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mité de salut public, la Convention nationale, et où on prodigue des éloges à Lacuée, qu'on veut maintenir au mépris des décrets.
La séance a été levée à on/.e heures.
SÉAiNCE DU MERCREDI 26 JUIN 1793
PRÉSmENCE DE DAVID
[LocUire de la correspondance. La Société de Wisscmbourg el celle de Cambrai font part d'adresses on faveur de la Montagne, qu'elles envoient à la Convention. — La Société d'Yvetot demande la i)unition des déi)Utés qui ont pris la fuite pour agiter les départements. — La Société d'Ornans annonce <pie les administrateurs du département du Doubs ont rejeté à l'unanimité le projet d'envoyer des délégués à l'assemblée de Bourges. — La Société de Bédarieux, celle de Massiac, celle de Sedan, celle du Mans félicitent les Parisiens d'avoir demandé la punition des traîtres. — Le président de la Société de Rouen écrit, en date du 2') juin, (jue les mendjres de cette Société ont décidé à l'unanimité de ra])porter l'arrêté par lequel ils déclaraient rom])re avec la Société de Paris.
Carrier prend à partie Roussillon, membre du Ti-il)unal révolutionnaire, et se plaint que ce Tribunal ait acquillé un émigré. Il demande le renouvellement du Tribunal. — lloussillon répond que Cofl'inlial est venu témoigner du civisme de l'accusé qui a été acquitté. — Robespierre s'oppose au renouvellement, car les membres actuels seraient peut-être remplacés par des membres plus faibles. — Benîahole dit qu'il faut tout au moins épurer le Tribunal. L'autre jour, il s'est borné à condamner à la déportation à la Guyane un ])articulier qui avait traité « les membres de la Convention nationale de brigands, qui avaient assassiné le roi, qui seraient pendus )>. — La citoyenne Lacornbe, députée par la Société républicaine révolutionnaire, vient exhorter les Jacobins à inviter la Convention à refuser ' de payer à la Montansier 200,000 livres d'indemnité qu'elle réclame pour son voyage en Belgique'.]
La séance a été levée à onze heures.
[. Ci'. Recueil des actes du Comilé de sahil pi/hl/c. I. il. p. 75, et I. V, p. 98, 12.3, \-2i.
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SÉANXE DU VENDREDI 28 JUIN \W.i vnvsiuv.sŒ m: david
fLcctiirc di- la coiTcspondance. l-a Socirli' do Saiiil -lli|i|Kilyl<' dôolaro qu'elle ne peut plus correspondre avec les Jacobins. — l.a Sociélé de Monlbazens (Aveyron; demande l'arniialion, qui lui est accordée. — La Société de Montdidier, celle de .Morleau i)oulis\ envoient des dénonciations. — Une lettre de Bordeaux dit (|iii' les Sociétés de celle ville subissent l'intluence de la Société des (^-ordcliers de Bordeaux et sont très équivO(|ues. — Une discussion s'eni;age à propos des troubles de Toulouse. — /{nhcspicrif prononce un discours pour appeler l'attention de la Société sur les grandes mesures de salut public qu'il laut prendre à l'aris. Voici les principaux passages de son discours :]
Tous les citoyens éclairés saveni (|iie le seul moyen de maintenir la Républicjue est de maintenir l'imilé, le lien d'union et de fraternité des citoyens de cette j^raiule cité. Paris est la citadelle de la liberté; il ne faut plus la dégarnir de canons, mais au contraire, il faut réaliser ces manufactures d'armes, dont on a si souvent parlé. Je n'admire point du lont les oflros que font toutes les sections d'hommes, de canons, etc., car c'est le corps de réserve de la liberté, c'est lui qu'il faut avant tout maintenir et défendre.
Il ne faut pas plus dégarnir Paris qu'un ne dégarnissait Valenciennes. En perdant celui-ci, on perdrait une frontière; en perdant Paris, on perdrait la liberté.
Paris, s'il conserve le caractère qu'il a uKnitré jusqu'à ce jour, caractère qui en a imposé à tous les malveillants, Paris sera digne d'achever une révolution qu'il a si glorieusement commencée. La Constitution la plus populaire qui ait jamais existé vient de vous être offerte. Une Assemblée, qui fut quelque temps contre-révolutionnaire, a fait cette grande œuvre, mais elle avait auparavant subi de grandes altérations. Le double miracle de son renouvellement, de son épurement est dû tout entier au foyer de lumière, dont le peuple l'avait entouré, et au centre de probité qui existe au sein même de la Convention nationale.
On calomnie les Jacobins, les Montagnar.ls, les Cordeliers, les vieux athlètes de la liberté. Un homme couvert du manteau du pa-
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triotisme ', inai^^ donl il est permis de suspecter au moins les intentions, insulte à la majesté de la Convention nationale ; sous prétexte que la Constitution ne contient point de lois contre les accapareurs, il en fait conclure qu'elle n'est point propre au peuple pour qui elle est faite.
Les hommes qui aiment le peuple sans le dire, et qui travaillent sans relâche à son bien-être sans s'en targuer, seront bien étonnés d'entendre dire que leur ouvrage est anti-populaire, et que c'est une aristocratie déguisée.
11 n'en serait plus question, ?i cet intrigant, se contentant du mépris dont il fut abreuvé, fût resté dans le silence de la honte ; mais on assure que cet homme s'est présenté le lendemain aux Cordeliers, ce lieu sacré que les patriotes de fraîche date n'envisagent qu'avec une vénération mêlée d'effroi. Cet homme ose répéter les injures prétendues patriotiques qu'il avait vomies précédemment contre la Constitution.
Il n'est pas un de vous, qui siégez dans cette enceinte, qui n'ait été dénoncé comme l'ennemi le plus acharné du peuple, auquel il sacrifie son existence entière.
Enfin, il a fait arrêter que cette adresse serait représentée à la Convention ; bien plus, qu'elle serait répétée à l'Évêché, autre lieu célèbre par les grands principes qui y furent toujours professés et soutenus.
Plusieurs voix. — 11 a été chassé !
[Robcsj)iorrc continue on déclarant qu'il a confiance dans l'ospril du peuple, qui s'éclaire chaque jour. Il ajoute :]
Je dis donc que ceux qui vont prêchant contre la Montagne de la Convention sont les seuls ennemis du peuple. Quand nous deviendrons brissotins, nous voulons bien être les victimes de notre apostasie, mais jusque-là, défiez-vous bien de ces intrigants qui, sous le masque du patriotisme, ne cherchent autre chose qu'à vous replonger dans l'abîme dont vous ne faites que commencer à sortir.
Croyez-vous que tel prêtre qui, de concert avec les Autrichiens, dénonce les meilleurs patriotes, puisse avoir des vues bien pures, des inientions bien légitimes? Si, depuis quatre ans, placé à la Montagne, il lui en avait fallu soutenir tous les assauts, pensez-vous qu'il eût été plus ferme? Gardez-vous de le croire, et mettez-le du moins à une si longue épreuve.
1. Robespierre veut parler de la pétition présentée à la Convention, dans la séance du 2.") juin au soir, par Jacques Roux. Voir Procès -verbal de lu Convention, t. XIV, pp. 298 et suivantes, et Monih>in\ t. XVI, p. l'û.
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CroA-ez-vous qu'on puisse d"un coup surmonter IWutriclie, l'Espagne, Pitt, les Brissotins et Jacques Roux? Non, citoyens! Mais laissez-nous le soin de les combattre, et n'ajoutez pas vos efforts à ceux déjà trop multipliés des aristocrates et de Roland. Au surplus, les bons patriotes verront qu'un intrigant qui veut s'élever sur les débris des puissances que nous avons abattues, sur les Brissotins, les Louis XVI, les Dumouriez, n'acquiert pas l'aptitude avec l'audace, et que ce ne sont pas moins des hommes ignares que de mauvais sujets et de faux patriotes. Les maux de la patrie ne sont point finis. Je dirai même, si je l'ose, que j'entrevois dans l'avenir un nouveau crime.
[Robesj)i(MTO Icrmino son discours on invitant les Parisiens à garder leurs canons et leurs soldats. — Collof d'Hi^rbois accuse on termes violents Jacques Roux d'avoir rliorolié à « provoquor le désordre el à lanioner l'anarcliic ».]
G... — Comme il est beaucoup de Jacobins qui sont Gordeliers, je les invite à se rendre demain à la Société des Gordeliers, pour y interpeller le président sur l'accolade qu'il a donnée à Jacques Roux, et l'afliche et l'impression de son discours que la Société a arrêtées.
Un Sechktaiiœ. — Deux uiembres de cette Société y ont contribué.
Legendhe. — Le malheur de la Société des Gordeliers n'est qu'éphémère. Il ne faut pas vous cacher quelle est assez mal composée aujourd'hui. Les plus s.dides patriotes sont aux frontières, à la Vendée, aux administrations, où on a besoin de patriotes éclairés. Le jour désastreux dont on nous parle. Jacques Roux et cinq à six de ses adhérents se sont emparés de la tribune. On y a maltraité les patriotes.
Roussillon, qui était président, n'a pas soutenu le grand caractère qui lui convenait. II a donné le baiser de fraternité à Jacques Roux. Moi-même, j'y ai été interpellé de la manière la plus ignominieuse. Mon crime est, dit-on, d'être modéré, moi qui me fais quelquefois à moi-même des reproches d'exagération! On m'accuse d'être modéré, quand on écrit de Bordeaux que j'ai assommé Guadet ! On m'accuse d'être modéré, quand on met dans tous les journaux que j'ai saisi Lanjuinais au collet, et que je l'ai traîné sur le pavé ! {Applaudi.) On m'accuse d'être modéré, quand, les départements étant venus demander le rappel des trente-deux membres de la Gonvention, je leur ai dit qu'ils étaient bien modestes qu'il fallait couper en deux la pièce de drap, parce qu'on ne fera jamais de bonnes lois avec des hommes
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qui ont employé tous les moyens pour sauver le tyran ! [Applaudi.) Je ne suis point un modéré ; mais mes juges étaient des aristocrates. Oui, Roussillon est un homme faible; je ne l'accuse que de cela; si je savais autre chose, je le dirais de même. Je serai bien aise qu'il se défende ; mais, si l'on m'eût dit de baiser Jacques Roux, c'est comme si on eût dit à Rrulus d'aller couronner César, ou à Britannicus d'embrasser Néron. Je demande qu'une députation soit nommée pour aller demain aux Cordeliers ; je demande qu'on alfiche une réponse à l'adresse de Jacques Roux.
Maure. — On ne peut pas mieux dire que Legendre ; il a parlé avec Ténergie républicaine^ mais il a mal conclu.
Roussillon. — Legendre a raison de dire que je n'ai pas eu, dans ce moment, l'énergie qu'on me connaît ; la cause en est dans la mortification que j'ai éprouvée, il y a deux jours, dans cette assemblée ; j'étais anéanti. Les efforts des aristocrates sont vains contre moi ; mais le plus léger reproche d'un patriote me met au désespoir.
J'ai déserté de bonne heure le Comité pour m'opposer aux desseins de Jacques Roux ; il est venu avec une adresse des sections des Gi-avilliers et de Bonne-Nouvelle ; ensuite il a calomnié Legendre. Je lui ai répondu que Legendre n'était point à l'ordre du jour, mais qu'il répondît [sic] si son adresse était celle qu'on l'avait chargé de lire à la Convention nationale.
On m'a accusé de partialité, parce que je ne voulais pas mettre aux voix si Legendre serait chassé ; on a dit que Momoro était un aristocrate ; j'ai été forcé d'embrasser Jacques Roux, mais jamais baiser ne me parut si amer.
La séance a été levée à onze heures.
PRÉSIDENCE DE DAVID
[La Société d'Orbec ohlienl ranilialion.
La Sociélé arrête rinipression, rai'liohe et la distribuliuii : 1" d'iuK' lettre de la nouvelle Société étal)lie à .Viuicns par le représentant André Dumont; 2° d'une lettre de la Société de (Ircnolilc; 3° d'une adresse de la Société de Mâcon. Chacune de ces pièces renferme l'adhésion de la Société dont elle émane aux journées du M mai et du 2 juin.]
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Le Président nomme pour commissaires députés vers la Société des Cordeliers Collot d'Herbois, Robespierre, Bentabole, Thirion, Lafaye, Le Clerc, Auvray.
[Un membre dit qu'on rapporte que Couthon est sur le point de quitter le Comité de salut public ; il demande que Couthon soit invite à s'expliquer à ce sujet. — Hassenfratz a la parole sur l'instruction publique, dont l'organisation va faire l'objet des délibérations de la Convention. Il invite les patriotes à s'opi)Oser au j)lan du Comité d'instruction ijublique, (pii, d'après lui, n'a pas été fait par le patriote Lakanal, mais par le prêtre Siéyès. « Siéyès, dit l'orateur, a écarté tous les hommes instruits du Comité d'instruction publique ; non seulement il veut asservir la race actuelle, il veut encore empêcher le développement de la génération à venir. .'
La séance a été levée à di.K heures et demie.
SÉANCE DU LUNDI 1- .Ilil.l.KT 17ÎKJ
PHKSIDENCE OK DAVII)
[Une (Irpulalioti des cilnyms <h' Verstiillfs vient donner lecture d'une adresse relative à la pénurie des subsistances dans cette ville. La Société décide que cette adresse sera insérée dans le Journal de la MunlttfjneK — Maure retrace les témoignages de joie avec lesquels ses concitoyens ont accueilli la Constitution, et il donne lecture d'une adresse d'adhésion aux journées du 31 mai et du 2 juin, rédigée par la Société d'Auxerre. — Ichon donne lecture de deux adresses analogues, envoyées par la Société de Condom et par celle de Lectoure. La Société décide qu'il sera fait mention honorable de ces adresses dans son procès-verbal, dont un extrait sera envoyé aux Sociétés d'où émanent ces adresses.]
Maure invite Collot d'Herbois à rendre compte de sa mission auprès de la Société des Cordeliers.
Collot d'Herbois. — Je ferai tous mes efîorls pour ne pas manquer de mémoire, et ne rien laisser à dire à Maure. Cependant je serai fort court. Nous avons décrété de faire un rapport, demain, sur les députés détenus-. J'invite la Société à s'occuper de celle question importante avant la fin de la séance.
Nous nous sommes rendus hier aux Cordeliers. Le succès de notre
1. \oir Joinnnl (le la Montagne, n" du 4 juillet IT'.in. pp. i:'.S-i:iO.