaurès quitta son petit logement du quartier Saint-Sulpice pour s'installer dans une villa de Passy. Toute la Sociale fut riche.
Et tout^ la Sociale abhorra « les sauvageries de l'antisémitisme ».
COMPLICESi^DES JUIFS 67
La banque Cohen commanditait la Petite République ; les Rothschild (par Lévy-Brùhl), Dreyfus, Rodrigues, Lévy-Brahm, Reinach, Picard, Blum, Rouff, Gasewitz, commanditèrent VHumanité. Les Sachs commanditèrent M. de Haut de Pressensé, comme les Hertz et les Godchaux avaient commandité M. Clemenceau.
M. Jaurès remboursait ses bailleurs de fonds avec des croix et des rosettes de la Légion d'honneur (M. Lévy-Brùhl, M. Bernheim, M. Blum, etc.). Il recevait les subsides et les instructions des Heine de Monaco. ïl vendait aux Juifs millionnaires l'investiture du Parti socialiste aux élections législatives, et des concessions de travaux, des décorations ou des privilèges « régaliens » dans les services publics.
A son principal commanditaire, M. L.-L. Dreyfus, banquier, spéculateur en grains, agioteur, affameur international, il vendit ainsi le siège de Florac (Lozère) et le « droit de priorité » télégraphique : ce qui valait, pour la banque Dreyfus, un nombre illimité de millions. Le 1^^ octobre 1905, M. L.-L. Dreyfus fut élu député « prolétarien » sous le patronage et avec le concours actif de MM. Jaurès, de Pressensé, Rouanet, députés socialistes unifiés, rédacteurs de V Humanité.
Le candidat des vrais socialistes était M. Lucien Roland. Il fut battu ignominieusement. H est aujourd'hui secrétaire de la rédaction de V Humanité. Il a compris que la place d'un Français
et d'un prolétaire est dans le rang, sous les ordres du maître juif (1).
Depuis la fondation de VEumanité, toutes les fois que les fonds sont bas, M. Jaurès fait aux Juifs un appel qui ne reste jamais sans résultat.
Quand les Juifs ont l'oreille dure, l'apôtre prend le ton de la menace. Il leur mit publiquement le pistolet sur la gorge à la séance du 20 décembre 1910. Le lecteur voudra bien se reporter — comme il est juste — au chapitre des Chantages.
Voulez-vous passer un bon moment, faire une excellente farce aux farceurs socialistes, et montrer au Populo le dessous des cartes ?
C'est bien simple.
Toutes les fois qu'un camarade socialiste prendra la parole dans un meeting ou dans un journal de province pour demander la « socialisation » de telles entreprises privées, de telles ou telles catégories de richesse, conviez-le donc à demander d'abord la « socialisation » des fortunes juives.
(1) Cette affaire se trouve relatée dans la Terreur Juive.
Le rapport de M. Lucien Roland au Conseil National du Parti Socialiste sur l'Election de Florac a été publié in extenso dans L'Avant-Garde socialiste, syndicaliste et révolutionnaire du 29 octobre 1905, et falsifié dans le Socialiste du 28 octobre 1905. VHumanité n'en a jamais parlé.
Prenez-ie dans ce dilemme :
« Ou bien la question juive est une question religieuse, et le Consistoire, l'Alliance Israélite, la Synagogue, les cent mille Juifs campés en France forment une Congrégation plus formidable que toute la feue Congrégation romaine : alors la logique impose la reprise des biens de la Congrégation juive, comme corollaire de la reprise des biens de la Congrégation romaine. Si la République refuse de l'exécuter, elle proclame ouvertement qu'elle est l'esclave de la Juiverie, l'instrument aveugle de la Synagogue contre l'Eglise.
« Ou bien la question juive est une question de race, une question nationale. Dans ce cas encore, le bon sens commande de reprendre, de « socialiser », de « nationaliser » d'abord la portion de richesse détenue en France par une horde d'Asiatiques. Elle en vaut la peine. On estime que les Juifs campés chez nous détiennent plus de soixante milliards. Comme ils sont arrivés sans un pfennig, portant la besace et vendant des peaux de lapins, ces soixante milliards proviennent du sol français, du travail français, de l'épargne française ; ces soixante milliards ont été extorqués aux Français par les Hébreux à force de banqueroutes, de krachs, de filouteries et d'escroqueries ; ces soixante milliards doivent faire retour à la nation. C'est la constitution d'une fameuse Caisse des retraites ! »
Et quand vous soutiendrez cette thèse, vous au-
rez la joie d'entendre le socialiste collectiviste révolutionnaire défendre immédiatement la propriété privée.
Il expliquera aux ouailles de la Sociale que les Juifs ne sont pas des capitalistes comme les autres, que la fortune juive n'est pas une fortune destinée à la socialisation, qu'il est louable de dévaliser les propriétaires français, mais qu'il serait sacrilège de faire rendre gorge aux voleurs hébreux.
Vous aurez alors beau jeu pour faire comprendre au Populo le mécanisme de la Sociale ; vous lui rappellerez que la bande Jaurès, le Parti unifié, VHumanité et ses satellites vivent des subsides juifs ; que Rothschild, les Reinach, les Dreyfus, les Lévy-Briihl ont fondé VHumanité tout exprès pour obtenir un sauf-conduit en cas de révolution, et pour préserver la fortune juive du pillage qui anéantira les fortunes françaises.
Les pires explûifeurs
de la classe cwmère.
(( Qu^importent les victimes! »
UHumanité du 27 mars 1913 donnait une consultation aux femmes socialistes unifiées « Pour n'être pas trop grosses ». Elle leur recommandait de « susciter d'abondantes transpirations ».
M. Jaurès et ses acolytes ont précisément importé en France le sweating System, c'est-à-dire le « système de la suée », l'exploitation à outrance, l'exploitation à mort des ouvrières.
UEnquête sur le vêtement à Paris, publiée par l'Office du Travail, les études de M. Charles Benoist (Uouvrière à Vaiguille) et de M. d'Haussonville [Salaires et misères de femmes) n'ont rien enregistré de plus atroce que la condition des femmes, des jeunes filles, des enfants, que M. Jaurès faisait travailler pour son magasin des
Gent-Mille-Paletots, annexe de la Petite République socialiste.
Il a fallu attendre jusqu'en 1913 pour que la Chambre votât une loi destinée à protéger ces victimes de la rapacité socialiste.
Au premier étage, dans son cabinet directorial, M. Jaurès vendait des croix, des places, des grâces, des concessions. Au rez-de-chaussée, il offrit :
Un magnifique costume complet, cheviote indéchirable, pour 16 fr. 50.
Un superbe chapeau de feutre souple, forme Van Dyck, pour 2 francs.
Les porteurs de Bons pour le costume complet auront droit également à des primes-couverts :
6 cuillères, 6 fourchettes, 6 cuillères à café pour 3 fr. 25 les 18 pièces ;
Avec une louche dans un élégant écrin, pour 3 fr. 50.
Elégant collet, drap cuir, garanti pure laine, avec application drap, 8 fr. 50.
Boîtes de parfumerie, 6 flacons en charmant écrin, 3 fr. 95.
Couvre-pieds satinette. 14 fr. 50.
Et des costumes de cyclistes, et des costumes d'automobilistes, et des chaussures : le Gracieux, à 6 francs ; le Chéri, à 8 fr. 50 ; le Coquet, V Amazone, V Idéal, etc., etc.
Une demi-page du journal « socialiste » était consacrée aux indications pour prendre les mesures, envoyer les commandes, etc.
Or, les ouvriers tailleurs démontrèrent que les costumes vendus par M. Jaurès au prix de 16 fr. lui coûtaient 8 fr. 50. Un costume complet pour 8 fr. 50, cela m.et, paraît-il, le salaire des confectionneurs à 0.14 centimes V heure.
Le scandale était encore plus grand pour la fabrication du Chapeau Citoyen, que M. Jaurès payait 10 francs la douzaine rendue en magasin, et revendait 2 francs pièce. A la manufacture, le salaire des ouvrières était de 0.75 à i fr. par jour, par douze ou treize heures de travail.
Le citoyen Jaurès résolut bientôt d'ajouter une branche à son commerce. Il annonça, avec force détails, une grande mise en vente de vins rouges et vins blancs, à des conditions extraordinaires.
Mais les marchands de vins se fâchèrent ; ils montrèrent les dents ; et le citoyen Jaurès ferma sa boutique de mastroquet.
Ne pouvant se faire chand de vins, le citoyen Jaurès resta chand d'habits. Le petit commerce parisien, victime de la concurrence des Cent Mille Paletots, et les ouvriers, victimes de l'avilissement des salaires, tentèrent à leur tour une protestation.
A la Bourse du Travail, les Chambres syndicales de la chapellerie, de la cordonnerie, des tailleurs et couturières, des coupeurs et chemisiers, votèrent à l'unanimité un ordre du jour contre le Décrochez-moi ça socialiste et contre son tenancier. Le Prolétariat fut supplié de mettre à l'index et le journal et le magasin annexe.
<j^ LA SOCIALE
Mais les « Prolétaires conscients » ne répugnaient nullement à profiter de l'exploitation de leurs frères. Ils continuèrent d'acheter les produits confectionnés à des prix de famine.
Le citoyen Jaurès, qui avait d'abord pris peur et qui avait donné sa parole de cesser l'infâme trafic, se rassura promptement. Il offrit de
NOUVELLES Primes populaires
Pardessus Président, croisé, noir et bleu, col velours, doublé tartan : 10 fr.
Chapeaux Citoyen, feutre souple, nouv. modèle, noir, gris, marron : 2 fr.
Complets Veston, droite cheviotte garantie, noir, bleu, gris, beige, marengo, façon soignée, épaulettes américaines : 18 fr.
Corsage, croisé noir et bleu, grand teint, qualité supérieure : 2 fr. 75.
Cotte toile et croisé bleu, grand teint, garantie à l'usage : 1 fr. 95.
Complets enfants, costumes, blouse et quartiermaître, culotte courte, molleton fort, bleu, gris, beige : 2 fr. 75.
Et des bracelets, des montres, des pendules, des couverts, du savon, de l'eau de mélisse, de l'eau dentifrice, des chaînes gourmettes, des mouchoirs, serviettes, couvertures, draps de lit, toiles à matelas, tapis de table artistiques [sic), chemises de flanelle à 2 francs, chemises blanches à 2 fr. 25...
Pour les ouvrières libres, ces pardessus, chapeaux, corsages, ces chemises à 2 francs, ces costumes complets à 2 fr. 75, représentaient des salaires de 6 â: 8 centimes Vheure en certains cas, 12 à 15 centimes dans les cas les plus favorables. Mais une grande partie des objets devaient être fabriqués dans les fameux ouvroirs du Bon- Pasteur ou des Ursuiines, et dans les ouvroirs de Saint-Lazare.
Quand une ouvrière gagne 15 à 22 sous par jour pour douze à quatorze heures de travail, comment pourrait-elle subsister ? M. Jaurès lui suggérait une ressource supplémentaire : la prostitution. Il la jetait fatalement au trottoir. Double profit : lorsqu'elle tombait dans les filets de la police des mœurs, elle allait travailler, à Saint- Lazare, à plus bas prix encore.
Chaque fois que le citoyen Jaurès avait besoin d'approvisionner un rayon de son magasin, la police parisienne faisait une rafle. Après chaque rafle sur les trottoirs parisiens, l'apôtre annonçait « des occasions exceptionnelles » aux Cent Mille Paletots (1).
(1) Ordre du jour voté à la Bourse du Travail, à runanimité, par la Fédération des chapeliers de France, la Chambre syndicale de la cordonnerie parisienne, la Chambre syndicale des tailleurs et couturières de la Seine, la Chambre syndicale des coupeurs, chemisiers, faux-cols et lingerie.
<( Les travailleurs syndiqués, répondant à l'appel
^6 l'A SOCIALE
UHumanité n'a pas continué ce commerce ; mais elle montre toujours la même sollicitude pour le sort de la femme pauvre... et pour le développement de la traite des blanches.
En août ^913, on pouvait lire dans le journal socialiste qui dénonce la corruption bourgeoise des annonces de ce genre :
Au bal Tabarin, toutes les joies et toutes les folies régneront pendant le somptueux gala. Grand défilé, caar de la Débauche...
Au bal Tabarin, grand concours de maillots, où nos plus jolis modèles et nos plus gracieuses parisiennes feront admirer leur superbe académie. Char des jolies ondines, leçons de natation pour dames, apothéose des lauréates. Retenir ses loges.
« Nous ne sommes pas des ascètes ! » avait posé en principe le châtelain de Bessoulet. Avec
des organisations protestataires, réunis le 21 septembre à la Bourse du Travail, protestent énergiquement contre Texploitation éhontée que fait le journal la Petite République Socialiste, en vendant au public des produits dits (( primes », alors qu'elle ne fait qu'exploiter la consommation publique ;
« Déclarent la mettre en demeure de cesser cette vile exploitation et de ne vendre que des produits revêtus de la marque de connaissement ;
(( En outre, ils invitent le prolétariat conscient à mettre cet organe à l'index et se prononcent affirmativement pour le flétrir avec sévérité. ^»
les ouvrières des Cent Mille Paletots qui préfèrent la prostitution au suicide, M. Jaurès recrute le personnel du lupanar Chevalier et la figuration du Bal Tabarin.
La Grève des Cheminots (1910), rappelée au chapitre précédent, est un autre épisode de l'exploitation sans merci du troupeau ouvrier par les forbans socialistes.
Le « quHmportent les victimes ! » de M. Jaurès est un des mots les plus sinistres et les plus significatifs qui aient jamais été lâchés par un malfaiteur.
Les deux cheminots qui l'ont recueilli avaient quitté leur femme et ieurs enfants pour se jeter dans la lutte ; ils couraient au-devant de la révocation et de la misère ; ils appréhendaient la famine et la souffrance pour leur famille, pour des milliers de leurs camarades.
Quand ils exprimèrent timidement (mars 1911, La vérité sur la Grève des Cheminots, par Grandvallet, trésorier du Comité de grève), leur surprise, leur effroi devant le spéculateur impitoyable, M. Jaurès les traita de menteurs, de calomniateurs, et les accusa de se prêter aux desseins de perfides intrigants ! Car il ne redoutait pas la grève, lui. Sa famille était assurée d'un confortable lendemain dans le château de Bessoulet ou dans la villa de Passy, avec quelques cents mille francs de revenus avoués ou inavouables.
Au Congrès des Cheminots de 1911 (séance du 4 août), le cheminot Lemoine déposa :
L'ordre de grève fut rédigé par M. Pierre Renaudel, administrateur de VHumanité.
Nous le signâmes d'emblée, sauf le camarade Toffin, qui ne s'y résolut qu'après s'être fait vivement prier.
Voilà ce qu'on appelle un « mouvement ouvrier » : quatre mille ouvriers jetés sur le pavé par un vétérinaire marchand de papier, factotum d'un bandit de Bourse et de Parlement.
Qu'importent les victim.es ! Grève, chasse aux renards, ruine du pays, « machine à bosseler, chaussette à clous », assassinats, enfants et femmes sans pain, ce sont des détails qui ne suscitent « une pitié grossière » que dans « les âmes faibles ».
Avant tout, il fallait réussir le coup de Bourse sur les valeurs de chemin de fer, et gagner le salaire de Berlin en paralysant la mobilisation.
Résumant les conséquences de la grève, VHumanité du 7 novembre 1910 constatait :
Avec les événements de ces derniers mois..., le tirage de cent mille est non seulement définitivement consolidé, mais encore de beaucoup dépassé.
Catastrophe publique : une aubaine pour les naufrageurs !
Le Parti socialiste unifié est un syndicat d'affameurs du peuple.
Dans la Revue Socialiste (nov. et déc. 1890), M. Gustave Rouanet, fidèle lieutenant de M. Jaurès, dénonçait avec violence les spéculateurs, accapareurs, affameurs juifs et métèques ; il disait :
On conviendra que Talimentation de la France est entre des mains singulières, quand on saura la nationalité de ces importateurs.
Voici en effet leurs noms avec leur nationalité : Ephrussi {Russe) ; Thalmann frères et Cie {Prussiens) ; Dreyfus frères et Cie (??) ; Louis Dreyfus et Cie {français ?) ; Négropontes {Valaque) ; Ledru et Cie {Français) ; Waller frères {Prussiens) ; Bemberg et Cie {Allemands) ; Collet {Français) ; Herkelbpnt {Belge) ; Grands Moulins de Corbeil (??).
Nous avons classé sous la rubrique de deux points d'interrogation ignorants, la nationalité des Moulins de Corbeil, parce que naguère, M. Erlanger était à la tête de ces Moulins. Il n'y est plus aujourd'hui. Mais y a-t-il perdu toute influence ? C'est ce que nous ne savons point et dont nous doutons fort, à vrai dire.
Le Juif Erlanger, mort, a été remplacé à la tête des Moulins de Corbeil par le Juif Baumann.
Quant au Juif L.-L. Dreyfus, que la bande Jaurès dénonçait en 1890 comme rastaquouère, accapareur, affameur..., il est devenu simplement le principal commanditaire du citoyen Jaurès et de VHumanité socialiste révolutionnaire (S.F.I.O.). Le citoyen Jaurès lui a vendu d'abord son mandat de député « socialiste » ; lui a vendu ensuite
8o LA SOCIALE
des privilèges télégraphiques d'une importance capitale en Bourse ; lui a vendu encore la cravate de commandeur de la Légion d'honneur...
En 1890, le Juif Dreyfus était « un forban, un requin, un scélérat », Ayant arrosé le Jaurès, il est devenu un frère, un camarade, un cher Israélite.
Et le Prolétariat stupide, payant son pain cinq sous la livre, braille dans les meetings : <- Vive Jaurès ! Vive Dreyfus ! »
Pendant que le Dreyfus de VEumanité provoque par ses accaparements la hausse du blé, le Turot, de la Petite République socialiste et du groupe municipal socialiste, organise la hausse des cafés pour le compte du « Comité de valorisation » Sud-américain.
M. Jaurès excelle à tirer plusieurs moutures du même sac.
Après avoir obligé les ouvriers de se mettre en grève pour réussir ses coups de Bourse, il organise des souscriptions pour les familles sans pain, — et il prélève une forte part des aumônes recueillies.
La preuve en fut faite naguère dans le Petit Sou par les socialistes du P.O. F. et du P.S.R. qui collaborent aujourd'hui à VEumanité. Leur témoignage ne saurait être contesté !
Le journal du citoyen Jaurès avait ouvert une souscription pour nourrir les femmes et les enfants des grévistes du Creusot. La souscription
LES PIRES EXPLOITEURS DE LA CLASSE OUVRIERE Si
produisit 25.800 francs. Les grévistes ne reçurent que 23.500 francs. Le citoyen Jaurès avait « étouffé » dix pour cent. Il avait volé le pain d'une population affamée pour mener « la vie large ».
Après dix-sept mois de résistance, et pour arrêter le scandale que déchaînait le Parti socialiste de France, le futur directeur de V Humanité paya. Il allégua qu'il avait gardé les 2.300 francs manquants « pour frais de lancement de la souscription ». Mais sa restitution était l'aveu du vol.
La férocité du chef provoque la férocité des subalt-ernes.
En juillet 1913, le Syndicat des Typographes lyonnais, par 300 voix contre 26, décida en principe d'interdire le métier aux femmes, prononça l'exclusion d'une femme qui l'exerçait depuis quinze ans, prononça en outre l'exclusion du mari de l'excommuniée, parce qu'il n'avait pas interdit à sa femme de travailler dans les imprimeries.
Hein ? le droit au travail ! le droit à la vie ! le droit de la femme ! Belles blagues, pour les boniments électoraux. F,u fait, la ?jprviiudo rt la mort.
En avril 1910, grève des inscrits maritimes de Marseille, pertes énormes des armateurs et du commerce ; les inscrits se solidarisent avec l'équipage du Moidouya, qui ne veut pas souffrir la présence à bord d'un chfxuffeur arabe de Djibouti, Français de nationalité, mais appartenant
à une « race non civilisée ». Dans tous les ports de la Méditerranée et dans toutes les exploitations minières de Meurthe-et-Moselle, coups de revolver et coups de couteau sur les Italiens et les Slaves qui font concurrence aux ouvriers socialistes internationalistes de France.
kein ? la fraternité des peuples ! l'internationale ouvrière ! la S.F.I.O. ! Belles blagues, pour les boniments électoraux. En fait, la haine et la guerre.
Entre ouvriers français, M. Jaurès et VEumanité ont inventé la Chasse aux Renards, avec « chaussettes à clous et machine à bosseler ».
Les ouvriers qui tentent, pour nourrir leurs femmes et leurs enfants, d'enfreindre les ordres de grève — même quand les ordres ne sont pas rédigés, comme pour les cheminots, par l'administrateur de VHumanité — sont exposés aux pires sévices, aux plus outrageantes humiliations, souvent à la mort. (Voir le chapitre Un Parti d'assassins).
Des hommes, des citoyens, des ouvriers français, sont saisis par les bandes de VHumanité, séquestrés, roués de coups, ligottés ; on les soufflette, on leur crache au visage, on les assomme. Les journaux ont été remplis à diverses reprises, notamment au mois de juillet 1910, par la description de telles scènes.
Les socialistes déclament à toute occasion contre les traitements qu'un chaouch inflige aux repris de justice dans les corps disciplinaires, ou
qu'un Cosaque inflige aux forçats russes dans le fond de la Sibérie. Mais c'est en France, à Lyon, à Paris, sous nos yeux, que les gens de M. Jaurès et de VHumanité traquent, assomment, assassinent d'honnêtes Français, de laborieux prolétaires.
VHumanité a gardé obstinément le silence sur les scandales de la Verrerie ouvrière d'Albi. Tous les autres journaux ont révélé non seulement les tripotages financiers et les fraudes de cette entreprise, mais les règles féroces que les Socialistes dirigeants y avaient imposées pour exploiter à mort les apprentis et les jeunes ouvriers.
La « Cité future socialiste », ce serait le bagne, ce serait Biribi.
Rien n'ouvre les yeux aux dupes de VHumanité.
Depuis 1871, le prolétariat parisien avait regardé le général de Galliffet comme le plus cruel des égorgeurs ; sur le général de Galliffet se concentraient toutes les haines, et c'est lui qu'on accablait de malédictions au Mur des Fédérés, à chaque commémoration de la Semaine sanglante.
Quand M. Jaurès et ses acolytes n'émargent point au Fonds secrets et qu'ils sont dans l'opposition, ils vont manifester au Père-Lachaise. Ils prennent la tête du cortège, crient « Vive la Commune ! » et jurent de venger « leurs glorieux morts ».
Mais durant tout le ministère Waïdeck-Mille-
84 t-A SUClALh:
rand, ils ont soutenu de leurs votes le général de Galliffet au pouvoir, et ils se sont bien gardés de prendre part aux manifestations en l'honneur de la Commune.
Quand le ministère Waldeck-Rousseau s'était constitué, une réunion des chefs socialistes avait eu lieu dans les bureaux de la Lanterne pour décider si le camarade Millerand accepterait un portefeuille avec Galliffet. Le général de Galliffet avait égorgé les combattants de la Commune, leurs femmes, leurs enfants, par milliers. L'avocat Waldeck-Rousseau avait été l'homme de Rességuier contre les ouvriers de Carmaux, c'est-àdire contre les propres électeurs de M. Jaurès. Le camarade Millerand déclara qu'il entrerait dans le ministère Waldeck-Galliffet si M. Jaurès et sa bande s'engageaient à soutenir Waldeck et Galliffet de leurs votes quoi qu'il advînt.
L'engagement fut pris, et tenu pendant trois ans, jusqu'au jour où il plut à Waldeck-Rousseau de quitter le pouvoir. Pendant trois ans, moyennant une copieuse distribution de places, de fonds secrets, de croix à vendre, d'affaires à monnayer, M. Jaurès et sa bande approuvèrent dans leur journal et par leurs votes les expulsions, arrestations, perquisitions arbitraires, les fusillades d'ouvriers à la Martinique et à Chalon. « Simples incohérences », écrivait M. Jaurès.
r^e 29 octobre 1903, sous le ministère Combes, la Bourse du Travail fut envahie une seconde fois et mise à sac par la police. Le préfet Léi:>ine
LES PIRES EXPLOITEURS DE LA CLASSE OUVRIÈRE 8o
et ses agents déployèrent une telle brutalité que la plupart des comptes-rendus prirent pour titre : Le Carnage de la Bourse du Travail. Sous aucun régime, les ouvriers n'avaient été traités de la sorte.
A la séance du 30 octobre, interpellé sur ces violences, le Gouvernement demanda l'ordre du jour pur et simple, qui équivalait dès lors à une approbation. Trente-deux socialistes le repoussèrent. M. Jaurès, ses acolytes Rouanet, Gabriel Deville et toute leur bande, avec le centre et la droite, votèrent Tordre du jour pur et simple.
Car le ministère Combes octroyait, sur les Fonds secrets, jusqu'à 35.000 francs par mois au directeur de V Humanité.
Quelques semaines plus tard, la campagne contre les Bureaux de placement donna lieu à de nouveaux exploits de police. Le ministère Combes fit empoigner dans leur lit quatre chefs de syndicats, les accusant de « complicité de pillage en bande ». En même temps, le bruit « se répandait » que la Bourse du Travail était subventionnée par les nationalistes.
La Commission confédérale de la C. G. T. fit une enquête sur l'origine des accusations infamantes ; et dans la Voix du Peuple, elle déclara expressément que la calomnie avait pour auteur et pour propagateur M. Jaurès.
Les Prolétaires conscients ont vraiment la mémoire courte, ou l'intelligence bouchée.
N'ont-ils pas suivi, les évolutions de la bande Jaurès au sujet du tsar ?
Sous les ministères Waldeck et Combes, la bande recevait sa part des commissions sur les emprunts russes. Alors Nicolas II était « le jeune et grand souverain pacificateur » (Discours Jaurès, Congrès de Tours). Le 8 octobre 1903, M. Jaurès, en trois colonnes de la Petite République socialiste, exhortait les socialistes d'Italie à faire au tsar un bon accueil
Les ministères changent : les pots-de-vin coulent ailleurs ; aussitôt Nicolas II devient « le pendeur de toutes les Russies », l'infâm.e bourreau ; M. Jaurès l'insulte du haut de la tribune ; VEumanité invite les ouvriers de Cherbourg à l'assassiner s'il débarque sur notre sol démocratique.
Et avec le roi d'Italie, quelle impudente comédie !
En octobre 1903, M. Jaurès est vice-président de la Chambre ; il marche entre deux haies de soldats en armes. Il festoie à, l'Elysée avec le Roi et la Reine d'Italie. Le moniteur de la Sociale, une semaine durant, consacre six colonnes à l'énumération des « faisans truffés sur canapé, poulardes à la Richelieu, ananas Pompadour, spooms au Lacryma-Christi », que dégustent « notre ami Jaurès et la citoyenne Jaurès » en compagnie de Leurs Majestés, de la duchesse d'Ascoli, de la comtesse Guicciardini, du comte Falsrari, du capitaine Leonardi di Casalino y Pismenzo et des autres gentilshommes du Roi.
LES PIRES EXPLOITEURS DE LA CLASSE OUVRli,RE 87
La timide protestation du Comité interfédéral du P. S. F. est étouffée. Le bon vieux Amilcare Gipriani est plongé dans une oubliette. Le Groupe socialiste parlementaire, réuni au Palais-Bourbon sous la présidence du citoyen Bouhey-Allex « approuve la participation du citoyen Jaurès aux fêtes du Roi d'Italie ». (Ordre du jour cité par V Action, 28 oct. 1903, et supprimé dans la feuille socialiste) .
Soudain, la scène change. Plus de vice-présidence, plus de fonds secrets, plus de galas, plus de ripailles !... Alors on tire de son oubliette le bon vieux Amilcare Gipriani, pour flétrir le fusilleur de Milan et pour demander l'extermination de la Maison de Savoie (1).
(1) Avant les royales agapes, le Comité interfédéral du Parti Socialiste Français avait voté cet ordre du jour :
Le Comité... affirme hautement ses sentiments de solidarité à l'égard de toutes les victimes du roi d'Italie, et invite les militants, les élus du Parti socialiste français à se tenir à Vécart de toutes les manifestations humiliantes dont sa venue est l'occasion, scnis peine de déchoir aux yeux du prolétariat révolutionnaire.
M. Jaurès mit cet impertinent factum dans sa corbeille à papier, enfila son habit, astiqua les diamants de la dame de Bessoulet et se rendit à l'Elysée pour festoyer avec Leurs Majestés le Roi et la Reine.
Le Comité interfédéral, etc., baissa le nez.
Et le 27 octobre 1903, le groupe socialiste du Parlement approuva son patron.
L^ Populo ne s'étonne jamais, obéit toujours, braille ou se tait, s'élance ou s'arrête au commandement — à la cravache !
Exemple : l'incident Ferrer (1907).
Un mois avant la mort de Ferrer, le Prolétariat ignorait le nom et l'existence de ce Franc- Maçon millionnaire, aux amours diverses et lucratives. Instantanément, un ordre court dans les comités ; les caporaux et les adjudants de la Sociale crient : « En bas tout le monde ! » Lre Prolétariat manifeste.
Arrive le l''' mai iOlO. C'est bien le cas de manifester, car la fête ouvrière coïncide cette fois avec la présence d'Aristide Briand au ministère et avec l'agitation d'une période électorale. Tout le monde le comprend. La presse socialiste part en campagne ; VHumanité mène le branle. Jamais l'occasion ne sera plus favorable pour une démonstration décisive.
Mais au premier tour de scrutin, fin avril, M. Jaurès est mis en ballottage à Carmaux par un radical. Il est battu d'avance... Un marché se négocie avec le ministère. Que VHumanité empêche la manifestation menaçante, et le concurrent radical de M. Jaurès se désistera par ordre. Ainsi conclu. U Humanité déconseille ce qu'elle conseillait la veille : « Camarades, ne courez pas au massacre ! Vous seriez exterminés ! Terrezvous prudemment ». La manifestation n'a pas lieu, le candidat radical « est désisté ». M. Jaurès reprend le mandat auquel il fait suer de l'or.
Le Prolétariat conscient avait été mobilisé, puis remisé au magasin des accessoires, à l'occasion du l'"" mai, avec autant de facilité qu'on l'avait lancé dans la rue à propos de l'inconnu Ferrer.
Les cheminots, jouets pitoyables de M. Jaurès et de sa troupe dans leur grève de 1910, n'avaient pas même profité de lexpérience des Postiers.
Il y a eu deux grèves des Postes.
La première éclata au printemps de 1906. Elle fut sabrée en un clin d'œil par M. Barthou. Un ordre du jour du Parlement approuva l'énergique répression. Et cet ordre du jour fut présenté à la Chambre par qui ?
Par le citoyen Gabriel Deville, affidé de M. Jaurès, rédacteur de VHumanité, député socialiste unifié, qui reçut comme salaire un consulat général (à Athènes).
La seconde grève fut déclarée au printemps de
Le procès-verbal du Comité de grève a enregistré les démarches officieuses et les offres qui furent faites auprès des Postiers, de la p^rt du ministère Clemenceau, pour faire avorter le mouvement — par qui ?
Par le banquier juif L.-L. Dreyfus, cent fois millionnaire, commanditaire principal de VHumanité, à qui le trio Jaurès-Rouannet-Pressensé avait vendu 100.000 francs le siège législatif de Florac, et qui avait obtenu par VEumanité le privilège inouï que les télégrammes de sa banque
fussent assimilés aux télégrammes d'Etat — ce qui vaut des millions en Bourse !
Les hommes politiques du Parti socialiste, eux, savent à quoi s'en tenir sur M. Jaurès.
Dans la nuit du 12 au 13 octobre 1910, les émissaires de l'Humanité vinrent réveiller Jules Guesde ; ils le prièrent de se rendre aux bureaux du journal, et de « figurer » dans la mise en scène organisée pour l'arrestation du comité de grève des Cheminots.
Jules Guesde refusa net. Jules Guesde a. été en France l'apôtre du socialisme ; il est resté propre ; il a gardé sa dignité intacte ; il ne s'est jamais compromis dans les tripotages, les chantages et les filouteries de la bande Jaurès ; même après la comédie honteuse de l'unification, il n'a pas voulu écrire dans VHumanité. Il n'était pas disposé à faire le pitre pour un « lancement de papier sensationnel. »
Mais le peuple ne voit rien, ne comprend rien.
Il ne s'est pas seulement aperçu des liens étroits qui ont uni M. Jaurès et M. Lépine, préfet de police.
Aux manifestations du Père-Lachaise, M. Lépine et l'administrateur de VHumanité faisaient ensemble trotter le vague troupeau des pseudo- Communards.
VHumanité a été d'abord logée chez M. Lépine.
M. Jaurès a obtenu de présider la commission
d'enquête sur l'affaire Lépine-Rochette, afin de sauver son compère.
C'est sur l'avis de M. Jaurès que M. Lépine est renu dans les bureaux de VHumanité empoigner le Comité ouvrier de la grève des Cheminots.
Quand M. Lépine envahissait la Bourse du Travail et faisait assommer les chefs syndicalistes, c'est M. Jaurès et ses caudataires qui votaient à la Chambre un ordre du jour d'approbation.
En août 1913, la presse entière abondait en détails sur les chantages, les escroqueries, les violences, les abus sans nombre, commis par la police, et surtout par les agents en bourgeois. UHumanité fît chorus contre les petits policiers, contre les coquins subalternes. Jamais elle ne mit en cause M. Lépine, le chef, l'auteur de tout le mal — aussi entièrement responsable des infamies de son personnel que M. Jaurès est responsable des infamies de VHumanité.
Imaginez ce silence d'un journal révolutionnaire, au sujet des méfaits et des crimes du préfet de police, sous l'empire, ou sous Mac- Mahon, ou seulement sous Grévv I Quels soupçons ! quelles accusations dans le Parti !
Sous le ministère Combes, M. Jaurès étant président du Conseil « sans portefeuille », le journal républicain espagnol El Pais fut interdit en France ; les députés républicains espagnols Lerroux, Junoy, Ibanez, Soriano, furent menacés d'expulsion s'ils prenaient la parole en France. Le Parti socialiste approuva le gouver-
nement français. Tout ce qu'il réprouve avec fureur sous les ministères qui n'arrosent pas les tribuns, la Sociale l'approuve sous les ministères plus généreux.
Le Prolétariat « conscient » ne bronche pas ; il est dressé.
<? Haut idéal »
Chantages. Concussions. Trafics d'influence.
Le lecteur est prié de croire que les mots sont employés ici dans leur sens exact : dans le sens que leur donneraient les réquisitoires du Parquet, s'il y avait une Justice contre les politiciens.
Des chantages, concussions, trafics d'influence à la charge de M. Jaurès et de sa bande, nous n'avons noté que les cas les plus avérés, les plus caractéristiques. Un volume ne suffirait pas au dossier complet.
Ayant fondé son Parti dans le lupanar de la fille Chevalier, avec le souteneur Gérault-Richard, M. Jaurès en formula le programme dans la Petite République socialiste :
Nous ne sommes pas des ascètes, écrivit-il. Nous
vcmlons la vie large.
g/J LA SOCIALE
Et, dans son Histoire socialiste, il s'efforça de justifier le système par des exemples fameux :
Jamais la Convention ne fut plus grande qu'en 1792 et en 1793, quand elle abattait la royauté, brisait la Contre-Révolution, suscitait et armait des millions d'hommes, défiait ou libérait l'Europe esclave et s'immolait elle-même pour assurer la nécessaire unité d'action.
Or, il n'y eut jamais plus de gaspillages, plus de voleries, plus de spéculations coupables.
... Si nous entrions dans la sociologie profonde de M. Drumont, nous devrions conclure que, dès 1792, la bourgeoisie était condamnée. Mais cette large tare de corruption n'a pas empêché la bourgeoisie révolutionnaire d'accomplir son œuvre historique...
Conclusion : les filouteries, les chantages, la curée de la fortune publique, l'orgie crapuleuse aux frais des pauvres dupes, sont l'indice qu'une grande œuvre s'accomplit.
Et quand il vient à parler de Mirabeau, son modèle en vénalité, son modèle en puffisme, son modèle en effronterie, le directeur de VHumanité — si bien nommé le Mirabeau des mufles — entreprend avec ardeur leur commune justification :
« On souffre à lire le petit billet où Louis XVI parle du grand homme comme d'un intrigant qu'il paie fort cher ; évidemment en acceptant ou même en sollicitant cette mensualité royale, Mirabeau avait affaibli d'avance l'effet de ses conseils sur le
gS
Toi. Ses dettes Favaient acculé ; il se débattait contre des embarras d'argent implacables, et il se dii5ait à lui-même, pour consoler sa fierté secrètement meurtrie, qu'en se délivrant de ces soucis qui l'obsédaient, il pourrait se donner tout entier à la Révolution ». {Histoire socialiste, I. 366).
Quand « la fierté secrètement meurtrie » du directeur de VHumanité le fait souffrir, il se console : s'il a tapé à toutes les caisses, mangé à tous les râteliers, exploité tous les Fonds secrets et toutes les caisses noires, c'était pour avoir le moyen... de se donner tout entier à la Révolution !
M. Jaurès a-t-il besoin d'argent ? Il va trouver le premier personnage dont il suppose la caisse bien garnie et lui met le pistolet sur la gorge. Exemples :
Au moment où M. Gérault-Richard (prisonnier pour outrage au Président de la République), était candidat dans le xm®, il fallait de l'argent pour la campagne électorale et pour la Petite République socialiste. M. Jaurès courut à Bruxelles relancer Henri Rochefort, alors exilé par jugement de la Haute-Cour, qu'il supposait capable d'obtenir une part sur les millions versés par la duchesse d'Uzès à la Caisse nationaliste. Henri Rochefort ne put pas Ou ne voulut donner d'argent à M. Jaurès. Durant toute l'affaire Dreyfus, MM. Jaurès et Gérault-Richard traînèrent quotidiennement M. Rochefort dans la boue.
Au début du ministère WaMeck-Mitlerand-Gal-
yO LA SOCIALL
liffet, au théâtre de la Renaissance, où Ton donnait un et gala » dreyfusard, présidé par le camarade Anatole France, trois mille spectateurs virent MM. Jaurès et Gérault-Richard assiéger dans sa loge le multimillionnaire Edwards, ancien directeur du Matin. Ils voulaient lui extorquer des subsides. M. Gérault-Richard faisait le boniment, le gros tribun faisait des courbettes. L'assaut dura tout un entr'acte. M. Edwards ne donna rien : il préféra fonder le Petit Sou pour faire la guerre à Waldeck-Rousseau, avec l'équipe socialiste du Parti ouvrier (P.O. F.) et du Parti révolutionnaire (P.S.R.), c'est-à-dire avec MM. Guesde, Vaillant et leurs amis-
Alors, toute une année, MM. Jaurès et Gérauh-- Richard répétèrent que « les excréments fermentaient dans la bouche du maître-chanteur, faussaire, panamiste, Jésuite Edwards », que ses collaborateurs étaient « gangrenés de syphilis » et qu'ils « s'engraissaient d'un or fangeux ». (Détail piquant : MM. Viviani, Brousse, Rouanet, Fournière, continuaient froidement d'émarger à la Petite République et au Petit Soz/, chez M. Edwards et chez M. Jaurès).
Lorsque fut fondée la deuxième Société de YHumanité, un M. Rosnoblet et sa femme souscrivirent pour 25.000 et 28.000 fr. Au bout de quelque temps, pour des raisons mystérieuses, M. Jaurès voulut éliminer M. et Mme Rosnoblet. Il chercha 50.000 francs. Il s'adressa d'abord à un juge du tribunal de la Seine, M. Georges Bonjean, connu
HAUT roEAL 97
pour subventionner des « œuvres sociales ». M. Bon Jean ne considéra pas V Humanité comme une « oeuvre sociale » et garda son argent. Pendant les mois de décembre 1913 et janvier 1914, VHumanité a consacré de nombreuses colonnes à vilipender le capitaliste récalcitrant. (Voir, sur cette affaire, la Lutte de classe^ sept.-déc' 1913).
Le banquier juif L.-L. Dreyfus avait été l'un des premiers et des plus importants souscripteurs de VHumanité. Tant qu'il arrosa la bande, il put jouer un rôle politique. MM. Jaurès, de Pressensé, Rouanet, lui vendirent le siège électoral de Florac. M. Jaurès lui procura des privilèges « régaliens » sur le réseau télégraphique français. Il servit d'intermédiaire entre le gouvernement et les meneurs des Postiers pour étrangler la grande grève des P.T.T. Mais M. Jaurès coûte cher. M. L.-L. Dreyfus se lassa. UHumanité le prit aussitôt à partie, et déchaîna un scandale pour arracher à son commanditaire les privilèges qu'elle lui avait fait concéder.
La guerre ayant un jour éclaté entre le Matin et VHumanité, M. Jaurès envoya promptement un émissaire chez le distillateur Marnier-Lapostolle, alors en procès avec les associés de M. Bunau-Varilla au sujet de la Chartreuse. M. Jaurès réclamait des sommes pour combattre le commun adversaire. Le distillateur résista. Quelque temps après, M. Jaurès le traitait, à la tribune de la Chambre, comme le dernier des malfaiteurs.
La Ville de Paris même n'est pas à l'abri de ces
agressions. A la fin de 1910, le Conseil municipal avait voté une émission d'obligations de 250 millions. UHumanité se déchaîna contre cette opération... Peu après, à la place de ses attaques, elle publiait un placard pour recommander les nouveaux titres. Les mandataires de M. Jaurès avaient touché 10.000 francs à l'Hôtel de Ville {Guerre Sociale^ 23 novembre 1910).
L'un des « coups » les plus beaux de M. Jaurès a été exécuté contre la finance juive, à la tribune même de la Chambre, à la séance du 21 décembre 1910. Comme M. L.-L. Dreyfus, les Rothschild se fatiguaient des exigences du forban socialiste. Alors M. Jaurès, les visant pour la première fois en public, s'écria :
J'ai le droit de dire que si, aujourd'hui, les grands banquiers dont je parle tiennent dans leurs mains la vie, l'existence, le pain de cinq cents familles de cheminots, il y a douze ans, tous les grands Juifs avaient leur vie, leur existence sociale dans les mains du prolétariat. S'il avait conspiré contre eux avec les passions alors déchaînées, ils auraient été emportés comme une feuille, eux et leur fortune. (Vifs applaudissements à l'extrême-gauche et sur divers bancs à gauche.) — {Journal officiel du 21 décembre 1910, page 3526, l'"^ colonne.)
Ce que toute la presse traduisit, en langage clair :
Quand le socialisme montait comme un parti de
réformation, de révolution, de régénération, les socialistes étaient antisémites, parce qu'ils voyaient clairement dans les Juifs les pires accapareurs de capitaux, et les pires ennemie de la nation.
Nous, les trafiquants de démagogie, nous avons fait marché avec Israël pour détourner de lui le péril.
Nous avons fait dévier le socialisme dans Tintrigue anticléricale, déjà imposée à Gambetta par Bismarck. Nous avons fait croire au prolétariat que l'antisémitisme était une manifestation du cléricalisme catholique. Nous avons déguisé en question religieuse une question sociale, une question natio nale.
Grâce à nous le prolétaire crédule se livre luimême, livre son avenir, livre son parti, livre son pays au Juif que, sans nous, il allait dévorer.
Juifs ! nous vous avons sauvés du châtiment pendant l'Affaire parce que vous nous avez grassement payés.
Mais le Prolétariat commence à se douter que nous l'avons joué.
Payez-nous encore, payez-nous plus grassement que jamais, — partagez avec nous les dépouilles de la France, comme vous avez partagé avec les liquidateurs les dépouilles des Congrégations — ou bien nous vous abandonnons.
La multitude qui nous suit en aveugle, nous la lancerons contre vous ; ou simplement, nous la laisserons à son instinct. L'instinct d'un peuple qui ne veut pas mourir est sûr. Vous êtes perdus... Allons ! mieux vaut payer n'est-ce pas ? »
Les Rothschild comprirent.
UHumanité put se mettre à six pages, engager une troupe de collaborateurs « littéraires », lancer des feuilletons « sensationnels » et faire une réclame intense.
Avec les industriels, avec les commerçants, M. Jaurès procède de la même manière.
Prenons deux exemples-types à dix ans d'intervalle : en 1897, l'affaire des Brasseries parisiennes ; en 1907, l'affaire des Galeries Lafayette ; la méthode est identique.
L'administration municipale de Paris avait acquis la preuve que les brasseries commettaient d'énormes fraudes au préjudice de la Ville, soit en dérobant une partie de leurs brassins au contrôle du fisc, soit en dédoublant leurs bières forcées en alcool. A la suite de l'enquête, les brasseurs avouèrent une fraude de 1.500.000 francs par an ; mais les spécialistes prouvèrent que la Ville avait perdu réellement près de cinq millions par an depuis dix ans ; au total, une cinquantaine de millions.
Au milieu du tumulte de l'affaire Dreyfus, le journal du citoyen Jaurès exploita ce nouveau filon. Il commença, en première page, une campagne terrible contre les brasseurs, annonçant des révélations prochaines et foudroyantes.
Peu de temps après s'étalaient, en quatrième page, les clichés commerciaux des brasseries incriminées. Tarif de publicité très spécial ! Et le citoyen Jaurès publia une nouvelle série d'articles pour expliquer qu'on avait lancé contre la brasserie parisienne des accusations « ineptes », que les
ttAUT|lDEAL toi
accusateurs étaient « les ennemis de Paris^ les stipendiés de la brasserie allemande », etc...
(Les documents de cette affaire se trouvent dans V Histoire d'une Trahison, p. 120-131).
C'est le plus beau spécimen connu de « Campagne arrêtée » : parce que la campagne a recommencé tout de suite en sens contraire !
L'affaire des Galeries Lafayette est de 1907. Les grands magasins font une abondante publicité dans les journaux, et ils espèrent en échange la discrétion sur les incidents fâcheux. Quand il s'agit d'un journal « prolétarien, collectiviste, ouvrier, S.F.I.O., révolutionnaire » comme V Humanité, on souhaite surtout qu'il ne devienne pas l'arme des employés contre les patrons. UHumanité avait donc la publicité du Louvre, du Bon Marché, du Printemps, de la Ménagère, de la Belle Jardinière, etc., etc. Mais elle n'avait pas une annonce des Galeries Lafayette, Pourquoi ? Sans doute parce que MM. Bader et Kahn, directeurs de ce magasin, sont Juifs ; VHumanité étant fondée et soutenue par des capitaux uniquement juifs, il ne semblait pas que sa bienveillance dût être achetée une seconde fois.
Mais avec le citoyen Jaurès, il ne faut pas raisonner de la sorte. « Il n'est pas un ascète ». Une grève éclate aux Galeries Lafayette. Vite le grand jeu : en quinze jours, dix articles fulminants, dix appels pathétiques du camarade Jaurès « à tous les hommes conscients, pour soutenir les travailleurs victimes des capitalistes Bader et Kahn » !
C'était au mois d'octobre. La direction des Galeries Lafayette comprend. Dès le mois de novembre, ses clichés font pendant à ceux du Louvre et du Bon Marché. Dès lors, plus un mot ; plus de grève ; les « revendications des infortunés travailleurs » n'existent plus. Le personnel des Galeries^ comme les peuples heureux, n'a plus d'histoires.
Il y a vingt ans que M. Jaurès exerce cette industrie.
Quand il est arrivé au Parlement, avec sa mine et ses allures de rustre lourdaud, pataud, toujours dégouttant de sueur, le linge douteux, la barbe sale, ses gestes de pingouin aux courts ailerons, et son infatigable voix de crécelle, on s'était moqué de lui — comme on se moque, à l'école, d'un nouveau trop empoté. On baillait à ses harangues ; on l'expulsait de la tribune manu militari.
Mais quand il eut montré son savoir-faire, les coquins les plus réputés du Parlement le regardèrent comme un maître. Et sa maîtrise fut ensuite reconnue par ceux de la presse.
L'art de commencer à grand fracas une campagne de Vérité î Justice ! Lumière ! Haut idéal ! Cité future ! et de l'arrêter net moyennant finances a été poussé au plus haut point de perfection par M. Jaurès à propos de Dreyfus.
L'affaire Dreyfus avait été montée par les Juifs pour sauver leur congénère. Des honnêtes gens avaient suivi, dans une pensée sincère de justice. Des mécontents et des révolutionnaires avaient
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marché, dans l'espoir d'une révolution. Pour le citoyen Jaurès et sa laande, ce fut une entreprise financière ; ils saignèrent les coffres d'Israël ; ils menacèrent la société bourgeoise d'une subversion totale : puis, ayant semé l'épouvante, ils offrirent la paix contre argent.
On a su plus tard que, dans le fort de la bataille, M. Alphonse Humbert, rédacteur en chef de VEclair nationaliste, servait d'intermédiaire entre le Président Félix Faure et le citoyen Jaurès pour négocier les conditions du marché. Deux des principaux collaborateurs du citoyen Jaurès dans sa feuille révolutionnaire, MM. Turot et Pellier, étaient d'ailleurs payés à VEclair, sur les fonds de l'état-major. Un troisième appartenait à la Sûreté générale et avait été, de ce chef, chassé de l'Association des Journalistes républicains.
Les contrats de trahison furent passés, après la mort de Félix Faure, par M. Waldeck-Rousseau, dans une réunion de financiers catholiques ^^. juifs, antidreyfusards et dreyfusards, égalemenl intéressés à la reprise d'autres « affaires ».
MM. Jaurès et Millerand s'engageaient à faire tomber l'agitation révolutionnaire et à berner le Populo socialiste. Ils devaient arrêter les campagnes de presse et de réunions publiques, la campagne anticléricale, la campagne antimilitariste ; ils devaient combattre au Parlement tout ce qu'ils avaient voté naguère, et faire voter par leurs associés tout ce qu'ils avaient combattu : budget des cultes, concordat, ambassade du Vatican,
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fonds secrets, maintien des lois scélérates, service militaire à long terme, maintien du code militaire et des conseils de guerre, expéditions lointaines, massacres et pillages coloniaux, répression des grèves par la force armée. Ils devaient endormir le peuple par des contes de la Mère rOie, répudier la Révolution immédiate pour la Révolution-en-trois-mille-ans, renier Vlnternationale et servir la police russe.
En échange, M. Waldeck-Rousseau octroyait à M. Millerand un portefeuille d'affaires, une part considérable dans les émissions d'emprunts russes et dans les conventions avec les grandes compagnies, un traitement royal pour l'année de l'Exposition, un stock de subsides monnayés, des places, bureaux de tabac, décorations, exemptions et congés militaires pour les électeurs du xn^ arrondissement. A M. Jaurès^ il garantissait l'impunité entière pour tous vols, chantages, es- <îroqueries et trafics d'influence commis ou à commettre dans son journal et dans son magasin, Les Cent mille Paletots.
Le pacte fut « religieusement » tenu ; l'affaire Dreyfus, arrêtée net au moment où elle allait porter ses fruits ; et la bande Jaurès, gavée de profits. '
Le chantage à la Révolution avait réussi, et l'opérateur se trouva sacré prince des maîtreschanteurs.
M. Jaurès arrêta de la même façon, dans VHumaniié comme auparavant dans la Petite Repu-
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blique socialiste, les campagnes qu'il avait fait commencer par ses collaborateurs :
Contre les abus, les gaspillages, les concussions de la Marine, principalement sous le ministère Thomson, VHumanité commençait des révélations étonnantes. Aussitôt, M. Thomson versait une ration de Fonds secrets, couvrait de galons, de croix et d'argent le commandant Marie Jaurès, casait à la rue Royale le camarade Amoretti, Et M. Jaurès disait gravement : « Il faut se garder des conclusions hâtives ».
Contre les massacres d'Arméniens et de Jeunes Turcs par Abd-ul-Hamid. L'organe socialiste se taisait quand Abd ul Hamid avait payé rançon, et décerné la plaque (en diamants) de l'Osmanié au commandant Jaurès.
Contre les complicités parlementaires de l'affaire Marix. Le 25 mai 1909, VHumanité menaçait de « manger le morceau ». Elle mettait au pilori nominativement, comme compromis avec cet autre capitaine juif, dix-huit députés ou sénateurs : « Tout le gratin de la Maçonnerie ! disait le rédacteur socialiste ; toute la fleur du radicalisme ! le Gotha de la rue Cadet ! Les Montmorency de la rue de Valois ! »
Le collaborateur de VHumanité ajoutait :
Pour (( l'honneur du parlementarisme ))j voilà une affaire qu'on ne fera pas mal d'étouffer !
Le lendemain, M. Jaurès, directeur de VHumanité, se chargeait lui-même de l'étouffement :
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« 11 y avait, dans la liste publiée inconsidérément, beaucoup de noms au-dessus du soupçon, les noms de bons républicains qui avaient pu laisser surprendre leur signature et leur recommandation... »
Dans l'intervalle, les Dix-huit avaient simplement menacé M. Jaurès de le faire coucher au Dépôt pour ses chantages et vols personnels. Ils lui avaient rappelé que le silence « à charge de revanche » est le premier article du Code qui régit la Mafia parlementaire.
Arrêtée, la campagne contre les Compagnies d'assurances américaines, qui avaient payé gros (jusqu'à salarier M. Waldeck-Rousseau, chef du gouvernement français, à 100.000 francs par an) pour faire ajourner une réforme législative ; en particulier contre VEquitable des Etats-Unis dont les gabegies fantastiques avaient conduit ses dirigeants sur les bancs de toutes les juridictions criminelles en Amérique.
M. Jaurès négligea d'informer le Prolétariat conscient de ces détails ; mais il appela avec instance
rattention du public sur la composition tout à fait exceptionnelle du conseil d'administration de cette grande Compagnie.
En effet, les plus éminentes personnalités dans le monde de la Finance, de l'Industrie, des Arts, daiis VArmée et dans la Magistrature sont représentées dans ce Conseil d'administration modèle.
La fortune privée de ses cinquante-deux membres représente environ dix milliards de francs. Les capitaux d'affaires réunis des grands établissements qu'ils administrent sont estimés à cent milliards de francs.
Le vice-président de YEquilahle, condamné aux Etats-Unis, fut fait officier de la Légion d'honneur en France par les bons soins de MM. Jaurès et Waldeck-Rousseau (Voir la Guerre Sociale du 31 juillet 1912, confirmant, avec quelques erreurs de détails ce chapitre de VHistoire d'une Trahison).
Le trafic des décorations a toujours été une branche florissante de l'entreprise sociah'ste. On sait que les ministres à court de Fonds secrets octroient à leurs journalistes et députés entretenus des croix, à charge de trouver acheteur.
Le guichet de M. Jaurès est particulièrement achalandé.
Le 17 mars 1894, M. Jaurès avait prononcé un réquisitoire terrible contre M. Wilson, gendre du Président Grévy, et contre M. Edmond Blanc, tenancier de Monte-Carlo : parce que le premier avait fourni une Croix de la Légion d'honneur au second, moyennant une souscription de 100.000 francs à la Petite France.
Mais, depuis ces temps lointains, le monde a marché ; M. Jaurès aussi. UHumanité a remplacé la Petite France, et les commanditaires de
VHumanité sont plus décorés que M. Edmond Blanc.
Monaco et Monte-Carlo, d'ailleurs, sont réconciliés avec le Parti socialiste, et comptent parmi ses plus gros bailleurs de fonds. Des socialistes militants sont casés à Monte-Carlo ; des croupiers de Monte-Carlo sont devenus journalistes de la Sociale ; le Prince et sa Juive fournissent à M. Jaurès des documents secrets et des fonds abondants.
Au Congrès socialiste de Tours (mars 1902), un délégué parisien avait présenté la motion suivante :
Attendu que, depuis quelque temps, il est notoire que certains membres du parti socialiste ont sollicité des décorations de divers ordres.
Attendu que de pareilles sollicitations sont contraires à tous les principes socialistes et ne peuvent que compromettre l'indépendance et la dignité du parti :
1° Il est interdit à tout membre du parti socialiste de solliciter, d'accepter ou de porter une décoration quelconque ;
2° Il est interdit aux élus du parti de recommander ou d'appuyer toute demande de cette nature.
C'était une belle pierre dans la mare aux grenouilles.
Presque toute l'assemblée se composait des agents, racoleurs, courtiers et commis du syndicat Jaurès.
Comment faire pour concilier les principes et le respect des maîtres ?
Un membre du Congrès se leva et déclara « qu'on mettrait les députés socialistes en état d'infériorité vis-à-vis de leurs collègues des autres partis, si on leur ôtait la liberté d'apostiller les demandes de décorations présentées par leurs électeurs ! »
Dès lors, le commerce des croix d'honneur prit un essor merveilleux, les affiliés de la bande Jaurès n'entendaient pas rester « en état d'infériorité vis-à-vis de leurs collègues des autres partis » !
M. Lévy-Briihl, apporteur de la souscription Rothschild à VEumanité, reçut la rosette d'officier pour ce « service exceptionnel ».
L'amitié conquise du tripot de Monte-Carlo entraîna logiquement l'amitié du tripot d'Enghien ; pour empêcher les socialistes d'inquiéter sa maison de jeu, la direction servit à M. Gérault-Richard, acolyte intime de M. Jaurès, un pot-devin de 40.000 francs par mois : ce qui permit à l'ex-apache, devenu châtelain de Gourtoiseau, comme M. Jaurès est châtelain de Bessoulet, de s'établir à son compte en ressuscitant Paris-Journal.
Devant l'offre d'un pourboire, les principes socialistes succombent infailliblement.
Lorsque fut posée, à l'Hôtel de Ville de Paris, ïa question de la concession du gaz ou de l'exploitation en régie, les socialistes devaient évi-
IIO LA SOCIALE
demment faire campagne pour le système de la régie directe.
Pour que la Ville pût reprendre l'exploitation au 31 décembre 1905, il fallait qu'elle eût dénoncé les contrats au 31 décembre 1901. Quatre années suffisaient à peine à la préparation de la régie municipale. La date du 31 décembre 1901 était donc décisive. Et les financiers qui entendaient conserver ou reprendre le monopole du Gaz mettaient tout en œuvre pour que l'opinion publique fût tenue dans l'ignorance de la situation, et pour que la municipalité laissât passer l'occasion unique.
La presse entière se taisait.
Dans l'Aurore du 20 novembre 1901, on s'étonna de rinertie des socialistes. On signalait à mots couverts la complicité « des politiciens qui ne sont pas des ascètes et qui veulent la vie large ». Tout le monde comprenait. Mais le citoyen Jaurès et son journal étaient muets. On revint à la charge les 6, 17, 21, 28 décembre, c'est-à-dire jusqu'à la dernière heure. Ce fut en vain.
Le 31 décembre passa ; la municipalité n'avait pris aucun parti ; la reprise en 1905 était matériellement impossible ; le monopole des financiers était sauf.
Dès les premiers jours de janvier, le citoyen Jaurès recouvra la parole. // n'avait été payé pour se taire que jusqu'au 31 décembre inclus.
Les lois sur la Marine marchande, les primes à la construction et à la navigation, les conces-
HAUT IDKAL III
sions de services postaux, ont été régulièrement l'occasion de « coups de main » fructueux pour la bande Jaurès. Dès 1895, les socialistes s'étaient jetés sur cette proie. En 1897, la banque Péreire, filiale de la banque Rothschild, acheta en bloc la Lanterne et son équipe socialiste, qui était à la fois la rédaction de la Petite République. En échange du silence qui coûta trois cents millions à l'Etat, M. Jaurès et ses gens reçurent de considérables pots-de-vin : la « vie large » commença même avant l'affaire Dreyfus et les distributions du Syndicat juif.
On avait exposé cette affaire dans VHistoire d'une trahison. La Guerre Sociale du 16 août 1911 l'a reprise avec de nouveaux documents, comme l'affaire des Assurances américaines. Le Prolétariat peut donc en croire ses oracles attitrés, socialistes unifiés porteurs de tous les certificats.
Une autre Compagnie d'assurances américaine fit connaissance avec M. Jaurès : celle qui avait assuré la vie de Syveton au bénéfice de sa femme. Tout le parti républicain, toute la presse républicaine, dans l'affaire Syveton, soutenaient la version du suicide, provoqué par la crainte de révélations déshonorantes. Mais la Compagnie avait intérêt à faire condamner Mme Syveton pour ne pas lui verser le montant de l'assurance. A l'effarement du Bloc, le directeur de Y Humanité s'efforça, dans une série d'articles rocambolesques, de démontrer que Mme Syveton avait assassiné son mari.
Avec la virulence qu'il déploie exclu si vem^^nt contre les morts et contre les femmes, M. Jaurè? s'écriait :
Certainement la famille, l'abjecte famille, bien dU gne du personnage, a contribué activement à sa disparition. Et on ne peut guère hésiter à cette heure qu'entre un suicide imposé, sorte d'assassinat indirect, et un assassinat direct, mais l'un et l'autre ayant Mme Syveton comme artisan.
Pendant deux mois, le procureur socialiste de la guillotine continua sur ce ton. Soudain, la campagne cessa : et plus un mot ne fut inséré sur cette affaire. Quelqu'un avait chanté.
La grève des chemins de fer est l'un des exploits les plus grandioses de M. Jaurès.
Les ouvriers ne la voulaient pas. Le cheminot Grandvallet, trésorier du second Comité de grève, a témoigné dans une brochure qu'il fut conduit, avec son camarade Leleuch, chez M. Jaurès par le député Albert Thomas, représentant de la Sociale et de la Bourse, rédacteur de VHumanité socialiste et de V Information financière.
Les deux délégués ouvriers redoutaient, pour leurs milliers de camarades et pour des milliers de femmes et d'enfants, les souffrances de la grève. Mais le politicien ventru et repu, l'hôte des galas élyséens et royaux, le pique-assiettes des comtesses moldo-valaques et des grands ban-
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quiers juifs, imposa la grève en criant : « Qu'importent les victimes ! »
Dans sa brochure, l'ouvrier Grandvallet cherche à s'expliquer pourquoi les Jaurès, Albert Thomas, Renaudel, voulaient absolument condamner à la famine tant de pauvres familles :
A mes reproches véhéments de n'avoir pas attendu la réunion du Comité central de grève, — écritil, — R... me répondit narquoisement que, si cette réunion avait eu lieu, {c^est-à-dire si le véritable élément ouvrier avait été consulté), la grève n'aurait pas été faite.
Il fallait donc, à tout prix, même au risque d'un désastre, que cette grève éclatât ?
Pourquoi ? Mystère.
Mais non, naïf prolétaire, il n'y a rien de mystérieux I
D'une part, M. Jaurès avait les ordres formels de Berlin : la grève des cheminots allait paralyser la mobilisation française dans une période de tension diplomatique.
D'autre part, ayant machiné la grève, ayant fait arrêter dans les bureaux mêmes de VHiimanité, par le préfet Lépine, le comité ouvrier des cheminots pour y substituer un comité de figurants que commandaient les deux Renaudel (le vétérinaire-administrateur de V Humanité it son frère), M. Jaurès et ses acolytes s'étaient engagés à fond en Bourse sur la débâcle des Valeurs de chemins de fer.
La grève, en effet, provoqua un effondrement. Les baissiers de VHurnanité raflèrent un butin formidable. Ils l'auraient perdu, et ils auraient « sauté » si les ouvriers avaient résisté à la pression des politiciens de grand chemin.
Le c( coup » de la grève des cheminots exécuté par M. Jaurès est analogue au « coup » de l'asrestation Rochette, exécuté par le préfet Lépine.
La quantité des millions volés à l'épargne publique fut très supérieure dans le « coup » de la grève.
Quand la Chambre nomma une Commission pour enquêter sur l'affaire Rochette, le président fut M. Jaurès. Tout le régime parlementaire est là. M. Jaurès, auteur et bénéficiaire du coup de la grève, interrogeant M. Lépine, auteur et bénéficiaire du coup Rochette : quelle comédie sinistre ! Mandrin chargé d'une enquête sur Cartouche !
Et le public français en attend patiemment les résultats...
Sous un chef tel que M. Jaurès, on comprend ce que peuvent les subalternes, pris d'une belle émulation.
Les socialistes, à la Chambre et dans VHumanilé, dénoncent comme une gigantesque piraterie l'affaire des gisements de l'Ouenza. Or, le rapporteur de la convention initiale à la Chambre était M. Devèze, secrétaire du groupe socialiste unifié.
Les socialistes dénoncent encore comme une
piraterie l'affaire des Chemins de fer éthiopiens. Or, c'est dans cette Compagnie que M. Lavy, socialiste considérable, trouva l'une de ses trois sinécures.
Au mois de juin 1912, le socialiste unifié Lauche interpelle le gouvernement sur la hausse des blés : cette hausse est l'œuvre du Syndicat international où règne M. L.-L. Dreyfus, principal commanditaire de VHumanité.
Le socialiste unifié Briquet, à la même époque, interpelle le gouvernement sur la hausse des cafés : cett^ hausse est l'œuvre d'un « Comité de valorisation » qui a pour agent à Paris M. Henri Turot, socialiste notoire, rédacteur à la Petite République, ancien homme de main de M. Jaurès.
La Guerre Sociale (1912) dénonce le député Emile Paure comme tenancier d'un casino-tripot à Vichy : le député Emile Faure est un socialiste unifié, caudataire de M. Jaurès.
Depuis quand — demande le journal local de l'accusé, — même quand on est député socialiste, est-il défendu de songer à ses intérêts et de faire fructifier son avoir comme bon vous semble ?
Hein ? l'éducation du Prolétariat « dans un établissement genre des Folies-Bergère, agrémenté de petits chevaux » !
Au moment où la police mettait la main sur la bande à Thomas, qui dévalisait les églises autour de Limoges, elle mettait aussi la main sur la
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bande Dufour, qui dévalisait l'arsenal de Bourges. Le chef de brocante Dufour, avec une bande de quarante-deux autres chiffonniers, avait organisé un ingénieux système de filouterie pour acquérir à vil prix les objets et matières achetés aux prix de tant de milliards par l'administration militaire, et déclassés. En octobre 1907, le tribunal correctionnel condamne Dufour. Et Dufour est un député socialiste unifié, caudataire de M. Jaurès. Quand il est mort, en 1913, V Humanité a prononcé son oraison funèbre.
Ils ont exigé 15.000 francs de gages pour « avoir le moyen d'être honnêtes » ; ils pillent les arsenaux pour mener « la vie large ».
D'autres fois, ils détroussent les enfants de leurs camarades morts. C'est l'histoire de la Loterie de V Orphelinat des Chemins de fer. Loterie au capital de quatre millions ; le camarade socialiste qui l'administre vend à un autre camarade socialiste « plus de trois millions de billets à 1 fr. » pour la somme de 60.797 fr. 85. Le camarade acheteur gagne ainsi les trois quarts des lots : 370.000 francs de lots pour ses soixante mille francs. Et cet heureux Prolétaire se trouve être l'associé de M. Jaurès à la Petite République socialiste, en même temps que son associé dans l'exploitation des Cent Mille Paletots.
Ou bien ce sont leurs camarades malades qu'ils dépouillent de l'asile préparé pour les recevoir : ^aire du « Grand Air », dévoilée dans la Lutte de classe.
Des loups ! des chacals ! des hyènefi 1
La farce anticléricale
Les cabrioles du Parti socialiste unifié autour de la question cléricale sont les plus comiques du monde ; des plus instructives aussi.
On lit dans VHumanité des filets « anti-cléricaux » comme celui-ci (17 novembre 1913) :
Notre confrère les Droits de VHomme publiait deux photographies montrant M. Gaston Cagniard suivant une procession et recevant la bénédiction...
M. Gaston Cagniard, ancien rédacteur en chef de la Petite République, est un des plus chers espoirs de M. Briand.
Au moment où la défense de l'école laïque devient une question de régime..., ce geste d' « apaisement )> du lieutenant d'Aristide méritait d'être conservé.
Et comme celui-ci (2 novembre 1913) :
On a pu lire, dans le Bulletin du Cercle catholique de Noyon (M. l'abbé Coffin, directeur), l'information suivante :
« De passage à Noyon, à l'occasion de l'inauguration du chemin de fer de Lassigny, Mme Barthou, épouse de M. Barthou, président du Conseil, assistait et communiait pieusement dimanche dernier à la messe de neuf heures. »
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Et vous voudriez qu'on ne reprît pas les relations avec le Saint-Siège ? Mais que diraient donc ces dames les ministresses et Mme la Présidente ?
Or, ces manifestations d'anticléricalisme tombent rudement sur le directeur même et « principal actionnaire » de YHumanité.
M. Jaurès aussi se rend à l'église pour ses dévotions de famille.
On n'a pas oublié qu'il fait venir de Terre Sainte une provision d'eau du Jourdain, pour baptiser ses enfants comme fut baptisé le comte de Ghambord et comme sont baptisés les fils des Hohenzollern.
Ayant fait inscrire sa jeune fille au lycée Molière, à Paris, il la confiait aux religieuses de Vitllefranche-d'Albigeois, chez qui elle prépara une première communion sensationnelle. Le curé de Villefranche en délivra cette attestation :
Notre-Dame de Bon-Secours Villefranche d'Albigeois
Villefranche, le 22 juillet 1901, Monsieur, Il est parfaitement exact que, le dimanche 7 courant, Mlle Jaurès a fait sa première communion chez nous avec beaucoup de piété et d'édification.
Villefranche est paroisse d la résidence de sa famille en province.
Veuillez agréer, monsieur, etc.
A. Andrieu.
chanoine honoraire, curé.
tV^FARCE ANTICLERICALE 1 19
Quand mourut M. Bois, son beau-père, honorable épicier qu'il avait fait sous-préfet, M. Jaurès conduisit le deuil à l'église, alla s'agenouiller à la balustrade du chœur et baisa dévotement la patène.
Il fit à sa mère, en l'église de Saint-Jacques-de- Villegoudon, à Castres, des obsèques très religieuses, ainsi relatées dans tous les journaux (sauf VEumanité) du 12 juillet 1906 :
Tous les fonctionnaires de la ville de Castres, le sous-préfet en tête, ont assisté à ces obsèques, où l'on remarquait également les membres de la Bourse du travail, Téglantine rouge à la boutonnière.
A Voffrande, on vit tout à coup M. Jaurès, de Carmaux, son frère, le sous-pretet ei un adjoint collectiviste de la municipalité se diriger vers V autel, où ils ont pieusement baisé Vimage du Christ que leur présentait le prêtre.
De nos propres yeux, nous l'avons vu prier avec ferveur, le 23 août 1910, dans la cathédrale de Brème, pour appeler les lumières d'En-Haut sur le Congrès socialiste international de Copenhague.
Pourquoi VHumanité ne publie-t-elle pas les photographies de ces scènes pieuses, comme elle en réclame de M. Barthou et des autres ?
Sans doute parce que, invariablement, M. Jaurès compense ses expansions religieuses par des violences antireligieuses.
Au moment même (juillet 1901) où M. Jaurès
retirait sa fille du lycée Molière, pour la placer chez les sœurs de Villefranche, il publiait dans son journal une série d'articles furibonds sur :
Les scandales du Bon-Pasteur. — La religion d'Etat. — Lkystérie de sainte Thérèse. — Saint Antoine de Padoue et le brevet supérieur. — Les jésuitières de la République. — La cléricalisation de V enseignement secondaire.
A la date même (4-10 juillet 1901) où Mlle Jaurès fait une première communion sensationnelle, M. Jaurès fulmine dans son journal contre la communion au lycée !
Il dénonce violemment les proviseurs des lycées de Gaen, Dijon, Bourges, Alençon, et surtout le recteur de l'Académie de Dijon qui (en caractères gras dans le journal (4 juillet) « envoie