‹ La Société de Marie-Réparatrice [microforme]Chapitre 4 sur 21 · EMILIE D'OULTREMONT BARONNE D'HOOGHVORS'T · texte numérisé non relu

EMILIE D'OULTREMONT BARONNE D'HOOGHVORS'T

“A côté de Marie et Par son Cœur, tout dans notre vie sera pour Dieu, sa gloire et la Réparation.”

Cette maxime résumait, dans la pensée de la Mère Marie de Jésus, fondatrice de la Société,

règles, sa perfection.

Par une grâce singulière de Dieu, celle qui devait être Mère Marie de Jésus avait été dès ses premières années, et toujours, merveilleusement fidèle à cette même maxime. Nous le Savons de ceux qui l’ont connue, et d’elle-même.

Pour obéir à ses directeurs, Mère Marie de Jésus écrivit ses Souvenirs intimes, depuis l’âge de sept ans, jusqu’au jour où elle eut définitivement constitué la famille religieuse dont toute la

vie devait être “pour Dieu, sa gloire et la Réparation”.

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Elle y raconte son enfance, sa jeunesse, son mariage, son veuvage, les débuts de Marie-Réparatrice. Elle y raconte aussi les grâces de choix dont elle fut l’objet, la conduite vraiment paternelle du Maître à son égard, ses aspirations, ses souffrances, ses joies, les manifestations fréquentes et de plus en plus claires des vues de Dieu sur elle-même et sur l’Institut qu’elle doit fonder.

Pages précieuses, d’une exquise simplicité, d’une sincérité irrésistible, toutes parfumées de foi, de générosité et de charité, histoire d’une grande âme, mais déjà histoire de Marie-Réparatrice : car tout se tient dans cette existence admirablement une et admirablement bénie.

Dieu avait marqué sa fidèle servante pour une mission de sacrifice et d’apostolat ; Il la façonna, l'encouragea, l’instruisit, la mena comme pas à pas; Il l’appela quand l'heure fut venue. Mais dès les premiers jours, les faveurs divines et les peines intérieures, ses parents et amis, ses directeurs, les événements, tout préparait Emilie d’Oultremont à devenir Marie de Jésus.

La future fondatrice d’une Société consacrée à Marie Immaculée était unie par les liens de parenté au futur pape de l’Immaculée Conception : Emilie d'Oultremont était arrière-petite-fille de Sophie Mastai Ferretti.

La Société de Marie-Réparatrice est vouée au culte de la sainte Eucharistie: Emilie d’Oultremont était compatriote de la bienheureuse Julienne, à qui la ville de Liège et tout le monde catholique doit l'institution de la fête du Corpus

€ cette ville, et arrière-grand-oncle d’Emilie. a Société de Marie-Réparatrice devait em- Prunter ses règles aux constitutions de la Com- Pagnie de Jésus; le Saint à qui la Fo emanda en toute rencontre Jumièr

vait toujours été le plus

grâce à lui que la Compagn Premier collège de Belgique, après 1830. II disait à ses deux fils, MM. Théodore et Charles d’Oultremont : “Quand, pour avoir les ‘Jésuites, il m’eût fallu aller à pied les chercher à Rome ou en Russie, je n'aurais pas balancé.”

La Société de Marie-Réparatrice devait, au

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âges de foi. On voyait, suivant un témoin, les Pauvres arriver au château de Presle “en longues files”; et ils s’en allaient de 1à assistés largement et consolés. Inutile de dire que, dans les deux familles, les devoirs envers Dieu passaient avant tout plaisir et vivifiaient toute vertu.

Le comte Emile d'Oultremont avait d’abord songé à la carrière ecclésiastique. Son frère, soldat de Napoléon, ayant été tué à Vitry-le- Français par le dernier coup de canon perdu, Emile se résigna aux exigences de la vie mondaine, sans abandonner toutefois ses pratiques de la plus sincère piété.

Le comte ét la comtesse d’Ouitremont habitaient ordinairement le grand et magnifique chàteau de Warfusée, dont tous les malheureux des environs savaient le chemin. Vu sa position, le comte d’Oultremont recevait chez lui bon nombre de Personnages du plus haut rang; mais “le pauvre missionnaire avait son couvert mis à la table de famille et y trouvait plus de respect que le ministre du roi.”

La chapelle de Warfusée réunissait chaque jour, pour la messe de huit heures, toutes les personnes alors présentes au châtcau. La comtesse, à l'heure réglementaire, se retournait pour voir si toutes les places étaient occupées; aussi la paresse matinale était-elle chose inconnue à Warfusée.

Emilie naquit à Wégimont, autre château situé dans la province de Liége, le 11 octobre 1818. Ses premières pensées furent pour Dieu, et ses

premiers pas pour les Pauvres. Sa mère l’asso-

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ciait à ses aumônes et lui remettait Je gros trous- Seau de clefs de la Maison, avec la charge d'ou-

vrir l'armoire des Pauvres, armoire abondam-

âme cette parole : “Cette Part est la tienne et Je monde ne te l’enlèvera pas.” C'était le premier

Dès cette époque, l'enfant était initiée aux trois grandes dévotions de Marie-Réparatrice : dévotion au Sacré-Cœur, au Saint Sacrement, à

. la sainte Vierge. Emilie récitait tous les jours un acte de consécration au Cœur de Jésus. “TJ'enviais, dit-elle, au prêtre la Communion de tous les jours ; je b

ses mains.”

Elle avait dressé en l'honneur de la sainte Vierge un petit autel dans

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Elle fit sa première communion en 1829, à onze ans. À partir de cette intime visite de son Dieu, sa ferveur envers l'Eucharistie alla grandissant : “Jamais je ne me fatiguais de ce qu'on pouvait me dire sur ce sujet, et la rencontre d’un prêtre qui m'en parlait était pour moi une vraie joie.” Elle note en particulier, avec une respectueuse reconnaissance, le nom de Mgr Van Bomel, évêque de Liége, qui eut la charité de venir l’entretenir pendant ses maladies, de Dieu et du Saint Sacrement. ‘Touchants dialogues du vénérable prélat avec cette petite malade, insatiable d’entendre parler de Jésus au tabernacle! “J'aimais. dit-elle encore, à assister à un salut, à une messe, où le Saint Sacrement était exposé, pour que mes yeux pussent le voir et se reposer à le regarder.”

Vers ce temps-là, un abrégé de la Vie de Saint Ignace lui tomba entre les mains ; cette lecture la ravit, ce héros de la gloire de Dieu répondait si bien aux vaillantes ambitions de cette jeune âme, qui désirait déjà se dévouer comme lui au service de son Roi crucifié,

La pensée d: la vocation religieuse loccugait Souvent, ainsi que le désir d’être toute au Dieu de l'Eucharistie. Mais Emilie n’entrevyait ce bonheur qu’à travers un voile de difficultés.

En effet, sa famille, même si profondément chrétienne, n'aurait jamais coa:2nti à so entrée en religion. Aussi, lorsque ei 1836, au sortir d'une nouvelle e: ‘ongue maladie, on lui parla de mariage, malgré le trouble piofond quelle en éprouva, elle crut devoir s’abandonner à la volonté de ses parents et s’en remettre à leur choix.

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Le 19 octobre 1837, à l’âge de dix-neuf ans,

Pour moi” Une des conditio

fiancés se promirent l'un à l’autre d'observer, d'aller ensemble à Ja sainte table i fois par mois

Passai entière à pleurer.” Et le matin n était sa désolation qu’une de ses cousines Jui dit en souriant: “Tu as l'air d’une victime que l’on mène au sacrifice !””

Le baron d'Hooghvorst eut vite fait d’apprécier le trésor que Dieu lui avait confié :

; aussi laissa-t-il à sa jeune femme liberté entière pour ses dévotions, lui demandant seulement de ne pas

se fatiguer, Leur union devait être elle fut heure

9, , par le roi Léopold Ier, ministre de Belgique auprès du Saint-Siège. Pendant l'été, il venait habiter parmi les siens en Belgique ; après l'été, On repartait pour Rome, dont le séjour avait pour la baronne d’Hooghvorst i

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Elle avait trouvé à Rome un jésuite belge, le P, Janssens, dont la direction répondait parfaitement aux besoins et aux aspirations de son âme. I1 la menait avec bonté, mais sans ménagements ; la pieuse pénitente marchait sous sa conduite rondement, généreusement, communiant trois fois la semaine, n’éprouvant ni inquiétude, ni scrupule, malgré la brièveté de ses confessions.

Sa dévotion envers saint Ignace de Loyola devenait en même temps de plus en plus grande, de plus en plus pratique et efficace. Elle aimait à aller entendre la messe et recevoir la communion dans la chambre du saint, transformée en chapelle. La seconde fois qu’elle y alla, c'était en 1842, elle y fut l'objet d’une faveur extraordinaire, qu’elle raconte en ces termes: “Je le vis des yeux de mon âme, portant la chasuble et tenant en mains le livre des Constitutions, qu’il me montrait, m'indiquant qu’un jour je suivrais ses règles.” La baronne d’Hooghvorst ne comprit point tout d’abord, et crut à une imagination. Elle était mariée et déjà mère de deux enfants: que pouvait donc signifier une semblable promesse ?

Toutefois, ses devoirs d’épouse et de mère ne ralentissaient en rien sa ferveur. C’est de cette époque que datèrent ses communions de presque tous les jours et ses visites fréquentes, et en quelque sorte continuelles, au Saint Sacrement. Elle faisait surtout de longues stations dans l’église du Gesu ; elle y restait souvent des heures à genoux devant l’autel de saint Ignace, ou au pied du Saint Sacrement. En outre, elle passait une

CR

Un jour, c'était à Rome, d'Hooghvorst

aigues, et que

en 1843, que M 1e à des douleurs » selon ses termes adoucis, elle

ort qu'à l'ordinaire’, Notre-Seiler les âmes -elle, se montendresse in-

fortes : “Le bien tra à moi, av dicible, et m “Il me par avec deux Couronnes en ; une d’épines” Même avant d’en de la bouche divine, Emilie d’épines avec “tout l'amour de puis, dit-elle, “la Couronne d’é chère.”

Elle est devenue bien

don de son amour. Il se changera en un diadème de gloire dans l'éternité? ”

1. Conférence de la Révérende Mère fondatrice À la communauté de Strasbourg, 30 août 1867,

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