La Fondatrice et les Origines
la première entrevue, Mère Marie de Jésus comprit quel guide sûr et énergique il serait pour son âme, aussi ne tarda-t-elle pas à la lui livrer tout entière.
Ce jour-là une phase ‘nouvelle commença pour la vie de la Fondatrice. Heureuse de rencontrer en ce directeur la forme austère de sainteté qui favorisait son amour de la croix, sa passion pour le sacrifice de souffrance volontaire et d’expiation, elle s'adonna avec ardeur aux pénitences corporelles. Le P, Ginhac lui permit de satisfaire en ce point largement ses attraits; tandis qu’il s’appliquait d’auxre part à briser sa nature, à la faire vraiment mourir à elle-même, à l'introduire plus avant dans la voie de totale immolation où l’appelait le Sauveur crucifié.
La mission du saint religieux ne se boïna pas là. De concert avec la Mère Marie de Jésus et Sous son inspiration, il travailla durant de longues années à doter l’Institut d’un code de lois d’une admirable sagesse, et en parfaite harmonie avec sa fin propre. Non content d’avoir écrit ces Règles et Constitutions dans les livres, il s’efforça de les imprimer au cœur des Religieuses Réparatrices. Pendant plus de trente ans, il leur en inspira l'estime, l'amour, la pratique, soit dans sa direction habituelle, soit par les instructions et les retraites qu’il leur donna constamment, tantôt aux supérieures réunies, ou encore aux Mères de la troisième probation auxquelles, à plusieurs reprises, il fit faire les grands exercices d’un mois. Est-il besoin d'ajouter que les enseignements du R. P. Ginhac furent recueillis
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Premiers Jours 41
avec une pieuse avidité, et gardés avec un soin filial. Ils forment encore le t'ésor spirituel où
€ fut au commencement de mai que la Mère Marie de Jésus accomplit son pèlerinage de Loyola, guidée par le R. P. Bouix et en compagnie des Mères Marie de Saint-Victor et Marie de
Elle y puisa un nouvel amour, un nouveau res- Pect pour le saint nom de Jésu i
I LeR.P. Paul Ginhac a été appelé à la récompense éternelle le 9 janvier 1895,
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se dévouant, en se sacrifiant, un grand nombre d’âmes à Dieu Notre-Seigneurr. Le souvenir de ce pêlerinage eut pour elle comme un parfum du Thabor. “Non, jamais, disait-elle plus tard, jamais je ne pourrai rendre tout ce qui s’est passé en moi durant le court séjour que je fis sur cette terre bénic.”
De ce souvenir elle resta-toute embaumée, toute fortifiée, M
Les Mémoires de la Mère Marie de Jésus, écrits par ordre de ses directeurs, s'arrêtent au 6 janvier 1863. A la dernière page, elle note un évènement: heureux : le 11 janvier 1862, sa fille cadette, Marie de Sainte Julienne, prononçait ses premiers vœux; et pour la généreuse mère, ce fut un jour de bénédiction et de triomphe intime : “Cette fête fut douce Pour mon cœur; car je donnais à Notre-Seigneur ma dernière fille, et je la lui donnais avec tout mon cœur.” Elle avait tout donné; mais ces donations accomplies dans la joie étaient, comme parle Marie de Jésus, es Fêtes. Nous verrons bientôt que Notre- Seigneur lui demanda encore davantage et Ja frappa de sa main très aimante et adorable, jusqu’à la fibre la plus sensible de son cœur tant de fois éprouvé.
En 1863, le G janvier, jour de l’Epiphanie, Mère Marie de Jésus fondait une maison à
: Londres, où elle assista à la première messe dite
par le cardinal \Wiseman. Elle tenait à cette fon-
I. C'est le terme ordinaire dont saint Ignace se sert dans les
Exercices spirituels et dans tes Constitutions ; rappelant de la sorte,
à chaque puge, souvent à chaque alinéa, l'idée de Dieu, Maître tout- Puissant et tout aimant.
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