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Immaculée, elle partait pour l'Italie avec sa fille aînée,. Marie de Saint-Victor, et l’une de ses premières compagnes, Mère Marie de Saint-Jean.
Le premier but du voyage était d'obtenir du Saint-Père l'approbation de l’Institut. L'Institut dont Dieu avait béni la naissance et les sept premières années devait, pour entrer dans une adolescence prospère et assuré2, être officiellement reconnu de l'Eglise. Mais pendant qu’on examinaït, avec la sage et habituelle lenteur de la cour romaine, les pièces proposées à l'approbation, la Fondatrice cherchait dans la Ville éternelle un emplacement pour une future communauté. Le 27 juin 1864, avant-veille de la Saint-Pierre, Pie IX accordait le bref laudatif à “la pieuse Société des sœurs qui porte le nom de Marie- Réparatrice”,
L'année suivante, au 21 juin, fête de Saint Louis de Gonzague, s’ouvrait à Rome la maison placée sous le vocable de saint Pierre. Peu de jours après, Pix IX reçut en audience particulière les religieuses de chœur, et leur témoigna sa joie toute paternelle de les voir établies dans la capitale du monde catholique. Ce grand pape poussa la bonté jusqu’à visiter lui-même plusieurs fois la maison des Réparatrices; la dernière fois, ce fut le 29 avril 1870. Bientôt après, il n’était plus permis au Pontife et roi, prisonnier, de sortir du Vatican.
Mère Marie de Jésus apprit à Rome, le 14 mars 1864, la mort du P. Petit, qui avait eu une si grande part à la vocation de la Fondatrice et à la création de l’Institut. Le Père offrit ses der-
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nières souffrances pour la prospérité de cet Institut qu’il bénit, quelques instants avant de partir pour le ciel. Son ancienne pénitente ressentit vivement la perte de ce directeur qui, dix ans auparavant, avait dit à la baronne d’ ooghvorst, dès la première entrevue : “Marchez dans la voie de la réparation !” et qui depuis l'avait conduite, stimulée et soutenue.
Elle a écrit quelque part, à propos de ses directeurs : “Je ne connaissais Par avance aucun de ceux auxquels je me suis adressée.” Mais comme elle en jait la remarque, par une grâce vigilante dé Notre-Seigneur, elle rencontra à chaque étape de sa route le directeur qui, à ce moment-là même, avait reçu d’en haut, pour la guider, le plus de force et de lumière.
De ces directeurs, envoyés sur son chemin pour la mener jusqu'au seuil du ciel, un autre encore devait l'y précéder et Y entrer par la porte glorieuse du martyre. Avant de gravir lui-même la voie sanglante de la rue Haxo, le P, Olivaint avait exhorté puissament Mère Marie de Jésus à suivre la route du Calvaire. Ce fut lui qui assista et fortifia la jeune et angélique Marie de Sainte-Julienne, à l’heure de la mort, et qui, après Dieu, maintint le Courage de la mère à la hauteur de ses épreuves.
Marie de Sainte-Julienne avait eu le bonheur de passer à Rome, près de Mère Marie de Jésus, l'hiver de 1865. ‘ Les inquiétudes que donnait alors sa santé, toujours délicate, la firent rentrer en France; elle revint donc à Paris, et après de longues et cruelles douleurs, le 23 janvier 1867,
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en la fête des Epousailles de la sainte Vierge, Marie de Sainte- Julienne rendit à Dieu son âme très pure, La mère aida sa chère enfant à mourir en vraie Réparatrice, et quand, suivant l’usage, le corps fut exposé dans le chœur de la chapelle, Marie de Jésus, magnanime jusqu’au bout, ne manqua pas de venir, tout auprès, occuper dans sa stalle sa place accoutumée pour la prière commune, Néanmoins, malgré sa force d'âme, ce lui fut une grande grâce de se sentir soutenue par l'énergie d’un futur martyr. Pendant le siège de 1870 à 1871, le P. Olivaint en- Couragea aussi la cosnmunauté des Réparatrices, qui s'était installée récemment, rue de Calais. I] vint encore les consoler et les animer une dernière fois à la confiance, l’avant-veille de son arrestation, Sa mort héroïque fut un nouveau deuil, et bien cruel, pour la Fondatrice qui voyait partir l’un après l’autre tous ceux qu’elle aimait et sur qui elle s’appuyait dans ses peines ; mais Dieu lui restait,
Sa fille aînée, Marie de Saint-Victor, toujours souffrante, toujours vaillante, religieuse vraiment digne d’une telle mère, avait vivement souhaité d'établir une maison de la Société dans la capitale de la Belgique. Son désir avait été exaucé; elle-même avait choisi le 14 septembre 1872, fête de l’Exaltation de la sainte Croix, pour en faire l'ouverture. Trois mois plus tard, de cette même maison, Marie de Saint-Victor partait pour le ciel. Marie de Jésus avait mis en sa fille toutes ses espérances pour l'avenir de l'Œuvre réparatrice ; elle bénit la sainte volonté
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du Maitre à travers ses larmes et sentit alors, plus que jamais, Pourquoi Dieu lui avait donné un cœur de mère. Marie, Mère de Jésus, fut la
mort de ses deux filles, la Fondatrice comprit mieux encore qu’elle n'avait Pas reçu en vain le nom de Marie de Jésus.
Mais Marie de Jésus n'avait pas encore épuisé le calice; et, jusqu’à sa mort, malgré les douceurs du ciel, que Notre-Seigneur ne lui refusa point, elle resta constamment au Calvaire; elle aussi, par la gtâce du Maitre crucifié, y resta debout. L'une des joies les plus sensibles que lui ménagea Notre-Seigneur, dans ces derniers temps, devait être la fondation de la maison de Pau, en 1874; fondation due à la générosité de sa petite-nièce, Mile Marie de Brienen, qui se donna à cette bonne œuvre et la réalisa avec tout l'élan de sa ferveur et de sa charité. Mile de Brie-
digne de son hôte divin, Mlle Marie de Brienen n'eut pas en ce monde la satisfaction d'assister à l'achèvement de la maison de Pau; avant d'y avoir mis la dernière main, elle fut appelée à la récompense du ciel. Mais sa pieuse mère, la baronne de Brienen, acceptant cet héritage de sa chère enfant, termina la fondation avec une vraie magnificence, tenant à remplir, jusque dans Îles
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moindres détails, les vues généreuses de la bien-
faitrice défunte, Cet empressement à honorer le
Sauveur et à seconder la Réparation réjouit le
cœur de la Mère Marie de Jésus, et fut comme
une éclaircie au milieu des orages qui s’amonce-
laient sur sa route. À la même époque, elle avait
aussi la consolation de voir la Société s'implanter
sur le sol de la catholique Espagne, par la fonda- tion d’une maison à Séville.
La Société se développait de plus en plus ; elle avait obtenu plusieurs décrets d'approbation du Saint-Siège, tout lui faisait présager le bref définitif pour une date peu reculée, Elle s’étendait en différentes nations d'Europe et jusqu'aux îles du sud de l'Afrique.
Mais les entreprises voulues de Dieu et inspirées par lui doivent toujours porter le sceau de la souffrance; c’est pour elles le signe de la vie et le gage de la fécondité. Aux premiers jours de la Société, Notre-Seigneur avait fait entrevoir à Marie de Jésus ce qu’elle aurait à endurer pour mener à bien l'Œuvre réparatrice ; elle avait tout voulu, tout accepté.
Aussi les contradictions et les croix ne lui avaient pas manqué : traverses et peines de tout genre, douleurs physiques continuelles et souvent très aiguës, tortures intérieures les plus poignantes, brisement de l’âme et du cœur. Un nouveau calice d'amertume était réservé à ses dernières années; ce fut la défection de plusieurs de ses filles qu’elle avait particulièrement aimées et investies dans sa confiance. D'autres chagrine vinrent encore fondre sur cette âme virile, in.
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domptable par la volonté, bien armée de patience, Mais tant de fois et si rudement harassée par l'angoisse,
La nature Succomba ; une attaque de paralysie avertit Marie de Jésus de n'avoir plus à compter sur ses forces. Le mal céda à un traitement énergique; mais la faiblesse physique persista. Néanmoins, l'été suivant, Marie de Jésus visita ses communautés de Bruxelles et de Paris : tobre elle repartit pour Rome.
Elle avait dit et répété : “Je travaillerai jusqu’à soixante ans.” Cette parole était connue de ses filles. Or, en 1878, elle allait entrer ans sa soixantième année, On avait espéré qu’à l’anniversaire de sa paralysie, un changement d'air l’aidcrait à se remettre plus complètement ; elle prit donc la route de la Belgique; mais il lui fallut s’arrêter à Florence, où, par une disposition raiséricordieuse de Dieu, elle fut reçue chez son fils aîné, le baron Adiien d’Hooghvorst. Les soins les plus dévoués, les plus affectueux, lui furent prodigués, sans toutefois arrêter les progrès de la faiblesse et de la maladie.
Le 21 février, la Mère Marie de l’Eucharistie, assistante générale, qui, avec la sœur Marie de Fornari, veillait auprès de la vénérable Fondatrice, annonça à sa famille religieuse l’imminence du sacrifice que Dieu allait leur imposer. M. le baron Edmond, mandé par dépêche, ne devait plus trouver .sa mère vivante. -
Un jésuite italien, le P. Pizzicaria, avait été appelé en toute hâte, le 20 février, ‘sur la demande” expresse de la malade, qui
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se confessa et reçut le saint Viatique, puis l'extrême-onction, le lendemain, Le matin de ce jour, M. Adrien fit illuminer, à la paroisse, la chapelle de Notre-Dame-de-Lourdes, et célébrer un grand nombre de messes à l’intention de sa mère. Le soir du même jour, arrivait de Rome une dépêche apportant la bénédiction apostolique, l’une des premières données par S. S. Léon XIII. Ce fut la suprême consolation en ce monde pour Marie de Jésus. Elle voulut due cette dépêche fût posée sur sa poitrine, et. quelque temps après, elle parut s'endormir. Le lendemain, 22 février, fête de la chaire de saint Pierre, à Antioche, à onze heures du matin, sans souffrance et sans agonie, assistée jusqu’à la fin par le P. Pizzicaria, qui lui appliquait l’indulgence in articulo mortis, elle remettait son âme au Maître qu’elle avait tant aimé et tant fait aimer. Pie IX était mort quinze jours auparavant.
“Votre vénérée mère, écrivait le 28 février, Mgr Mermillod, évêque de Genève, est allée rejoindre Pie IX qui l'aimait tendrement ; il m’en avait souvent parlé, con amore.”
Le pape de l’Immaculée Conception et la servante de Marie Immaculée et Réparatrice entraient ensemble dans l'éternité bienheureuse.
Le corps de Marie de Jésus fut transporté de Florence à Rome, quelques jours après, par les soins de MM. Adrien et Edmond. Tous deux entouraient leur mère d’une respectueuse et filiale affection: “Je me suis bien promis, disait l'aîné, le baron Adrien, de mettre ordre à mes affaires de conscience: car je ne veux pas être
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séparé de ma mère.” À l'automne de la même année 1878, il mourait, après avoir demandé et reçu pieusement les sacrements de l'Eglise,
Le baron Edmond, représentant catholique au Parlement de Belgique, a été à son tour rappelé par Dieu, le 5 mai 1890, et sa mort à été celle d’un fervent chrétien.
La famille d’Emilie d'Oultremont, baronne d'Hooghvorst, en religion Marie de Jésus, s’est, nous n’en doutons Pas, retrouvée tout entière au ciel.
tude du jeûne quotidien et de toutes les mortifications corporelles. Jamais elle ne Passaït un jour
velles austérités qu'elle y ajoutait souvent, elle n'arrivait pas à satisfaire sa “soif” de sacrifices
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pour son Maitre. Sur quoi il nous faut noter d’abord qu’elle se laissa toujours diriger par une exacte obéissance, et qu’elle n'imposa jamais à personne le joug qu’elle se sentait, avec l’aide de Dieu, capable de Supporter joyeusement. Elle ne voulut point que, dans la Société de Marie-Réparatrice, il y eût des pénitences de règle ; elle savait que toutes les âmes ne doivent point être jetées-” dans le rgême moule, ni poussées à un seul et unique genre de perfection ; les attraits diffèrent : les forces et les grâces aussi.
Elle passait de longues heures au pied du Saint Sacrement. “Là, dit-elle, je trouvais mon repos et la vie de mon âme. Cette conversation intime avec Notre-Seigneur me rendait la vie légère ; car je lui parlais de tout ; je le consultais pour les plus petites choses. Il était mon Maître, mais aussi mon ami, 4on conseiller pour tout...
“Notre-Seiy 1r me faisait de bien grandes grâces. Souv t même, elles me paruren. si extraordinaires que je n’osais y croire...
“Les jouissances de Dieu, qui remplissaient mon âme, étaient telles que, le jour et la nuit, quand j'allais à l’église, j'y restais des heures sans me rendre compte si j'étais assise, ou à genoux, ou prosternée à terre, les bras en croix. Heures du ciel où j'oubliais et la vie et la terre et tout ce qu’elle contient ! :
“Mon bien-aimé Maître me révélait sa grandeur, sa sainteté, sa Puissance, sa justice, sa miséricorde, la pureté qu’il voulait dans les âmes qui se consacrent à lui dans la vie religieuse, et
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par-dessus tout l'humilité, qu'il exige d’elles, afin de pouvoir en faire sa demeure.”
ages de cette notice, gna lui montrer tout
t il lui demandait la création. Elle en avait appris de Lui le but, l'esprit, les moyens et les règles.
pour devenir les mères d’admirables familles religieuses, sainte Paule, sainte Françoise Romaine, sainte Brigitte, Sainte Jeanne de Valois, sainte
,; Marie de Jésus fut un modèle dans les divers états de sa vie. Elle a donné à tous les siens l'exemple de toute vertu; elle ‘a donné à
nce morale et d’impiété orgueilleuse, une Société fervente,
gieuses Réparatrices : “Soyez sûre que votre Mère marquera parmi les plus
mariage, et qu'il l'avait revue à Rome depuis Ja fondation
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“Nous pouvons bien dire que votre Mère Fonda-
trice a toujours été une âme de Dieu et une âme d'élite.”