‹ La Société de Saint-Vincent de Paul [microforme]Chapitre 2 sur 12 · FRÉDÉRIC OZANAM · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC OZANAM

Il fonda à Paris, en 1833, avec le concours de quelques autres jeunes étudiants, la Soeiété de Saint-Vincent de Paul.

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S'édifier les uns les autres ; se sanctifier dans l'exercice de la charité ; réconcilier le pauvre avec lui-même, avec la société, avec l'Église, avec Dieu, tels furent les motifs élevés qui animèrent Ozanam et ses compagnons.

Ce feu de l’apostolat embrasa bientôt d’autres étudiants, et les conférences de Saint-Vincent de Paul se multiplièrent rapidement à Paris. De la capitale de la France, l’œuvre d’Ozanam passa en provinces, puis en Italie, en Espagne, en Belgique, en Angleterre.

FONDAYION DE LA PREMIÈRE CONFÉRENCE DE SAINT-VINCENT DE PAUL, À QUÉBEC, EN 1846

C'est à un ancien élève du Séminaire de Québec, le docteur Joseph Painchaud, fils, que revient l’honneur d’avoir fondé la première conférence de Saint-Vincent de Paul au Canada.

En 1845, le jeune Dr Painchaud se rendait à Paris pour y parfaire ses études médicales. Sans négliger les études scientifiques, bien au eontraire, il s’enrola dans une des conférences de Saint- Vincent de Paul de la capitale, et s'’initia à la pratique intelligente et méthodique de la charité. Tandis que d’autres jeunes gens rapportent de Paris des germes de mort, Painchaud y avait trouvé le vrai principe de vie chrétienne.

Dès son retour dans sa ville natale, le Dr Painchaud se rendit auprès du curé de la Cathédrale, alors M. C.-F. Baillargeon, devenu plus tard archevêque de Québec, et lui exprima modestement le désir de voir la Société de Saint-Vincent de Paul prendre racine au Canada, terre par excellence d'apostolat catholique. Le vénérable euré acquiesça au généreux désir du jeune médecin, et le 12 novembre 1846, à 7 heures du soir, dans la chapelle Saint-Louis de la cathédrale Notre-Dame de Québec (plus tard la Basilique) était fondée la première conférence de charité à Québec et au Canada.

LE LR JOSEPH PAINCHAUD, riLS

11 fonda à Québec, en 1846, la première conférence de Saint-Vincent de Paul au Canada.

Grâce au zèle du Dr Painchaud, au mois d'août 1847, Québec possédait déjà neuf conférences, et un Conseil particulier y était institué le 11 octobre suivant. En 1849, l'année du départ définitif de M. Painchaud pour Paris et les missions de Vancouver, douze conférences existaient à Québec ainsi qu’un Conseil particulier.

Voici la liste des conférences fondées à Québec par les soins de M. Painchaud, de 1846 à 1849: Notre-Dame Sriat-Jean, Notre- Dame-d’Espérance, Saint-Louis-de-Goi rayue, Saint-François-Xavier, Saint-Roch, Notre-Dame-des- Victoires, Saint-Vallier, Saint- Joseph, Saint-Vincent-de-Paul (Notre-Dame-de-la-Garde), Sainte- Geneviève, Saint-Patrice.

Toutes ces conférences furent fondées avec le plus grand soin et dans le véritable esprit du Munuel. Mais une œuvre aussi considéra ble avait exigé de M. Painchaud, quoique faible de santé et infir me, des efforts intelligents, soutenus par un zèle vraiment apostolique. La vie du Dr Painchaud sort de l'ordinaire. Déjà feu Mgr Têtu en a retracé les principaux traits, et le 29 juin 1919, le présidert actuel du Conseil supérieur du Canada, à l’occasion du centenaire de la naissance de M. Painchaud, a raconté en détail cette existence toute entière consacrée au service de Dieu. La vie de M. Painchaud sera bientôt publiée en volume et contiendra de nom breux extraits inédits des lettres si intéressantes et si édifiantes du fondateur de la Société de Saint-Vincent de Paul à Québec.

DÉVELOPPEMENT DE LA SOCIÉTÉ DE SAINT-VINCENT DE PAUL A QuÉBEC ET AU CANADA

Les douze Conférences et le Conseil particulier établis à Québec en 1846-47 ont porté des fruits abondants. Le petit arbre transplanté du vieux sol de France sur la terre canadienne s'est merveil. leusement développé, et il étend aujourd’hui son ombre bienfaisante et discrète sur toutes les provinces de la Confédération, moins deux.

D'après le dernier rapport du Conseil supérieur du Canada (1918) il y a 240 conférences de Saint-Vincent de Paul en activité au Canada, Ces conférences, qui renferment 5,952 membres actifs, sont rattachées au Conseil supérieur de Québec par 2 Conseils centraux et 20 Conseils particuliers. En 1918, les conférences de Saint-Vincent de Paul du Canada ont secouru et visité à domicile 4,782 familles, donnant un total de 22,266 personnes assistées. Les recettes se sont élevées à $355,324.96 et les dépenses au 31 décembre à $285,541.95.

En plus de la visite des pauvres à domicile, les conférences dirigent ou patronnent de nombreuses œuvres, telles que Patronages des écoliers et des apprentis, Fourneaux économiques, Maisons de famille, Orphelinats, Colonies de vacances, Œuvres de marins, Refuges, Ouvroirs, Œuvre des Sourds-Muets, Bureaux de renseignements, Comités des hopitaux et prisons, etc. .

La SOCIÉTÉ DE SAINT-VINCENT DE PAUL À QUÉBEC

La ville de Québec possède deux Conseils particuliers, l’un de langue française, l’autre de langue anglaise. Le Conseil de langue française a 34 conférences sous sa juridiction et le Conseil de langue anglaise, 5.

Le siège du Conseil supérieur du Canada est à Québec depuis son établissement, e 1850. Voici la liste des présidents généraux qui se sont succédés à la tête du Conseil supérieur depuis soixantedix ans :

MM. Augustin Gauthier, George-Manly Muir, P.-E. Smith, C.-N. Hamel, C.-J. Magnan.

Les chapelains généraux du Conseil supérieur apparaissent pour la première fois dans les Annales de la Société, à Québec, le 31 juillet 1859. En voici la liste depuis cette date :

M. l'abbé Edmond Langevin, 1859 à 1867 ; M. l’abbé Antoine Gauvreau, 1867 à 1870 ;

M. l'abbé Napoléon Laliberté, 1870 à 1878 :

M. l'abbé Henri Têtu (plus tard Mgr Têtu), 1878 à 1915 ;

Mgr Joseph Hallé, 1915 à 1918 ;

Le chapelain actuel est M. le chanoine R. Guimont.

Le Conseil particulier de Québec, établi en 1847, eut pour premier président l'honorable Jean Chabot, qui fut ministre des Travaux publics dans le gouvernement de l’Union, en 1849. Il devint dans la suite juge de la Cour supérieure. L’honorable M. Chabot était l'oncle de l’un des doyens actuels de la société de Saint-Vincent de Paul de Québec, M. Marcel-H. Chabot, secrétaire général de la Société depuis quarante ans. Depuis la création du Conseil supérieur, le président de ce Conseil est de droit le président du Conseil particulier,

Les CONFÉRENCES DE QUÉBEC Leur activité — Quelques statistiques

La ville de Québec, au point de vue de la Société de Saint- Vincent de Paul, est partagée en vingt-cinq districts, dont les limites sont fixées de telle rue à telle rue. Chaque district est confié à une Conférence paroissiale, laquelle a pour mission de découvrir et secourir tous les pauvres du quartier, jugés dignes, et ce après visite d’enc te.

De plus, neuf « ences de jeunes gens rayonnent sur tout le territoire de la cité, après entente préalable avec les conférences des paroisses. Une dixième conférence de jeunes gens a un territoire déterminé.

Les cinq conférences irlandaises se partagent la ville, au point de vue des catholiques pauvres de langue anglaise.

En 1918, (le rapport pour 1919 n’est pas encore publié) les conférences de langue française de la ville de Québec renfermeient

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