PREFACE II
ci-après ne sont pas des « petits papiers » ; ils n'ont rien de mystérieux; on les a publiés vingt fois, séparément. Tout le monde les connaîtrait et les aurait retenus, si tout le monde lisait avec attention les journaux et les livres politiques.
Point de poursuites à craindre : les faits sont dans le domaine public, avérés, certains ; jamais on ne les a contestés; jamais les coquins n'ont osé affronter leurs accusateurs.
S'ils le faisaient une fois, ce serait l'eff^ondrement de leur cabale : la juridiction compétente est la cour d'assises, et la preuve est autorisée, puisque M. Jaurès et ses acolytes sont des membres du Parlement ou des fonctionnaires, et que rHirmanité est une société anonyme faisant appel au crédit public.
On apporte dans ce livre, sans commentaires, sèchement, précisément, aux candidats et aux journalistes de province des munitions pour le combat.
Qu'ils aient donc le courage de marcher droit à l'ennemi, et d'en nettoyer une bonne fois l'arène politique.
Le e Parti» socialiste
Le Parti socialiste unifié est, politiquement, une farce.
Avant runification, les socialistes se rattachaient soit au Parti socialiste gouvernemental de MM. Jaurès, Millerand, Viviani, — soit au Parti socialiste révolutionnaire de MM. Guesde, Vaillant, Sembat, Bracke : ce dernier ayant aggloméré déjà toute la poussière des petites chapelles.
Le Parti jaurésiste était un syndicat d'affaires
et de chantag-es.
Le Parti socialiste révolutionnaire était un parti de doctrine.
Le premier, qui avait de l'argent, absorba le second, qui n'avait que la foi. Les apôtres, dans respoir de posséder enfin un journal, s'associèrent aux forbans (1905).
M. Jaurès, universitaire, professeur de la Faculté des lettres de Toulouse, fils et neveu d'ar-
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chevêques, châtelain de Bessoulet, avait fondé « son » parti dans le lupanar d'une fille Chevalier.
Le souteneur de la maison, M. Gérault-Richard, fut désormais le souteneur de M. Jaurès et de ce qu'on nomma la Sociale-Lucullus.
C'est au lupanar de la fille Chevalier, comme au foyer de la Sociale, que les informateurs politiques allaient chercher les nouvelles, quand M. Gérault-Richard, détenu en prison, fut candidat dans le xm^ arrondissement. M. Gérault- Richard avait outragé le président de la République ; M. Jaurès traîna dans la boue trois générations de 'la famille Casimir-Périer et se fit fort de « mettre VElysée au-dessous d'une maison de débauche ».
La plaidoirie atroce fut répandue dans toute la France ; M. Gérault-Richard devint représentant de Paris ; M. Casimir-Périer s'enfuit de la Présidence.
MM. Jaurès et Gérault-Richard s'attaquèrent alors aux socialistes doctrinaires. Ils révélèrent au Prolétariat que MM. Guesde, Vaillant, Sembat, Lafargue, Bracke, Dubreuilh et leurs amis étaient stipendiés par les Jésuites, par les royalistes, par les bonapartistes et que le véritable socialisme se débitait à la Petite République.
Comme ils débitaient en même temps des chapeaux à 2 fr., des paletots à 1-6 fr. et des' costumescomplets à 10 fr. 50, le Prolétariat français n'hésita pas à ks croire.
LE PARTI SOCIALISTE lO
Après une courte résistance dans le Socialiste et dans le Petit Sou, MM. Guesde, Vaillant, Sembat, Lafargue et leurs amis capitulèrent — comme Gasimir-Périer.
Ils demandèrent l'aman et s'enrôlèrent sous les ordres de leurs vainqueurs. Doctrinaires et forbans « s'unifièrent » dans les locaux de VHumanité que M. Lépine, préfet de police et propriétaire, leur louait au prix de 18.000 francs.
Depuis lors, les doctrinaires ont tâché d'utiliser le journal d'affaires et de chantages pour exposer leur doctrine devant le peuple.
Et les forbans ont profité du crédit politique que leur rendait la collaboration des doctrinaires pour écumer la Bourse, rançonner l'industrie, traire le budget, faire chanter le gouvernement et les particuliers.
En fait, le Parti socialiste n'existe pas en France.
Sur onze à douze millions d'électeurs français, les Unifiés réunissent environ 73.000 adhérents qui ne paient que péniblement leur maigre cotisation. Le budget du Parti n'atteint pas 150.000 francs.
On voit de prétendues Fédérations, représentées pompeusement dans les congrès, qui comptent trente membres (Gorse), ou six membres (Gantai), ou • même qui ne renferment pas un seul membre cotisant (La Martinique). Ges exemples ont été produits au congrès d'Amiens (1914).
A côté de la Social-Démocratie allemande, qui
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enrégimente des millions d'hommes et qui manie des millions de marks, le prétendu Parti socialiste de France est grotesque.
Aux élections générales de 1910, soixante-quatorze candidats ont été élus comme « socialistes unifiés », par 629.500 électeurs.
Mais sur les 74 élus, on ne compte que 16 ouvriers ; la prétendue Section française de V Internationale ouvrière est un Syndicat de bourgeois riches, quelques-uns très riches, avocats, médecins, hommes d'affaires, ambitieux amateurs, à qui la « vile multitude » fournit le point d'appui pour des combinaisons diverses.
Ils amusent leurs ouailles avec de vagues descriptions de la Cité future et de la Révolution-entrois-mille-ans, jouissant eux-mêmes de « la vie large », immédiatement, à pleine gueule.
Sur les 629.500 électeurs qui donnèrent leurs voix aux socialistes unifiés en 1910, on a su depuis que la moitié au moins étaient des royalistes et des catholiques exécutant certains marchés, pratiquant la « politique du pire » ou jouant la comédie du Spectre rouge. A Bordeaux, à Toulouse, à Carmaux, dans le Gard (particulièrement à Uzès), les suffrages recueillis par les candidats socialites unifiés émanent en majeure partie des royalistes et des catholiques les plus ardenis {Eclair de Montpellier, royaliste, 3 avril 1910. Révélations du comte de Puységur dans le Matin du 17 mai 1910).