BOULEVARD POISSONNIÈRE
Droits de reproduction et de traduction réservés.
iSs?
:-9MSb''?>"->-|HO
LA
Mon jeune âmi,
Dussiez-vous trouver le mot léger, je le trouve, moi, si allégeant, que je n'hésite pas à le dire : Ouf! Après ce volume, le dernier de la série, le comte Paul Vasili aura vécu, comme peintre des sociétés étrangères. Que fera-t-il ensuite? La Société Parisienne peut-être, mais sous une autre forme.
LdL Société de Borne dewait tout naturellement venir la dernière, comme étant la plus jeune. J'ai assisté aux débuts de la capitale laïque^ comme on
dit aujourd'hui, par opposition à Tidée religieuse, et je prends un grand plaisir à la voir croître et s'embellir.
Malgré les manifestations anti-russes de Tltalie, je m'efforcerai d'être bienveillant pour elle. L'Italie s'égare. Habituée maintenant à graviter autour de M. de Bismarck, elle épouse ses haines, défend ses intérêts et, à son insu, ne s'écarte de lui que pour lui revenir par des chemins détournés.
L'amitié de l'Italie pour l'Angleterre — qui l'a conduite à Massouah, et qui a pour corollaire l'inimitié contre la Hussie — serait une fausse compréhension de la situation actuelle de l'Europe.
Si c'est par crainte de perdre le contre-poids de la France, comme puissance méditerranéenne, que l'Italie s'attache en ce moment à la fortune de l'Angleterre, elle a tort.
L'Angleterre est destinée, selon la prédiction de M. Gladstone, à devenir une Hollande, à perdre son influence extérieure, souvent fatale à l'Europe, pour se consacrer davantage au développement de ses forces commerciales et à son progrès à l'intérieur.
Si r Angleterre abandonne son rôle prépondérant sur la mer, — que ce soit réalisable ou non,
un homme d'État anglais Ta cru possible, — Tltalie doit le prévoir et elle n'a aucun intérêt à ce qu'une puissance terrienne, comme l'Autriche ou TAllemagne, devienne une puissance maritime.
Toutes deux sont près de la péninsule et auraient des tentations de mordre à même Tltalie comme dans un beau fruit mftr.
L'Italie devrait au plus tôt entrer en rapports sympathiques avec la Russie, sans quoi, un beau jour, elle se trouvera en face d'un adversaire et d'une rancune. L'empire du tzar, par son étendue, est moins menaçant qu'une nation qui n'a qu'un ou deux débouchés et veut s'agrandir; en tous cas, la Russie n'est pas vorace et cruelle comme l'Angleterre. Une entente avec l'Allemagne et l'Autriche est inutile à l'Italie, car jamais l'Allemagne n'imposera à Vienne une cession de territoire en faveur de Rome. M. de Bismarck est convaincu que ce que prend l'Autriche reviendra un jour A l'empire d'Allemagne tel qu'il Icrcve; il ne laissera donc pas l'Italie toucher à un gftleau dont il veut toutes les parts.
Mes lettres sur le Vatican vous intéresseront beaucoup, car il est donné à peu de gens de pénétrer dans la mystérieuse intimité de Léon Xlll.
Nous ne trouverons pas à Rome grande matière
V LA SOCIKTE DK HOME.
à piqiiunles anecdotes. La noble femme qui règne sur l'Italie, par son charme autantijiie par sa situalion, donne à la société romaine un ton, une tenue, une di{;nité, qui, s'ils ne donnent pas la preuve d'une absolue vertu, lui sont au moins un sérieux liïunmage rendu par l'apparence.
Sur ce, je vous félicite du chemin qiie \ous avez fait, des missions que vous avez successivement remplies, succès et missions auxquels n'ont pas été inutiles les lettres de votre paternel ami.