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mission a été digne des motifs qui nous avaient inspiré cette démarche. Jamais de-^ IWtcs n'ont témoigné plus d'amitié à des frères, jamais accueil n'a été plus flatteur. Il n'y avait point hier la domination de ces meneurs qui avaient fait adopter la plus cruelle satire contre la Convention. Il n\v avait point ceux qui avaient jeté de la défaveur sur la Montagne et qui avaient cherché à la dépouiller de la confiance publique !

Yos commissaires ont exprimé à vos frères des Cordeliers leur vœu, l'acceptation de la Constitution.

Nous avons vu se succéder à la tribune des hommes qui ont désigné les traîtres et qui les ont appelés par leur nom. Alors vous auriez vu le plus beau spectacle ; vous auriez vu Hébert promener le flambeau de la vérité sur la tête du prêtre hypocrite, et faire fondre son masque, comme un limon impur qui couvrait sa tête. [Applaudi.) Alors vous auriez vu les élans de la liberté, ces accusations fondées qui donnent la vie à une assemblée et qui la régénèrent.

Je me souviendrai toujours de cette apostrophe, faite par Hébert : « Tous vous plaignez, Parisiens; vous déplorez votre situation ; vous murmurez contre vos représentants. Mais songez donc à vos frères des départements, qui tous les jours sont réveillés par le bruit du canon, qui tous les jours reçoivent des boulets, et qui n'ont pas deux onces de pain par jour. »

Voilà comme on instruit le peuple ! Voilà comme on ne lui donne pas de fausses terreurs, pour amollir son courage et lui faire perdre le fruit de ses travaux ! C'est parce que le vaisseau arrive au port qu'on veut diriger l'attention du peuple contre quelques forbans nommés accapareurs, que nous écraserons en masse quand il en sera temps. Vous sentez que, quand deux rochers se joignent, ils sont en état de résister au choc de tous les éléments.

Les hommes que nous avons dénoncés étaient là ; ils étaient hideux comme le crime ; ils étaient anéantis comme des lâches qui ont manqué leur coup et qui songent à fuir. Quelques individus ont voulu prendre la défense du prêtre fanatique. Nous avons remarqué Le Clerc, pour lequel vous avez eu des bontés. Ce jeune homme s'est livré à des insinuations perfides ; il a été égaré. Son imprudence a été la cause de l'oppression sous laquelle gémissent actuellement les patriotes de Lyon.

Le Clerc a dit aux Lyonnais qu'ils allaient être guillotinés, qu'ils allaient être jetés dans la rivière; alors ces hommes, naturellement poltrons, sont devenus braves, et ils le sont devenus au détriment des patriotes. Voilà ce qu'on a reproché à Le Clerc; il était dénoncé à

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l'avance par une lettre du citoyen Marat, qui, comme vous savez, a toujours l'initiative en matière de dénonciations.

On ne saurait croire combien la pétition perfide de Jacques Roux a nui à la chose publique. Cette pétition a donné une quantité considérable de voix à RafTet*. Cette pétition est un point de ralliement pour tous les aristocrates. Ils faisaient éclater leur joie, ils couvaient des yeux l'auteur de cette i^étilion. La Société des Cordeliers a fait justice du prêtre Roux et de Le Clerc. Elle a cru devoir excepter Variât, parce qu'elle a reconnu que ce jeune bouime n'est qu'étourdi, mais qu'il a le cœur bon et qu'il a rendu des services à la Révolution. Elle n'a p{js oublié que Varlet a eu le courage d'exhorter et d'instruire le [leuple sur les places publiques.

Les républicaines révolutionnaires ont concouru au triomphe de la raison et de la vérité. Une d'elles surtout a prononcé un éloquent discours sur notre situation politique.

Elle a peut-être trop penché [tour rindiili;enre ; mais, comme elle parlait à d(,'S hommes fermes et raides sur les principes, la Société n'a accepté de son discours (pie ce qui élait conforme à ses sentiments.

Cette citoyenne a prouvé ipif Houx n'avait jamais rien fait poiii- la Révidulion; elle l'a peint comme un de ces hommes qui se glissent dans les sections et qui, pour me servir de son expression, changent de marotte suivant les circonstances. Dans la section des Gravilliers, il nous parlait de la lèle di; Louis Capet; il nous représentait cette tête roulant sur l'écharaud, et cette idée nous réjouissait. Depuis cpie la tête de Capet est tombée, Roux a toujours le mot d'accapareur à la bouche. Je ne sais pas ce qu'il nous dira dans trois semaines, mais je crois qu'à celte époque sa carrière sera finie.

Mauhe. — J'ai beaucoup d'obligations à la Société de m'avoir nommé membre de la députation des Cordeliers. J'ai entendu Collot d'Herbois et Legendre s'exprimer avec une énergie et une éloquence vraiment républicaines.

In monhre observe qu'on oublie le citoyen Momoro, qui ne s'est pas moins distingué par son éloquence foudroyante et persuasive.

Maure. — Je ne l'ai pas voulu nommer, i)arce que c'est mon cou>in germain.

RoussHxo.N. — Mon collègue a oublié de vous dire que nous avons

1. Dans un premier seriitiu pour la nmnination du commandant général de la garde nationale, Rafiet. commandant du hatiiilion de la section de la Butte-des- Moulins, avait réuni i,!)o8 sulirages, contre 't.'û'.i donnés .i ll.inritd. Il y avait eu ballottage. — Cf. Moniteur, t. XVI, p. 746.

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arrêté de désavouer Tadrcssc de F{oux, comme dictée par le fanatisme et la mauvaise foi.

[Dufouvn]! propose cl la Sociélô arrête qu'il n'y aura pas de séance le jour où les asscndilôes primaires seront convoquées. — Hdssrnfratz annonc(! que la section du Faubourg-Montmartre a présenté à la Convention deux cents chefs d'accusation contre les députés détenus. Cette liste est à l'impression, chez Patris et sera distribuée demain aux députés'. — L'orateur d' une députaiion de la Soriric de Boë» donne lecture d'une adresse envoyée par cette Société aux adnnnistrateurs du déjjartement du Rhône-et-Eoire, i)our blâmer leur r'ébellion contre la Convention. — Bentabolc déchu»' ({u'il es! temps de mettre hors la loi les administrateurs rebelles.]

LEGE^•DRE. — Je suis surpris que Bentabole ignore que le rapport sur la ville de Lyon devait être fait ce matin par Lindet, dont le patriotisme vous e«t connu. On n'a pu se dispenser de casser la municipalité de Lyon. Figure/.-vous, citoyens, que cette municipalité était le seul corps administratif qui ne fût pas corrompu.

Les citoyens Nioche et Gauthier - ont bien soutenu leur caractère, mais ils ont dû céder aux circonstances. Nous avons déclaré que nous péririons plutôt que de casser ime municipalité patriote, d'après le vœu d'une administration aristocrate.

Le décret que sollicite Bentabole est très impolitique. La Convention a adopté des mesures de sagesse pour faire sanctionner la Constitution. Si vous aviez déci'élé d'accusation et les administrations trompées et les administrations trompantes, elles n'auraient pris conseil que de leur désespoir, elles se seraient toutes réunies contre nous.

Il faut employer les moyens nécessaires pour faire accepter la Constitution ; quand elle sera acceptée, nous pulvériserons tous nos ennemis.

[Hassenfratz demande la iiarole sur l'organisation de rinsiruclion publique; son discours est renvoyé à la prochaine séance.]

La séance a été levée à dix heures et demie.

1. Chefs d'accusdlioii coitlre les trente-deii.r dépiifés détenus el dunl /'(irresfa-

tion a été ordonnée, rédigée par la section du Fauboiirf/-Montin(ir/ie Impr.

d'un ami de la vérité, s. d., in-8 de 24 p. — Bibl. nat., Lb i0/181ti.

2. Sur la conduite de ces deux représentants à Lyon, voir Hecueil des actes du Comité de saint public, t. IV, p. 523 et 571.

SÉANCE Dl VENDREDI 5 JUILLET 1793

l'HÉSIDE.NCE DE DAVID

[Boussilloii i;i|)|)ortc qu'un marchand de bœufs de son t|uartier, qui arrive de TEure, lui a ilil (jue les prétendus rebelles laissaient passer les troupeaux de bœufs dirigés sur Paris et qu'ils ne songent ni à alVanier la capitale, ni à venir combattre les Parisiens."

TuuRiOT. — Je vous engage ù ne pas vous arrètei" ù ce que vient de dire Roussillon, que nous ne devions rien craindi-e des hommes du département de l'Eure. Sans doute il ne faut pas les redouter; mais gardons-nous de nous laisser séduire par des ai»pareiices trompeuses de réconciliation et de tendresse. Ces hommes sont plus dangereux qu'on ne croit, et ce matin encore J'ai reçu la preuve qu'ils sont contre-révohitionnaires. Mais ici les faits parlent. Que servent de vaines grimaces? Des hommes qui marchent armés contre nous ne viennent point pour nous embrasser. Quand on veut seulement fraterniser avec une ville, un ne sunne pas le tocsin de toutes parts.

Je demande donc qu'au lieu de vous entretenir des rêveries ou des mensonges d'un marchand de bœufs, Ton vous dise franchement, loyalement l'état des choses, que les bons citoyens de cette ville, les canonniers de nos sections sont en butte aux séductions les plus perfides, aux propos les plus calomnieux contre nous ; qu'on veut se faire un rempart de Paris contre Paris même.

Je demande que ces perfides agents de Dumouriez et de Brissot, que les membres de la Convention, surtout, qui y seront saisis, soient garrottés, amenés à Paris et livrés sans délai au Tribunal révolutionnaire. {Applaudi.)

[Simund exjirime l'opinion qu'il vaut mieux trop s'elVrayer des dangers l)résents que de se croire en sécurité. Il dit notanunent : " Tenons le peuple perpétuellement en éveil. Ellrayons-lc sur les, dangers qu'il court. Faisons les maux du département de l'Eure beaucoup plus grands qu'ils ne sont ; c'est le moyen qu'ils ne soient rien en effet.]

Jeanbon Saint-André. — Ne vous y laissez pas surprendre, citoyens ; ces marques d'amitié que vous donnent maintenant les rebelles de l'Eure ne sont que des pièges ou des démarches dictées par leur propre intérêt. Ils ont senti qu'il fallait enfin transiger avec la Repu-

2SC. SOCIKTK l)i:s .lACOlîl.NS [H jullk.t I79;<]

bliijue, et ils en ont saisi, le moins maladroitement qu'il leur a été possible, la première occasion. Cro3ez-vous que ce fût pour se concilier votre amitié? Non I Mais bien pour se concilier l'esprit du peuple sur lequel ils veulent régner, qui ne vit que de commerce. Or, il commençait déjà à nommer ses ennemis, ceux qui voulaient lui enlever ce moyen de subsistance.

■ I/oraleiH- ('\]toso quv les relielles de rEiirc oui vie lialtus à Vernon, quo Toulouse fait sa soumission, que fJordcaux est près do l'iniitcr et que Lyon reste seul dans rinsurrectiou fédéraliste. Il espère que Dubois de Crancé, dont chacun connaît le patriotisme, saura mettre fin à la résistance de Lyon. — Guii'07i demande qu'on secoure la ville de Rernay, menacée par les rebelles du Calvados.]

ÏHURiOT. — J'observe à la Société que le préopinant n'est pas instruit des faits, et, quand on parle en public, on devrait bien, il me semble, se mettre au fait auparavant.

La ville de Berna}' est la seule de ce département, au contraire, qui n'ait pas apporté hautement à la Convention son adhésion à ses décrets, qui n'ait pas offert de porter les armes contre tous les ennemis. Si la ville de Bernay avait voulu suivre mon avis, elle se serait couverte de gloire. « Des hommes viennent dans nos murs, ai-je dit aux habitants qui me consultaient, avec des intentions perfides. Rendez -leur ruse pour ruse et procédé pour procédé ! Il faut les recevoir, les héberger ; mais, quand ils seront endormis, il les faut désarmer, dépouiller et renvoyer chez eux sans culottes ! » Il est difficile de croire que la ville de Bernay ait bien su arracher des hommes armés de l'arbre de la liberté {sic) et les faire rentrer, et qu'elle n'ait pas pu exécuter littéralement ce que je lui avais dit. Je demande donc que, sans faire cas de leurs {sic) correspondances peu sûres ou mal intentionnées, on passe à l'ordre du jour sur la demande du préopinant.

[BiUaad-Varentie donne lecture dune lettre de Cellier* et de son collègue, membre de la Société, qui annoncent ([u'ils ont été arrêtés par ordre de Cusline, pour avoir distribué aux soldats des journaux patriotiques. — U)i mililnlre dit que des abus de j)Ouvoir du même genre ont été fréquennnent commis dans l'armée de; Cusline.]

Un membre. — Je demande que] la lettre de Billaud-Varenne soit communiquée par deux commissaires, [)ris dans le sein de l'assemblée, au ministre de la guerre.

lo Cellier était commissaire du Cnnsoil cxécutir près de larniée de Pcronnc. Recueil des actes du Cotnilé de salut public, i. l\, p. lij.

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Plusieurs membres s'y opposent.

Après plusieurs réclamations, Dufourny et Hassenfratz sont nommés pour se rendre avec la lettre de Billaud-Varenne chez le ministre de la guerre.

Gâteau'. — Tout ce que vient de vous dire le préopinant, ne sont que des peccadilles auprès de ce qu'a fait Custine, depuis qu'il joue le rôle militaire.

Ici Gâteau raconte un nombre incroyable d'atrocités dont Custine s'est rendu coupable. Il ajoute : « Hier soir, Desmaillot me dit : « J'irai demain voir Delacroix, et je lui détaillerai les faits que tu viens de me raconter. » II y est allé. Delacroix lui a répondu : « Nous savons tout cela, nous n'ignorons pas que Custine est un traître, mais on le surveillera, et il est dans sa propre armée plus d\m patriote qui saura arrêter le cours de ses perfides projets. »

« Comment Delacroix, qui fut con-^lamment la dupe de Dumouriez, qu'il ne quitta pas un instant dans la campagne de la Belgique,' comment, dis-je, Delacroix a-t-il pu faire uue pareille réponse? Je déclare qu'il a menti à lui-même et à toute la République.

« Je déclare que, puisqu'on fait si peu de cas de dénonciations aussi importantes, il faut que le Comité de salut public soit composé d'insouciants ou de traîtres. »

DuFOURNV. — Si l'on n'eût pas improvisé la mort de Louis XVI, Custine avait pris toutes les mesures pour fournir à Mayence des otages qui eussent répondu de la vie du tyran.

PRÉSIDENCE DE DAVID

[Lecture d'une liste de candidats. Un membre remarque que, depuis que les ministres sont patriotes, tous les gens en place s'empressent de demander ;ï entrer dans la Société. — Sur les observations de Thuriot, la liste des candidats est acceptée sans modifications.]

Le citoyen Joseph Le Bon «, député-suppléant et maintenant rem-

■1. Gâteau était commissaire du Conseil exécutif à larmée du Rtiin. Recueil des actes du Comité de salut public, t. IV, p. 14 t. 2. Joseph Le Bon avait été admis le 1" juillet à la Convention en remplace-

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plaçant de Magniez, demande à être reçu dans la Société. [Accepté.) Il paraît à la barre et fait remarquer que le jour de son admission est en même temps l'anniversaire du jour le plus glorieux de sa vie, le jour où un mandat d'amener fut lancé par l'aristocratie contre lui, Robespierre le jeune et un autre patriote.

[Lecture de la correspondanco : les sans-culottes de Bordeaux ont demandé à leurs frères de Limoges de les seconder dans leur lutte contre les fédéralistes; les sans-culottes de Limoges se déclarent })rèts à faire ce qu'on attend (feux. La Société de Jarnac assure qu'elle est dévouée à celle de Paris. La Société de Toulon demande le ehàtiment de Philippe d'Orléans. — Aristidf Valcour vient, au nom de Ferrières, dont l'organe est troj) faible, présenter des mesures de salut jtublic. Il propose que le ministre de la guerre achète à un prix très élevé les fusils de guerre, afin que les négociants étrangers, attirés par le gain, fassent passer en France les armes qui nous manquent.]

L'impression et l'affiche du discours qui a développé cette idée heureuse a été arrêtée à l'unanimité *.

Le citoyen Valcour a chanté une chanson patriotique de sa composition, et qui sera mise sur le feuillet qui doit servir de couverture à la Constitution, que la Société des Jacobins vient de faire imprimer, et qu'on distribuera gratis à tous les citoyens; nous allons la donner.

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