La Société de tempérance de la croix noire [microforme]
dont Son Eminence le Cardinal Bégin est le Directeur général, est heureuse d'offrir à chaque famille catholique de la ville de Québec un exemplaire de la Lettre Pastorale que Son Eminence a fait lire dans toutes les églises de la ville au sujet du vote que les citoyens vont être appelés à donner le 4 octobre, pour ow contre la prohibition.
On aimera à garder ce solennel message d’un prince de l'Eg'ise — notre archevêque, notre père, notre meilleur conseiller — qui fait connaître à ses ouailles la gravité de la question qui se pose aujourd’hui et leur indique claire-
| ment la conduite à tenir.
ExrRaiT DE LA “ LETTRE PASTORALE DES PÈRES pu PREMIER CoxciLe PLénien pe Quésec (1909).
‘ Parmi les plaies sociales qui ont déjà fait beaucoup de mal à notre pays, nous tenons particulièrement à indiquer l'alcoolisme. Il est peu de vices qui soient plus féconds en ruines que celui-là ; il n'en est point qui ouvrent plus sûrement et plus vite la voie à toutes les déchéances physiques, intellectuelles et morales. L'alcool est un poison qui a ce terrible pouvoir de s'attaquer à la fois à l'âme et au corps, dont il paralyse toutes les énergies et épuise toutes les sources vives. L'appétit grossier, insatiable et immoral qu'il développe dans les sens, est une des passions les plus avilissantes et les plus inguérissables que l’on connaisse. Ses victimes sont un objet de scandale ou d'horreur pour la société, en attendant qu'elles aillent grossir la triste clientèle des hôpitaux et des maisons de santé.
‘* Une expérience déjà vieille, et toujours renouvelée, nous apprend ce que deviennent les fortunes, quand elles sont mises au service de cette exigeante passion : elle nous montre aussi comment le salaire de l’ouvrier, au lieu d'aller pates au foyer le pain de chaque jour et le modeste confort dont il a besoin, s'arrête sou-
vent en chemin, et tombe aux mains de l’aubergiste complaisant, qui vend à ce prix le déshonneur du père de pen” la misère et la
honte de la femme et des enfants. Si nous consultons les statistiques, elles nous révèlent qu'il se consomme annuellement, en notre pays, pour plus de cent millions de piastres de liqueurs alcooliques. r, la plus grande partie de cette somme constitue le budget où s’alimente le vice, et où se gaspillent les trésors de force physique et de vigueur intellectuelle et morale, que Dieu a si libéralement accordés à notre peup:".
‘ L'Église ne cède donc pas à des craintes chimériques quand elle fait appel à ses enfants, et o*"s les groupant sous l’étendard de la croix, elle organise une vi :... :* campagne contre l'un des
ires ennemis de la religion et : e. cela, elle reste fidèle
son rôle et à ses t:adition: : «tre AU fléau de l'alcoolisme remonte à l'origine même : : . Quand la traite de l'eau-de-vie menaçait de ru: sa civilisation naissante, un homme se dressa fièrement en iso des trafiquants cupides, au’encourageait l'appui ae ou moins avoué du pouvoir : ce fut notre premier et illustre évêque, Mgr de Laval. Dans le duel émouvant se eut lieu alors, et dont les adversaires nous apparaissent aujour-
hui éclairés par la plein” lumière de l'histoire, le beau rôle reste au vaillant apôtre de la tempérance. C'est lui qui fut le vrai patriote et le clairvoyant défenseur des intérêts matériels et religieux de la colonie.
‘“ Héritiers de ce grand évêque, nous avons à cœur de continuer aujourd’hui la croisade dont il fut ici le héraut intrépide. A son exemple, nous voudrions arracher notre peuple au péril toujours renaissant de l'alcoolisme. Nous avons la ferme confiance que nos efforts ne seront pas inutiles ”’.
C’EST AINSI QU'ONT PARLÉ TOUS LES ARCHEVÊQUES ET Évêques pu CANADA, AYANT A LEUR TÊTE LE DÉLÉGUÉ APOSTOLIQUE DU SAINT-SIÈGE.