‹ La SocialeChapitre 13 sur 21 · T. A FARCE ANTICLÉRICALE · texte numérisé non relu

T. A FARCE ANTICLÉRICALE

(( La fourberie du pape !

« VEglise a perdu toute autorité morale !

Est-il, dans Thistoire de tous les temps et de tous les partis, un exemple plus stupéfiant de fourberie et d'impudence ?

Professeur de philosophie à la Faculté de Toulouse, M. Jaurès ouvrait son cours par cette profession de foi : « Je crois en Dieu ! »... Dans les meetings et dans les banquets socialistes, il hurlait à pleine gorge :

Le Christ à la voirie !

La Vierge à l'écurie !

Et le saint Père au diable, Vive le son, vive le son !

Et le saint Père au diable Vive le son du canon !

L'Humanité du 23 décembre 1913, dans un article (p. 6) intitulé : Un exemple de philanthropie patronale, attaquait les industriels et les Compagnies minières de Meurthe-et-Moselle, qui ont fondé un hôpital pour leurs ouvriers :

Cet hôpital, 11 faut le reconnaître, comporte tous les perfectionnements possibles et imaginables ; on y voit de luxueuses salles d'instruments et d'opérations ; des médecins de valeur ont attaché à l'établissement...

Mais il y a des sœurs ! les blessés seront soignés par des religieuses. Et VHumanité, pour

faire cesser ce scandale, formule l'ignoble dénonciation que voici :

P. -S. — M. le préfet de Meurthe-et-Moselle sait-il que les sœurs en exercice à Thôpital des mines et aciéries de Briey, forment une congrégation non autorisée, et s'il le sait pourquoi n'agit-il pas ?

UHumanité fait semblant d'avoir oublié que M. Jaurès, conseiller municipal de Toulouse, combattit énergiquement la laïcisation des hôpitaux toulousains (séance du 3 novembre 1891).

Un autre élu socialiste, M. Krauss, député de Lyon, se déchaînait à la Chambre contre les moines et faisait élever ses filles au couvent.

Ces pantalonnades de la Sociale s'expliquent par deux raisons.

D'une part, les socialistes unifiés ont une mentalité de nègres fétichistes : ils sont réellement les pires cléricaux.

D'autre part, ils évoluent selon l'intérêt électoral du lieu et du moment : pour conquérir le mandat de 15.000 francs, ils sont prêts à marcher sur le crucifix ou à communier chaque matin.

Ils sont les pires cléricaux. On n'est pas « clérical » parce qu'on professe telle ou telle religion, mais parce qu'on a l'esprit borné, sectaire, fanatique, parce qu'on croit aux choses absurdes, parce qu'on adore des fétiches, parce qu'on attend des miracles, parce qu'on obéit aveuglément

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aux oracles des sorciers, parce qu'on se fie à la vertu des amulettes et des gri-gri : tous traits caractéristiques du Prolétaire socialiste unifié.

Dans les meetings, dans les comités, dans les conciles, les lamas et les bonzes du Parti montrent la m^ême intolérance rageuse que les moines de la Ligue ; ils fulminent l'excommunication, jettent l'anathème et prononcent des condamnations mortelles comme des Inquisiteurs. Rien ne ressemble plus à un pèlerinage de LfOurdes qu'une procession socialiste. Quand ils chantent leurs cantiques, citent les textes sybillins de Karl Marx, promulguent les formules sacrées que devront réciter les ouailles, arrêtent VIndex des journaux que les ouailles ne devront pas lire, on se croirait dans un concile. On n'entend que des paraphrases du Perinde ac cadaver, du Sint ut sunt et du Credo quia ah sur dura.

Une ouaille du socialisme unifié refuse de jeter les yeux sur un écrit condamné par ses brahmines avec autant d'horreur et d'effroi qu'un Napolitain refuserait de parler au diable.

Leurs superstitions et leur fétichisme passent toute imagination. On assure que le vétérinaireadministrateur Renaudel recueille la sueur toujours abondante sur l'épiderme de M. Jaurès pour la vendre en petites fioles aux fidèles : c'est leur eau du Jourdain. En 1913, au Conseil national du Parti tenu à la Bellevilloise, M. Jaurès laissa ses manchettes sur le bureau ; le Parti les mit aux enchères ; l'une fut adjugée à 5 francs,

l'autre à 3 fr. 75 [Rappel, 17 août 1913).

Gomme thèse de doctorat, M. Jaurès avait composé en 1891, et dédié à M. Paul Janet, chef du parti catholique en Sorbonne, un énorme ouvrage ayant pour titre : De la réalité du monde sensible (F. Alcan, éditeur, 7 fr. 50). Durant trois cent soixante-dix pages, il y est répété que :

La conscience a besoin de Dieu, et elle saura la saisir malgré les sophistes qui n'en parlent que pour le dérober.

Parce que le monde est la puissance infinie de Dieu, il manifestera Dieu comme substance, comme force, comme unité et comme conscience.

L'acte infini qui est Dieu fonde cette puissance infinie qui est le monde. Dieu, intimement mêlé au monde, qui est sa puissance, est à la fois être et devenir, réalité et aspiration, possession et combat. Dieu ne se contente pas d'être la perfection toute faite ; il peut encore, et en vertu même de cette perfection, la conquérir.

La lumière est le rapport en Dieu de l'universel et de l'individuel. Le son est le rapport en Dieu des forces et des âmes. C'est bien en Dieu que la lumière et le son ont leur signification et leur être véritable.

C'est parce que Dieu, en faisant l'univers, s'est livré à lui ; c'est parce qu'il a dispersé son unité en des centres multiples pour retrouver cette unité par l'effort et pour se mériter lui-même, que la pensée même la plus vaste, même la plus voisine de Dieu, par l'idée du parfait et le sentiment de l'infini, est liée à un corps et à un sentiment organique.

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