LE ROI
On pourniit, il rno semble, résumer le caractère (lu roi d'Italie par un mot qui expliquerait tous ses actes, ses préférences, ses erreurs : le mot courage. Nul, parmi ses ancêtres, ne fut plus dominéqueluiparladevise : « Devant, Savoie ! » Jamais souverain, si glorieux qu'il ait pu être, n\i eu un culte plus passionné de la bravoure. Humberl l" serait à tous moments, sous toutes les formes, prêt à tous les béroïsmes. Je Tai vu en chasse pousser Taudace jusqu'au risque de la vie.
Il adore le danger, et son air calme, son aspect contenu ne sont pour moi que des efforts fîiits pour dominer ime surabondance de nature qui Tentraînerait partout où il y a péril.
LA
contre l'assassin et montra un sang-froid extraordinaire.
On peut dire que le roi Humbert appartient à sa double race de Piémontais et d'héritier de la maison de Savoie; comme Piémontais, c'est un parfait gentilhomme, un brillant officier de cavalerie, sérieux, grave; il déteste la frivolité, surtoui dans la phrase. Le Hoi a horreur de la hâblerie, de l'exagération, des épithètes superlatives. Il y a, entre la nature piémontaise et le caractère napolitain, la dififérence du feu et de l'eau. J'imagine que le roi Humbert doit souffrir beaucoup de certaines manifestations de ses sujets du Midi.
Le roi Victor-Emmanuel , ignorant, s'est préoccupé de l'instruction de ses fils ; mais il n'a compris celte instruction que par ses côtés militaires ; ce qui s'apprend par la tradition, par l'expérience générale, par la comparaison des faits passés entre eux, par l'appréciation comparative de la valeur des institutions, Victor-Emmanuel n'y attachait aucune importance. C'était pour lui lettre morte.
Charles-Albert était un mystique, envisageant la Royauté comme un sacerdoce. Son fils avait le sentiment de ses devoirs envers son peuple, mais, dans le jeu de la politique, il n'éprouvait pas de scrupules.
Le père et le grand-père du roi Humbert, cha-