Il semble que ce soit Levasseur i,de la Sarthe
• — Le Vice-Président annonce (jne le Comité de correspondance va faire placarder l'adresse dn 5 avril. La Société approuve cette décision.
Desfieux lit l'exlrait de la correspondance. Les Sociétés de Sentis, Saint- Sauveur, Héziers, Lusignan, La Rochelle, Clermont-Fcrrand, Rouen, etc., adhèrent au jH-ojct (rabonnenient.]
La séance a été levée à di.K heures.
PHLSinii.NCE HE M.VHAT
[Lecture de deux lettres de Tallien : la pi-cinirrc annonce (pie les républicains ont occupé Coron et nuirchent sur Cliolet ; la deuxième défend le général Berruyer contre une dénonciation faite aux Jacobins.
Une lettre de Laval du 10 avril porte (pie Carra et Perlet avaient em|u-isonné les sans-culoltes; mais maintenant tout va bien : « La guilloline est ici permanente. » — Un di'puli' ilr lu Sitcirli'- de Slrasbonrij se plaint qu'on ait rappelé les représentants Couturier et Dentzel, (pii destituaient les fonctionnaires aristocrates, tandis ipie Riilil n'était (pi'iui iiiuih-ié, un égoïste. 11 se plaint aussi (pie Custine ne dise jamais la vérité.
Bentabole raconte ce (pii s'est passé à la Convention lors(pie les pétitionnaires de toutes les sections, présentées par le maire de Paris, Paclie, sont venus présenter une adresse demandant le remiilacement de vingt-deux députés '.
Un Marseillais dénonce Legendre , Basire et Bovère, représentants envoyés à Lyon : ils sont les amis des contre-révolutionnaires. — Alhille essaye de les défendic. — liobespierre le Jfunc confirme les accusations portées contre eux. — J)rs/ii-i(x déclare ijuils n'ont pas daigné une seule fois répondre aux lettres du Comité de correspondance. La Société arrête qu'elle leur écrira pour les ra|)peler aux vrais principes et (ju'elle ouvrira une souscription pour envoyer trois commissaires jacobins à Lyon.]
La séance a élu levée à (Jix heures.
PRÉSIDENCE DE MAHAT
[Desfieux rend ouiuple que le Comité de correspondance a, suivant l'arrêté 1. Voir Procès-verbal de la Convention, t. IX, p. 273-277.
136 SOCIÉTÉ DES JACOBLNS [17 avkil 1793]
de la Sociôto, onvoyi' dos courriers extraordinaires dans les d(''j)arlenients, pour faire connaître la siUiation de la République. Deux ont été envoyés à Marseille : de là vient (ju'on annonce de celte ville l'arrivée prochaine de six mille Marseillais armés. Un autre, envoyé à Toulouse, a été arrêté par le déparlement, à son passage à Bordeaux. — Le Peletier annonce qu'à Auxerre, on a mis en état d'arrestation tous les prêtres réfractairos. — Un membre fait lecture d'une lettre de Landau, annonçant que cette ville est sur le point d'être bloquée. Il déclare que Custine trahit. — Robespierre donne son opinion sur les mesures à prendre, dans un discours dont nous extrayons le passage suivant :]
La conjuration de Dumouriez a fait de grands maux à la France, mais elle n'est point arrivée à son terme. Pour la première fois nous avons un Comité patriote. Le Comité de salut public n'a pas encore pris toutes les mesures pour sauver la patrie; mais il a fait des choses très utiles, et il n'est question que d'éveiller le patriotisme des citoyens qui composent ce Comité. (Bruit.)
Tout ce qui ne porte pas le caractère d'emportement est écouté avec défaveur, et cependant jamais nous n'avons un plus grand besoin du sang-froid de la réflexion.
Ce Comité a déjà fait destituer plusieurs officiers aristocrates. Le ministère de la guerre va bien actuellement. Je ne réponds pas de l'avenir; mais ce ministère, composé de vrais patriotes, se concerte avec le Comité de salut public, et travaille avec autant de zèle que de civisme.
Notre armée s'est ralliée et a remporté déjà quelques avantages sur les Autrichiens, et c'est un miracle que notre armée ait survécu aux trahisons de Dumouriez. Si cette trahison était arrivée à son terme, nos places fortes auraient été livrées à l'ennemi, et c'en était fait de la liberté.
V Pour assurer le salut de la République, il faut que tous les officiers suspects, placés par Beurnonville et ses complices, soient chassés. Il faut ensuite, pour purger l'intérieur, chasser tous les agents du pouvoir exécutif. Il faut renouveler le directoire des postes. Il faut chasser Clavière, l'artisan de tous nos maux, le protecteur de l'agiotage. Toute la France le proscrit, et le Comité de salut public ne tardera pas à le chasser.
Un fléau, non moins redoutable, ce sont les papiers publics soudoyés par nos ennemis étrangers. Il est bien singulier qu'ils soient les défenseurs de Dumouriez, les interprètes de Cobourg, et qu'ils s'unissent à nos ennemis pour égarer l'opinion publique et étouffer la liberté.
Une mesure révolutionnaire est indispensable, c'est de créer des
papiers patriotes et de proscrire tous ceux que l'aristocratie enfante et protège.
C'est sur la Convention nationale que nous devons fixer nos regards. Dans son sein, il existe un parti qui veut la perle de la République; ce parti a été déconcerté par la découverte de la trahison de Dumouriez; mais il conserve encore une grande force, et il la puise dans son système de calomnie, et dans les journaux qui lui sont dévoués cl qui corrompent l'esprit public. Je vous ai dit que les ennemis que la République a au sein de la Convention veulent favoriser la contre-révolution par la convocation des assemblées primaires. Cette vérité est sensible. Plusieurs départements sont déjà, en quelque sorte, en état de contre-révolution. Les choix seraient influencés par les riches, par les égoïstes. Le plan de nos ennemis est de ressusciter l'aristocratie. Les assemblées primaires seraient un instrument de guerre civile, parce que le peuple est égaré ; il faut s'attacher à l'instruire.
[Robespierre conclut en projtosant de rapiiortcr l'arrètô de la Société qui ordonne l'affichage de la lettre dans laquelle les Marseillais annoncent l'arrivée de six mille hommes, il faut se garder de donner prise aux calomnies de nos ennemis. — Après des débats assez vifs, la Société adopte la proposition de Robespierre. — Diifournij rappelle cpic l'ordre du jour était la question des subsistances : il demande qu'on lasse demain, à ce sujet, une séance extraordinaire. (Adopté.) — Une dépittalion de la Société fondée à Orléans par Léonard Bourdon annonce le rétablissement de ce commissaire. — Une députation de la section des Quinze-Vint/ls vient prendre l'engagement solennel de défendre .Maral.
Lecture de la correspondance. — Houchotte, ministre de la guerre, écrit qu'il a remplacé un conuiiissaire-ordonnateur dénoncé par la Société : il envoie le taltleau de tous les officiers des armées, afin que les membres de la Société puissent donner leur opinion sur eux. — La Société d'Auxerre é-îrit qu'elle envoie à la Convention une pétition en faveur de .Maral.]
La séance a été levée à dix heures.