PRÉSIDENCK DE BILLAUD-VARENNE
Desfieux a fait lecture de l'extrait de la correspondance.
La Société de Spa vous envoie l'extrait des procès-verbaux qui ont , été arrêtés à Spa et dans les lieux circonvoisins, pour demander la ' réunion à la France. Cette nouvelle Société deuiande rafTiliation. ^ [Accordé.)
[Collol d'Hei'bois prcsonlc à la Société le bravo soldat La Rrctôclic, qui a reçu quarante et une blessures à .Jemappcs *. — C... et Thuriol dcniandont
1. Gorsas donne une caricature de cette séance sons le litre fautif de « séance du \in<il-/iuit lévrier ». {Courrier des Départements, t. Y, p. 21.)
2. On trouvera les états de service de Louis-FIorenlin Bertèche, dit La Bretèc/ie, dans Th. Jung, Dubois-Crancé, t. I, p. 277. Voir aussi Chuquet, Jemappes, p. 108. — Le G mars 1793, la Convention décerna à La Bretcche une couronne de cliéne et wn sabre d'honneur.
U) SOCIÉTÉ DES JACOBINS [il fkv. 1793]
<|U0 la Société radnictlo imniôdialonionl parmi sos nioml)ros. — Colloi d'Herbois insiste pour cpfon suive le règlenicnl. Il se fait beaucoup de tumulte. Enfin la Sociélé déclare ([ue La Bretèclie ne sera pas dispensé des règlements.]
Desfieux. — La majorité des Sociétés affiliées demande le rappel des députés infidèles à la cause du peuple. Il faut mettre à l'ordre du jour, non pas la question, mais le mode du rappel et la peine qu'on doit leur infliger.
Robespierre. — Si nous décidions sur-le-champ cette question, si !a pétition de Marseille nous entraînait dans des mesures inconsidérées, que résulterait-il de l'exécution de cette idée? Je ne parle pas du danger d'occuper les citoyens d'élections nouvelles, lorsqu'il faut s'occuper du danger de la patrie. Nous avons à passer au creuset de l'analyse et de la discussion la Constitution, dont les intrigants nous ont tracé le plan insidieux. Nous avons à faire les préparatifs nécessaires pour résister à tous les despotes de l'univers. Je demande si, dans ce double embarras, nous devons nous engager dans une nouvelle arène de cabale et d'intrigue ?
Que résulterait-il du changement des députés? La Convention nationale en serait-elle plus pure? En résulterait-il que les députés éHminés seraient remplacés par des députés plus dignes de la confiance publique? Si l'on suivait les principes, il est évident qu'ils seraient remplacés par les suppléants. Or la même intrigue, qui a nommé de mauvais députés, a nommé de mauvais suppléants ; et remarquez que les suppléants ont déjà toute la duplicité, toute la perfidie de ceux que l'on veut chasser. Tous les aristocrates font cause commune ; ils sont tous ligués contre les patriotes.
Un autre désavantage naîtrait de la mesure proposée, c'est que ceux qu'on veut chasser sont des intrigants connus, et ils seraient remplacés par des intrigants encore couverts du masque du patriotisme. Remarquez bien que les mandataires infidèles ne sont inconnus que parce qu'ils ont l'art de cacher leur perfidie sous les couleurs du civisme.
Il résulte de ces données que le système du rappel distrairait l'attention publique des grands dangers qui doivent l'occuper sans partage. En formant de nouvelles Assemblées primaires, on seconderait les vues secrètes des intrigants qui veulent y jeter toutes les semences de la discorde et y allumer tous les brandcuis de la guerre civile. Le moyen de déjouer leurs complots et de les réduire à l'impossibihté de nuire, c'est de.les démasquer entièrement et de les marquer du sceau de l'ignominie.
Les Sociétés populaires doivent s'armer de la censure; les pa-
trioles, armés du sceptre de l'opinion, l»i-iseront aisément le sceptre du despotisme et de l'intrigue. Que les Sociétés populaires chassent de leur sein les députés infidèles. Prouvons qu'il y a une coalition criminelle entre les intrigants et les cabinets étrangers. Faisons apercevoir que Brissot s'est exprimé, sur la mort du tyran des Français, comme Pitt et ses partisans de Londres. Prouvons que les mêmes hommes qui excitent des troubles affament le peuple, qu'ils disposent de tous les trésors de la République, dont ils tiennent les destinées dans leurs mains.
Je conclus que le Comité de correspondance doit déclarer aux Sociétés affdiées que nous partageons leurs principes, que nous sommes animés du même esprit qu'elles, mais qu'au lieu de demander le rappel de< députés infidèles, nous croyons devoir les flétrir de la censure civique, et les livrer à la honte de la nullité et de l'impuissance de nuire.
Desfieux a appuyé cette motion et a proposé d'éclairer » toutes les administrations, et de renouveler le ministre de l'intérieur et celui des contributions publi(iu(3s.
[Moncstiov tlcniamlc le rcnouvolloiiifiil du Coinilr de diploiiiatio et du Comitr de dr-lcnsc générale il propose de former; dans la Société un Couiiti' diplonialiijnc, (pii serait ciiargi' de la correspoiidanee extérieure.";
Jeanbon Saint-André a appuyé le i)rojet d'Adresse proposé par Robespierre, et il a observé que cette Adresse aux Sociétés affiliées doit porter non-seulement sur la question du rappel des députés infidèles, mais sur un autre objet non moins essentiel.
L'orateiu' a ainsi développé son opinion. « Citoyens, vous avez tous gémi sur les événements qui viennent d'avoir lieu, par rapport à la cherté des denrées. Il est certain que ces faits seront présentés d'une manière insidieuse, car on n'a pas perdu de vue le projet d'opérer une scission entre Paris et les départements. Cette secousse a été l'effet des insinuations des ennemis du bien public. Mais les journaux vendus à la calomnie donneront une couleur odieuse, une teinte atroce à ces mouvements. Je crois donc qu'il est à propos de lairc un récit historique, simple et fidèle des faits, et de prouver que les amis de la liberté sont aussi les amis des lois. Il faut faire luire cette vérité aux regards de nos frères. Autrement, quand leurs esprits seraient aliénés, il nous faudrait des mois entiers pour les faire revenir. Je conclus donc à ce qu'on ne néglige rien pour prouver que le vrai patriotisme est innocent de tout ce qui se passe à Paris. »