AGENTS DE L' ALLEMAGNE CONTRE LA FRANCE
son front carré, sa panse énorme, ses yeux bleuâtres sans regard, sa lourde raillerie, ses ruses sournoises, toute l'apparente aux Germains.
Il leur appartient. Et pour leur compte, il sape, il mine, il pourrit sans relâche les derniers étais de la société française.
Le but des financiers berlinois et des ministres allemands qui entretiennent la bande Jaurès est d'obtenir, par un chantage constant sur le gouvernement français, l'admission des valeurs allemandes à la Bourse de Paris.
V Humanité est en réalité un journal de finance, rédigé par des collaborateurs de journaux financiers, publiant un « cours de Bourse » à l'usage du prolétariat... et rançonnant sans mesure les établissements de crédit.
Dans une lettre importante écrite à l'Italien Andréa Costa et publiée par VAvanti, M. Jaurès a proclamé que « la Triple-Alliance est le contrepoids NÉCESSAIRE de l'alliance franco-russe », le frein nécessaire du patriotisme français.
Au cours de la guerre russo-japonaise, un agent allemand bien connu à Paris porta 50.000 francs à M. Jaurès pour publier, dans VHumanité, une série d'articles contre les fonds russes. M. Jaurès empocha les 50.000 francs. Il fut obligé de le confesser, au manège Saint-Paul, devant cinq mille socialistes qui voulaient connaître la situation financière de VHumanité.
Mais dans la comptabilité de VHumanité, inspectée plus tard par les délégués de la Guerre
5o LA SOCIALE
Sociale, n'apparaît nulle trace des 50.000 francs. De sorte que : ou bien les caisses de YHumanité sont à doubles fonds, pour dissimuler les subsides de l'Allemagne, ou bien M. Jaurès a purement et simplement volé encore ces 50.000 francslà, pour ne pas les partager avec ses complices.
Dans le débat de décembre 1911 sur l'accord franco-allemand, M. Jaurès employa deux séances à célébrer l'Allemagne, à bafouer la France, à soutenir la légitimité des revendications allemandes contre l'intérêt français.
La Chambre entière, malgré sa veulerie, éclatait en huées.
M. Driant criait : « Vous parlez le langage du Chancelier allemand ! »
M. Laguerre ajoutait : « Votre discours est impie ; il aurait été mieux placé au Reichstag allemand qu'au Parlement français ».
Et toute l'Assemblée : Avec vous, la France a toujours tort ! »
Le ministre des Affaires étrangères avait déjà révélé que « M. Jaurès est, au Palais-Bourhon, V orateur du Gouvernement allemand ».
Le président Brisson fut contraint par les clameurs de l'assemblée de rappeler à l'ordre le Traître en chef de YHumanité.
La presse allemande, gênée par la grossière et cynique maladresse de son complice, en exprima un vif dégoût. Les Hamburger Nachrichten avouaient (22 décembre 1911) :
Il n'y a pas à nier que nous éprouvons, noas Aile-
AGENTS DE l' ALLEMAGNE CONTRE LA FRANCE 5t
maïids, U7i sentiment pénible à voir un Français, un socialiste surtout, se faire V avocat de V Allemagne devant la Chambre française. Nous avons alors le sentiment que nous devons être dans notre tort. Bismark disait que la politique allemande cessait d'être bonne du jour où l'Angleterre lui donnait son approbation. C'est là une vérité d'ordre général.
La Berliner Tageblatt elle-même, la Tœgliche Rundschau et la Vossische Zeitung se plaignaient que l'agent de l'Allemagne au Parlement français découvrît trop brutalement sa complicité salariée : car il gâtait par là l'efficacité de ses manœuvres (20-22 décembre 1911).
Dans l'Humanité du 5 juin 1911, M. Jaurès avait ainsi jugé l'attitude de la France :
Ce qui est grave, plus grave que les complications internationales possibles, plus grave que les difficultés croissantes avec l'Espagne, plus grave que les atrocités commises et à commettre, c'est le fond de malhonnêteté, d'hypocrisie, de mensonge qui est dans notre politique marocaine.
C'est une politique abjecte.
A la tribune, le 19 décembre, M. Jaurès répétait :
La France a donné le funeste exemple de traités internationaux affirmés et violés au moment où partout semble baisser la foi publique...
... Ce que je regrette, c'est que la France ait fourni sa part d'initiative, sa part d'exemple, sa part de détestable responsabilité dans ces violations uni-
verselles de la foi jurée, dans cet abaissement de la signature et de la loyauté internationale.
Ni les huées, ni les menaces, ni les rappels à l'ordre n'imposaient silence au traître, qui voulait gagner ses thalers.
Le Temps du 24 mars 1912 résumait ainsi l'action de M. Jaurès dans la seule affaire du Maroc — son rôle étant identique en toutes autres rencontres :
Si l'effort de notre diplomatie à Algésiras n'a pu triompher complètement de l'opposition allemande, à qui la faute si ce n'est à Vhomme qui, sur chaque point, pendant trois mois, a célébré la thèse allemande aux dépens de la thèse française ?
Si M. Pichon n'a pas plus activement mené la collaboration militaire, financière et politique de la France et du sultan, à qui la faute, si ce n'est à Vhomme qui a protesté contre chaque aote, si timide fût-il, en nous accusajit de violer les traités ?
Si l'association économique franco-allemande de 1909 a avorté, à qui la faute, si ce n'est à Vhomme qui, soit au Maroc, soit au Congo, a dénoncé comme des affaires véreuses toutes les manifestations de cette association ?
Si l'Allemagne a pu prendre prétexte de l'expédition de Fez pour remettre en question l'acte d' Algésiras, à qui la faute, si ce n'est à Vhomme qui a traité de « comédie », de « mystification », d' « intrigue grossière » le péril de nos officiers ?
Si M. Caillaux a eu tant de peine à écarter définitivement l'Allemagne du Maroc, à qui la faute, si co n'e?^t à Vhomme qui écrivait le 5 juillet dernier :