‹ La Société de Marie-Réparatrice [microforme]Chapitre 5 sur 21 · Cérémonial] : Derniers vœux · texte numérisé non relu

Cérémonial] : Derniers vœux

18 La Fondatrice .‘ les Origines

L'Œuvre de la Réparation commençait pour Mme d’Hooghvorst: elle avait alors vi -cinq ans. Son directeur, comme pour seconder les adorables desseins de Jésus, défendait à cette victime broyée, mais intrévide, de demander même un quart d'heure de repos, et Notre-Seigneur lui-même lui rappelait, jusqu’au sein des fêtes mondaines, qu’elle avait accepté les épines et non pas les roses. Pendant un grand bal, dans un salon bruyant, il lui dit un soir : “Tu vois et tu entends ce que le monde donne. ‘Tu sens en toi le bonheur que moi, ton Jésus, je te donne: choisis l’un de ces deux bonheurs! — Maitre, répondit-elle vivement, vous seul dans ma vie!”

Les réunions brillantes et les divertissements, auxquels son rang la condamnait, ne parvenaient pas à la distraire du souvenir et de l'amour de Jésus. Elle avait une intime amie, animée des mêmes sentiments, Mile Gabrielle Van der Straten Ponthoz. Quand, au milieu du tcurbillon des fêtes, toutes deux venaient à se rencontrer, la baronne d'Hooghvorst se plaisait parfois à laisser échapper de ses lèvres ces mots qui soulageaient son cœur et qu1 étaient compris par sa pieuse confidente: Et Lui est seul! Il est abandonné!. Elle parlait de Notre-Seigneur délaissé dans ses temples.

En 1844, Mme d’Hooghvorst et les siens revinrent s'établir à Warfusée. La famille possédait le privilège de conserver le Saint Sacrement dans la chapelle du château, et c'était 1à encore, au pied du tabernacle, qu'Emilie se retrempait durant de longues heures dans la méditation et

La Baronne d’Hooghvorst 19

Pied du tabernacle eigneur lui deman-

Sons-la parler elle-même : | “Un jour que je voyais M. d'Hooghvorst à Ja chapelle, disant son chapelet, Comme il le faisait Souvent, je dis à Notre-Seigneur: i] est bien Pieux, mais, mon Jésus, je

Sur ces entrefaites, elle tomba malade : habituée à traiter avec Dieu simplement et loyalement, elle s'engagea à bâtir une église en l’honneur de saint Ignace, si elle guérissait ; elle guérit, et, plus tard, elle accomplit Sénéreusement sa promesse,

La baronne d'Hooghvorst Passa à Gênes, en famille, l'hiver de 1846. M. d'Hooghvorst avait

alors pour ami intime le comte Gustave de Sta-

Ravignan, du Ils partirent

saisoff, chasser aux Marais Pontins. Le baron d’Hoogh- Vorst promit à sa femme d

€ ñ€ pas demeurer

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20 La Fondatrice et les Origines

| u coup d’un fâcheux pressentiment trop tôt confir- | mé. Les deux amis arrivèrent aux Marais Pontins et s'y livrèrent à de rudes parties de chasse. | C'était à l’époque du carême, qu’ils observaient l’un et l’autre dans toute sa rigueur; tous deux prirent les fièvres et furent enlevés l'un après l’autre, à cinq mois de distance.

La baronne d'Hooghvorst eut à soigner tout à la fois son mari, son père et la plus jeune de ses filles, Marguerite. Grâce à Dieu, son courage, sa foi, son affection, la maintinrent debout et alerte, pour subvenir à tout, pour adoucir tant de souffrances. La maladie de M. d’Hooghvorst dura dix-neuf mois; mais, avec la maladie, sa confiance alla croissant, comme aussi sa résignation héroïque. Il défendait aux siens de prier pour sa guérison, et comme la baronne lui demandait un jour s’il ne lui en coûterait pas de quitter ses enfants: “Oh! oui, répondit-il: mais j'aime Dieu plus que tout” Il était arrivé au degré de détachement admirable où sa femme avait supplié Notre-Seigneur de le conduire. Elle comprit que désormais tout espoir de prolonger les jours de son mari devenait inutile ; elle l'avait offert au Maître, le Maître le rappelait à Lui. Du reste, M. d'Hooghvorst appartenait déjà au ciel par toutes ses pensées: “Mes enfants!... disait-il, qu’ils soient chrétiens avant tout!... Pourvu que leurs âmes vivent, peu m'importe que mon nom périsse |

“Ma première prière en entrant au ciel sera pour demander que nos quatre enfants se donnent à Dieu.

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“On te fera de l'opposition dans ma famille; ne Ja crains Pas. Tu diras que tels sont mon

désir et ma dernière volonté, et tu les favoriseras de tout ton pouvoir.” -

La veille de sa mort, ay Confesseur, le R. 5 Bossaert, et sa femme, M. d'Hooghvorst dit à la baronne: “Ma mort va t’imposer un grand sacrifice, je le sais ; Promets-moi ici, en Présence du Pe

, tu accepteras tout, car tout ce que Dieu fait est bien.”

vice de lui avoir fait aimer Dieu: “Ja vais au ciel, lui dit-il, c’est à toi que je le dois.” € matin du dernier jour, 10 août 18

M. d'Hooghvorst demanda ses quatre enfants,

î ; et demi; il leur fit ses suprêmes recommandations de père et de chrétien ; puis, après la messe célébrée à quelques pas de lui, il s’entretint encore un instant avec le prêtre et ensuite avec Sa femme, Et 1à, dans son fauteuil, tout près de l’autel, il S'éteignit doucement et “alla jouir de ce ciel qu’il désirait tant.”

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