PREMIERS JOURS DE MARIE-REPARATRICE
Au mois de juillet 1855, Mme d’Hooghvorst fit part à son confesseur de sa résolution, ou de son désir clairement précisé le 8 décembre précédent, au sujet d’une Association Réparatrice, en union avec Marie. :
Le R. P. Petit, qui avait suivi la marche de la grâce dans l’âme de sa pénitente et avait constaté l'attrait irrésistible, manifestement surnaturel, à une vocation toute spéciale, l’'approuva pleinement et promit de la seconder de tout son pouvoir.
La pieuse baronne fut aussi encouragée dans sa sainte entreprise par le R. P. Studer, provincial de la Compagnie de Jésus, qui devait être, pour la Fondatrice et pour la société naissante, un conseiller de haute sagesse et un. appui de grande autorité.
L'Œuvre réparatrice. commença, le soir du II octobre suivant, rue de Grenelle. Quatre personnes se groupaient alors autour de celle que déjà elles appelaient leur mère.
Un mois plus tard, le 8 novembre, ia Communauté, réunie pour la première exhortation, comptait en tout huit personnes. Ce jour-là, la
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Mère distribua à ses compagn se donneraient entre elles:
même celui de Marie de Jés porter le nom de Marie, avant celui
naturel qu’elles reçoivent toutes ce nom béni ? € 13, novembre, fête de saint Stanislas Kostka, l’angélique serviteur de Marie, la petite
communauté se transporta, rue Monsieur, dans
une autre maison que le R. P. Studer avait trou-
vée, le 4 août, en la fête de Notre-Dame-des-
ciges, et qui convenait à cette nouvelle destination.
ors à réciter en commun l'office de la sainte Vierge.
Huit jours Plus tard, la Mère Marie de Jésus se retirait à Ja Visitation, voulant s’isoler le plus possible, afin de consulter Dieu plus à loisir et de faire les exercices dans une intérieure. =
82 La Fondatrice et les Origines
Ce fut alors que Marie daigna fai-e comprendre à la Fondatrice quel habit elle devait donner à ses religieuses; on trouvera plus loin le récit de cette faveur. Le 8 décembre, la Mère Marie de Jésus revint passer avec ses chères compagnes la fête de l’Immaculée-Conception, premier anniversaire du grand jour que nous avons dit.
Les épreuves et les bénédictions divines se succédaient, comme dans toutes les entreprises voulues de Dieu, L'une des épreuves les plus profondes, les plus déchirantes pour Marie de Jésus, fut la perspective d’une séparation prochaine et nécessaire d’avec ses enfants; il y eut des brisements du cœur, des luttes, des torrents de larmes versées dans le secret de la prière; c'était, en quelque façon, le jardin de l’agonie et la prière du Sauveur: “Que ce calice s'éloigne de moi!” Mais la nature révoltée s’apaisa ; la pauvre mère se soumit à la volonté de Dieu et accepta l’holocauste, déclarant que personne au monde ne saurait tout ce que cet acte lui avait coûté!
Toutefois, Mme d’Hooghvorst ne pouvait rien brusquer. Ses enfants, même ses fils, étaient en- Core trop jeunes pour qu’elle pût les abandonner à eux-mêmes. Dans le petit hôtel de la rue Monsieur, elle avait fait disposer pour eux des appartements séparés ; et, à plusieurs reprises, pendant les vacances qui suivirent, elle les accompagna en Belgique.
Au mois de juin 1856, le cardinal Patrizzi vint à Paris, pour le baptême du prince impérial ; le cardinal connaissait la Fondatrice, et il avait été