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LA FAMILLE ROYALE

Le prince de Naples est né à Naples, le 11 novembre 1869, etc'est au palais Pitti, à Florence, que le Roi et la Reine ont fôté, cette année, la dernière année de sa jeunesse, car selon les prescriptions du statut, le prince, déclaré majeur, le 11 novembre 1887, aura une liste civile et sera pair du royaume.

Le colonel Osio, son gouverneur, merveilleusement choisi pour laisser au prince Tenlière liberté de son développement personnel, ne lui a donné que de nobles exemples. La Reine a d'ailleurs veillé avec sollicitude sur l'éducation de son iils et s'y

est même consacrée entièrement lorsqu'elle fut malade et quitta Rome pour se soigner.

Le prince de Naples est fils unique ; il ressemble à son père et h sa mère, surtout au premier, quoiqu'il ait les cheveux blonds. On a eu longtemps des inquiétudes sur sa santé, mais la gymnastique, les armes, Téquitation en ont fait un cavalier vigoureux.

La Reine a consenti à ce qu'on donnât, dans l'éducation de son fils, la première place à l'instruction militaire, mais elle n'a point pour cela laissé négliger l'instruction historique. En somme, cette instruction a été parfaite. Le jeune prince aime beaucoup le travail ; ses préférences sont pour les sciences naturelles et la numismatique. Il possède déjà de très belles collections.

Il s'intéresse à tout ce qu'il voit, les machines l'arrêtent et il se les fait expliquer jusqu'à ce qu'il en comprenne le mécanisme. Le prince a très grand air, de l'assurance, rien de banal ni dans la physionomie ni dans le geste ; je ne doute pas qu'il ne soit quelqu'un. Il parle admirablement plusieurs langues et particulièrement bien le français. On le dit déjà autoritaire, mais il est surtout hardi, audacieux, et sa mère, malgré l'idolâtrie qu'elle a pour lui, n'a jamais cherché, si petit qu'il fût, à res-

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treindre son expansion, à diminuer son courage. Elle est de Savoie comme le roi. Elle ne s'est donc point étonnée que son fils prit deux fois la devise : « Devant, Savoie! » La traduction de « Avanti Savoja ! » n'est pas « Devant, Savoie ! » mais bien « Savoie ! En avant! » Les Anglais diraient « Savoy, forever! »

Le prince de Naples s'appellera Victor-Emmanuel IIL

L'ex-roî d'Espagne, le prince Amédée, duc d'Aosle, s'il n'est pas un Apollon, n'est ni un infatué ni un poseur non plus. Il a une grande dignité, froide, un peu cassante, qui devait s'adapter médiocrement au caractère espagnol. Très pieux, il aime cependant beaucoup les femmes, quoiqu'il ait possédé la plus belle , la sienne , la princesse Vitloria, morte en lui laissant trois enfants.

Le prince habite Turin ; il a une valeur personnelle, des connaissances et surtout le courage traditionnel de sa famille.

Lorsqu'il sut que le roi Humbert voulait aller à Naples durant le choléra, il écrivit à son frère pour le prier de le prévenir, désirant l'accompagner. Le Roi lui répondit : « S'il arrivait un malheur, il faut que tu restes. »

Le prince Amédée était à l'Exposition de Turin,

présidant une cérémonie, lorsqu'il apprit le départ du Roi. Sans même rentrer chez lui , il se jeta en wagon pour aller rejoindre son frère.

Sa générosité, sa charité sont légendaires, et sa magnificence ne connaît pas de bornes dans les fêtes qu'il donne.

11 s'est lassé de la royauté espagnole aussi vite que le peuple s'est lassé de son roi. S'il n'a pas eu la somme de souplesse et de diplomatie qu'il fallait pour faire de la politique espagnole, les Espagnols de leur côté ont mis peu de bonne grâce h essayer son éducation.

Le Roi et le prince Amédée ont deux sœurs : la reine de Portugal et la princesse Clotilde, femme du prince Jérôme Napoléon.

La Reine de Portugal, jolie, intelligente, gracieuse, attrayante, est blonde, avec le teint mat. Ses cheveux, dont elle s'occupe peut-être un peu trop, sont les plus soyeux et les plus dorés qui soient au monde, son sourire a un charme irrésistible. Le visage de Maria Pia est de ceux qui se représentent sans cesse à l'esprit, car on peut les interroger ou y songer longtemps, on a toujours quelque chose à y découvrir. Il semble à première vue que la grâce y domine; mais, pour peu qu'on pénètre le miroir des yeux et qu'on essaye de lire

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