‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 48 sur 141 · Il s'agit sans doute de la pièce suivante · texte numérisé non relu

Il s'agit sans doute de la pièce suivante

Copie d'adresse à la Convention, envoyée à la Société des Jacobins de Pans par la Société de C/uilon-si/r-Saône. . . Paris, imprimerie patrioticiue et républicaine, in-8"> de 8 p. — Bibl. nat., Lb 40/2317. — Une note finale, indif[uant fpie l'impression de cette pièce aurait été votée par la Société le 19 mai, semble errunéc. La Société fd réimprimer, dans les derniers jours de mai, plusieurs adresses envoyées à la Convention et rédigées en faveur de la "Montagne par des Sociétés ou des Administrations des départements. Voici une de ces pièees. d(uit nous n'avons pu déterminer la date exacte :

U Administration du district, le Conseil général de lu Coininiine, le Tribunal civil et la Société républicaine de Sainf-I'ol, département du l'as-de-Calais, à la Convention nationale. Paris, imprimerie des ([uatrc-vingt-six départements et de de la Société des Jacobins, s. d.. in-8" de 3 p. — Bibl. nat., Lb 40/2318.

et si lâchement trahie, qiTil est naturel de soupçonner les généraux. En subissant rexamen le plus sévère, je suis devenu plus digne de votre confiance. A présent que je vais encore reprendre le commandement à la Vendée et ensuite au-delà des Alpes, je viens dans le sein de cette Société manifester mes principes et ma profession de fui qui repose sur ces bases : haine pour les tyrans, amour pour le peuple. . . » {Applaudi.)

U.v Membre. — Je demande que la Société se tienne dans le plus grand calme. Qu'on se rappelle que Dumouriez, qui tenait à cette tribune [bniil) le même langage que Kellermann, fut couvert d'applaudissements, et cependant Dumouriez n'est parti de cette ville que pour renouveler ses trahisons dans la Belgique, et Kellermann est à mes yeux son complice d'apn-s. .. [Applaudi.)

Kellermann C(mtinue : « Je viens au sein de cette Société vous attester que je suis digne de votre confiance et que mes principes sont fondés sur trois bases : haine pour les tyrans, amour pour le peuple, fidélité à la Républi(pie une et indivisible. Je fais le serment, Frères et amis, que telle a été, que telle sera toujours la règle de ma conduite. Partout je comballrai pour la défense et pour les droits du [teupk^. »

Hassenfratz. — Kellermann, le 20 septembre, a rendu un service à la République; Kellermann a ensuite arrêté les troui»es de la République entre Verdun et Longwy. Deux fois Kellermann a été dénoncé. Il nous fait un serment que tout républicain doit faire; mais nous avons été si cruellement trompés, que nous devons inviter tous les membres de cette Société à surveiller Kellermann Cette surveillance aura deux objets d'utilité : le premier de le défendre, s'il est accusé injustement; le second de le dénoncer, s'il ne fait pas son devoir. {Applaudi.)

[Kellermann fait l'apologio do sa conduite pendant la canipayne de 1702. Il est interrompu par rarrivée des volontaires de la sedion du Louvre, qui dérdcnt dans la salle des séances, et (pu renouvellent leur serment de mouriien défendant la Hl)(>rté et la Républi(pie une et indivisible. — Jlnhrspiemle Jeune déclare (pi'il faut s'occuper du salul ]>ulilic, el non de Kellermann. La faction des lionnncs d'État perd la République : elle veni supprimer le Tribunal révolutionnaire. L'orateur ajoute :]

Citojens, apprenez ce qui s'est passé ce matin. Cette garde départementale, si longtemps repoussée, a été enfin décrétée ce matin. {Bruit). Il a été décrété ce matin que la Convention nationale n'était point en sûreté en Paris, et que par conséquent elle avait besoin d'une garde. Et dans quel temps ces mesures liberticides ont-elles

20G SOCIÉTÉ DES JACOBINS !2'f mai 1703]

été adoptées ! C'est dans un temps où Paris perd ses défenseurs les plus énergiques ; c'est dans un temps où Paris envoie chaque jour une armée dans la Vendée, dans le temps où l'aristocratie lève la tête à Paris. Il arrivera une garde fournie par les corps administratifs vendus à la faction, et bientôt la faction aura assassiné les patriotes par les tribunaux révolutionnaires qui lui seront dévoués,

[Ciisst't se i)laint quo la Convention ait rendu un drorot (jui ordonne aux assemblées de section de ne pas i)rolongei' leurs séances au-delà de dix heures du soir '. Il propose tpron nomme des commissaires pour rédiger une adresse aux Sociétés populaires. La Sociélé adopte ce i)rojct. — Hassenfratz lait la proposition suivante :]

Je désire qu'il y ait, une ou deux fois par semaine, des banquets montagnards, des banquets jacobins, où Ton puisse manger à 30 sous par tète. Il faut toujours diner. On dînera fraternellement, on prendra des mesures de salut public. Je ne demande pas qu'on mette aux voix cette proposition, mais je demande qu'on se réunisse au moins deux fois par semaine chez un restaurateur quelconque.

La Société arrête l'envoi, l'impression et l'affiche de la motion d'Hassenfratz.

[La Société décide que les premiers numéros du journal qu'elle a annoncé paraîtront, prochainement.]

La séance a été levée à onze heures.

PRÉSIDENCE DE BENTABOLE

[Plu.neui's membres donnent leur opinion sur la manière dont les patriotes pourront se rendre maîtres des sections.]

Le Président invite les membres de la Société à se rendre au Comité d'administration pour délibérer sur la prompte organisation du Journal de la Montagne, qui doit paraître le premier du mois prochain.

1. Robespierre et Ciisset font alhision au tlécret rendu le 2i mai par la Con- -ventinn, sur la proposition de la Commission des douze, l'rocès-verbal de la CunvenliniK t. Xll. p. !:n-i:}9.

[2g mai 1793] SOCIETE DES JACOBINS 207

Le Pi'ésident lit une lettre d'un citoyen, qui se plaint amèrement de la formation du Comité des douze, qu'il regarde comme l'ouvrage d'une faction qui veut faire monter les patriotes sur l'échafaud. Quelques murmures interrompent la lecture de cette lettre. Le? interrupteurs sont rappelés à l'ordre.

[Plusieurs utembres |iarleiU contre les menées des Girondins.]

Marat. — Entreprendre de démasquer la faction des hommes d'État, ce serait perdre du temps. Elle est suffisamment connue ; mais il importe de dévoiler ses complots criminels. C'est en abusant des mots, c'est en leur donnant une fausse application, que les hommes d'État sont parvenus à faire illusion et à arrêter l'indignation des bons citoyens ; c'est en appelant républicains purs les fauteurs du despotisme et les suppôts de la tyrannie qu'ils ont soulevé contre les patriotes tous les aristocrates des sections. L'autre .jour, ils appelèrent à la barre les aristocrates de trois sections • ; aujourd'hui, ils ont appelé les agioteurs de la section du Mail, pour donner quelque consistance à leur calomnie, contre les prétendus auteurs d'un complot ourdi contre la représentation nationale, complot qui n'existe que dans leur tète. Il est important de se réunir demain pour barrer leurs projets. 11 est important de faire anéantir la Commission contre-révolutionnaire des douze, dont le projet est de livrer au glaive de la loi les amis énergiques du peuple ; il faut que toute la Montagne se soulève contre cette indigne Commission, qu'elle soit vouée à l'exécration publique et anéantie sans retour. (Applaudi.)

[Simond appuie les propositions de Maral el se plaint (luc les drpulès de la Montagne ne soii'nt pas assidus à la Convention.]

Legendre. — Vous convoqueriez inutilement les patriotes; je suis sûr qu'il n'y en a pas quinze ici. Ceux qui viennent aux Jacobins sont assidus à la Convention. Ceux qui ne viennent point aux Jacobins ne sont point assidus à la Montagne.

[Couthon propose (ju'on invite les Sociétés aililii'es à envoyer un blànie aux députés de leurs départements qui ne seraient pas assidus aux séances de la Convention. Adopté.

1. Ces trois sections sont celles des Tuileries, de la Fraternité et de la Bullcdes-Moulins, qui vinrent, les deux premières le 20 mai. la dernière le 24 mai, protester à la Convention contre la conduite de la Commune de Paris. Procèsverbal de la Coiivenl/on. t. XII. p. 99, 112, 136. Au sujet de la démarche faite le 2(5 mai par la section du Mail, voir ibUL, t. XII. p. 180.

208 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [20 mai 1793]

Le frère (VHasaenfrntz, qui arrive de rarmée du Nord, annonce que Valenciennes est blo(iué et Condé sur le point d'être pris. On lit deux lettres de Vergniaud aux Bordelais, dans lesquelles il invite ses électeurs à le venger, s'il est tué.]

La Société arrête l'impression et Taffiche des lettres de Vergniaud, avec une note caractéristique.

Robespierre. — Je demande que Tattentidn publique se porte sur cette lettre, qui vous donne le secret des trames criminelles de nos ennemis. Il faut rappeler au peuple que Yergniaud est le même homme qui, par Thierry el Boze, ofl'rait au roi de le maintenir sur le trône, s'il voulait rappeler auprès de lui les trois intrigants qui ont fait le malheur de la France, et s'il voulait nommer un gouverneur au prince-royal; de manière que, si cette proposition eût été acceptée, le peuple était pour jamais rattaché à la tyrannie. Il faut savoir que cet homme hypocrite est celui qui s'opposa à la décliéance du roi, lorsqu'elle était demandée par les plus chauds patriotes. D'après cela vous devez juger la faction dont il est l'àme. Partout elle rappelle la royauté du tombeau ; partout elle aiguise les poignards contre les patriotes.

Je demande que vous imprimiez au pied de la lettre une note qui rappelle tous ces faits. Tout ce que Yergniaud écrit et débite, ses semblables l'écrivent dans les départements ; ils tiennent le même langage à la tribune, ils y répètent les lieux communs de liberté et de républicanisme.

huel est le moyen de déconcerter leurs complots ? Ce n'est pas de se livrer à de vaines terreurs, et j'ai vu avec peine que vous vous êtes alarmés à la nouvelle de la prise de Condé, car il est très possible qu'une mauvaise nouvelle nous soit celée, et alors les Jacobins doivent conserver l'attitude la plus calme, la plus imposante. Si vous aviez gardé cette attitude, tout le monde aurait dit : « Ils ne craignent point les ennemis étrangers, ils ne craignent que les traîtres de l'intérieur. »

La faction de Uumouriez existe ; si Condé n'est pas pris, il peut être pris demain. Ne vous eflrayez pas de cette foule d'adresses qui vous sont envoyées par les marcbands contre-révolutionnaires, par les négociants royalistes. Quand le peuple se lève, tous ces gens-là disparaissent. Que le triomplie momentané de l'aristocratie ne vous effraie pas davantage que le succès des intrigants dans quelques sections corrompues. Le faubourg Suint-Antoine écrasera la section du Mail, comuie les sans-culottes de Bordeaux écraseront les aristocrates.

[Robespierre continue; il est interrompu par un membre, qui annonce que les patriotes de la section du Mail sont en ce moment en lutte avec les aristocrates et le président de leur section. Robespierre achève son discours.]

La Société arrête que les lettres Je Vergniaud seront imprimées avec les observations faites par Robespierre, d'après la réclaetion qu'il est prié de faire lui-même.

[Le Comité récoltiliûnnaire de la sectiun de la Croix-Rowjc et plusieurs membres demandent que la formalité des cartes soit su]>primée pour l'entrée des tribunes de la Convention.]

La séance a été levée à onze heures.

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