Dubuisson, Proly et Pereyra
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risquant leur existence, ont déchiré le voile et fait décider l'infâme Dumouriez.
Mais, Frères, ce ne sont pas là tous vos dangers !. . . Il faut vous convaincre d'une vérité douloureuse ! Vos plus grands ennemis sont au milieu de vous, ils dirigent vos opérations. 0 vengeance!!! Ils conduisent vos moyens de défense !.. .
Oui, Frères et amis, oui, c'est dans le Sénat que de parricides mains déchirent vos entrailles ! Oui, la contre-révolution est dans le gouvernement..., dans la Convention nationale! C'est là, c'est au centre de votre sûreté et de vos espérances que de criminels délégués tiennent les fils de la trame qu'ils ont ourdie avec la horde des despotes qui viennent nous égorger!.,. C'est là qu'une cabale sacrilège dirigée par la cour d'Angleterre... et
autres
Mais, déjà l'indignation enllauune votre courageux civisme. Allons, républicains, armons-nous! Et, sans nous laisser amollir par de vaines terreurs sur nos calamités, que notre sagesse s'arrête sur les moyens de salut qui nous restent ; les voici :
Levons-nous ! Oui, levons-nous tous! Mettons en état d'arrestation tous les ennemis de notre révolution et toutes les personnes suspectes. Exterminons sans pitié tous les conspirateurs, si nous ne voulons être exterminés nous-mêmes. Et, pour rendre à la Convention nationale, qui seule peut nous sauver, pour lui rendre sa force et son énergie, que les députés patriotes qui sont en mission dans les quatre-vingt-trois départements soient renvoyés à leur poste, qu'ils y reviennent le plus promptemenl possible ; et, à l'exemple des généreux Marseillais, que de nouveaux apôtres de la liberté, choisis par vous, au milieu de vous, remplacent ces commissaires; qu'ils soient envoyés dans les villes et dans les campagnes, soit pour faciliter le plus prompt recrutement, soit pour échauffer le civisme et signaler les traîtres.
Que les départements, les districts, les municipalités, que toutes les Sociétés populaires, s'unissent et s'accordent à réclamer auprès de la Convention, à y envoyer, à y faire pleuvoir des pétitions qui manifestent le vœu formel du rappel instant de tous les membres infidèles qui ont trahi leur devoir en ne voulant pas la mort du tyran, et surtout contre ceux qui ont égaré un si grand nombre de leurs collègues. De tels délégués sont des traîtres, des royalistes ou des hommes ineptes. La République réprouve les amis des rois ! Ce sont eux qui la morcellent, la ruinent, et ont juré de l'anéantir. Oui, citoyens, ce sont eux qui ont formé cette faction criminelle et désas-
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treuse. Avec eux, c'en est fait de votre liberté ! Et par leur prompte expulsion, la patrie est sauvée 1!!
Que tous s'unissent également pour demander que le tonnerre des décrets d'accusation soit lancé, et sur les généraux traîtres à la République, et sur les ministres prévaricateurs, et siu* les administrateurs des postes, et sur tous les agents infidèles du gouvernement. A'ùilà nos plus salutaires moyens de défense ; mais repoussons les traîtres et les tyrans.
Le foyer de leur conspiration est ici : c'est à Paris que nos perfides ennemis veulent consommer leur crime. Paris, le berceau, le boulevard de la liberté, est, n'en doutez pas, le lieu où ils ont juré d'anéantir sous les cadavres des patriotes la cause sainte de l'humanité.
C'est sur Paris que Dumouriez dirige ses vengeances, en ralliant à son parti tous les royalistes, les feuillants, les modérés et tous les lâches ennemis de notre liberté. C'est donc à Paris que nous devons tous la défendre ! Et pénétrez-vous bien de cette vérité, que Paris, sans vous, ne peut sauver la République. Déjà les intrépides Marseillais sont debout, et c'est pour prévenir leur arrivée que la cabale scélérate presse l'accomplissement des forfaits du traître Dumouriez.
Français ! La patrie est menacée du plus grand danger ! Dumouriez déclare la guerre au peuple, et, devenue tout à coup Pavantgarde des féroces ennemis de la France, une partie de son armée, séduite par ce grand criminel, marche sur Paris pour rétablir la royauté et dissoudre la Convention nationale.
Aux armes, républicains ! Yolez à Paris; c'est là le rendez-vous de la France ; Paris doit être le quartier général de la République.
Aux armes 1 Aux armes ! . . . Point de délibération, point de délai, ou la liberté est perdue ! Tous moyens d'accélérer votre marche doivent être mis en usage. Si nous sommes attaqués avant votre arrivée, nous saurons combattre et mourir, et nous ne livrerons Paris que réduit en cendres !!!
Signé : Mar.\t, député, président ; Dubuisso.x, vice-président ; Jay, DuQUESNOY, députés, CoiNDHE, Dui'p:iret, CiiAMi'ERTois, Prieur, secrétaires.
PRÉSIDENCE DE MARAT
[Marat vient occuper le fuiitouil au milieu des applaudisseuienis universels. — L'ordre du jour est « de connaître nos ennemis ». — ALbitle dit que les « hommes d'Etat » étaient d'accord avec la faction d'Orléans : la preuve, ce sont les rapports de Gensonné avec Duniouricz. Il émet le vœu qu'un « journal bien fait » soit créé pour éclairer les départements ; il propose de charger six membres de la Société de rédiger l'iiistoricpie des derniers événements, pour faire connaître au peuple <juels sont ses véritables ennemis. La proposition est adoptée. — Albilti' continue son discours : il demande que tous les citoyens soient soldats, comme tous les soldats sont citoyens. — Marai déclare qu'il vient de recevoir de mauvaises nouvelles de l'armée des Alpes et qu'il cpiitte la séance pour se rendre au Comité de salut public '.
Fci'i'ières annonce que demain se tiendra, à la salle de l'Evéché, la dernière assemblée, j)Our rédiger une pétition à la Convention, dans laquelle on exposera un moyen de diiiiinuer le prix des denrées, déjà présenté par lui k la Société. Il invile les citoyens compétents à se trouver à cette assemblée. — C... dit qu'il faut que le Tribunal révolutionnaire fasse tomber par jour une douzaine de lètes et non pas une V
Lecture de la correspondance. On lit une adresse de la Société de Lyon, et une adresse de la Société de Rennes, ((ui affirment leur attachement aux principes professés par la Société-mère, et demandent qu'on s'occupe avant tout des armées. Une lettre du citoyen Peyron, membre de la Société de Marseille, se termine ainsi : ]
AujourJ'liui, Marseille voit clair ; elle ne veut plus à la Convention aucun appelant au peuple ; elle voue tous ses mandataires qui ont voulu transiger avec le tyran à l'exécration publifjue ; elle est décidée, cette grande cité, à sauver la République à quelque prix que ce soit.
[Les Sociétés de Négrepelisse, Arles, Jarnac, Tonneins, Saint-Avold, Condom, Gontaud, Effiat, Trets, adhèrent aux principes et au projet d'abonnement exposés dans les adresses du l^^'" mars*.]
La séance a été levée à dix heures.
1. Créé pur décret du 6 avril 1793, le Comité de salut public tint sa première séance le 7 avril à midi, et sa seconde le même jour, à sept heures du soir. — Marat n'était pas membre de ce Comité.
2. Le Tribunal révolutionnaire avait tenu la veille sa première séance et avait condamné à mort un émigré rentré en France. Voir le n" 1 du Bulletin de ce tribunal. — Bibl. nat., Le 2/714, in-i".