Tout ce début est extrait du Journal de la Montofjne
conduite ; et s'il eût été imposé par moi-même, il eût payé 2 millions. J'ai fait rendre à Orléans un compte public à mes délégués. C'est au sein de la Société populaire qu'ils l'ont rendu, et ce compte a été sanctionné par le peuple. Partout j'ai fait descendre les cloches et réuni plusieurs paroisses. J'ai destitué tous les fédéralistes, renfermé les gens suspects, mis les sans-culottes en force. Des prêtres avaient toutes leurs commodités dans les maisons de réclusion ; les sans-culottes couchaient sur la paille dans les prisons ; les premiers m'ont fourni deS matelas pour les derniers. Partout j'ai fait marier les prêtres; partout j'ai électrisé les cœurs et les esprits ; partout j'ai fait de grands exemples de justice et de sévérité nationale. J'ai sévi contre les faux patriotes et les intrigants sectionnaires, de même que contre les contre-révolutionnaires découverts. Partout j'ai mérité les bénédictions du peuple et les calomnies, les dénonciations aristocratiques des méchants. Je m'honore des unes ; je crains peu les autres. J'ai organisé les manufactures d'armes, visité les ateliers, les hôpitaux, les prisons. J'ai fait partir plusieurs bataillons de la levée en masse. J'ai passé en revue quantité de troupes et de gardes nationales pour les républicaniser. J'ai fait guillotiner plusieurs royalistes. J'ai ramené le calme et l'abondance, et n'ai pas oublié Paris, qui a besoin d'approvisionnements. Enfin, j'ai suivi mon mandat impératif. J'ai agi partout en chaud montagnard, en représentant révolutionnaire.
Jugez-moi, citoyens ; et si quelqu'un veut m'accuser, mes actions répondront pour moi. Le Comité de salut public a tout su, tout approuvé. Rien de plus suivi, de plus actif que ma correspondance avec lui. Toutes mes opérations ont été on ne peut plus autlientiques. Le peuple a toujours été à mes yeux le grand jury national. Je n'ai fait que prononcer son vœu ; les procès-verbaux de mes actions en font foi : ils sont tous imprimés.
Ces détails sont vivement applaudis'.
Renaud^ de la section de la Halle-aux-Blés, se présente à la tribune, pour subir l'épurement du scrutin, en qualité d'adjudantmajor de l'armée révolutionnaire. Il est adopté. La Société adopte également Grammont, nommé précédemment adjudant- général et chef de brigade dans l'armée de la Vendée et nommé au même grade dans l'armée révolutionnaire.
{David, de la section du Conlral-Social, menibre de la (Commune du
1. Tout ce qui suit, jusqu'à la fin de la séance, est extrait du .hnirnal de lu Montagne.
[20 OGT. 1793] SOCIÉTÉ DES JACOBI.XS 473
JO août, écrit quil est délonu à la Force et demande des eoinniissaires pour examiner son cas. — Du Barniii déclare ({u'il se charge de plaider la cause de David au Comité de sûreté générale. — Sur la proposition de Léonard Bourdon, la Société arrête qu'une commission se rendra au Comité de sûreté générale pour demander : 1° l'élargissement de David ; 2° l'examen des principes et de la conduite des dénonciateurs et de leurs motifs dans la dénonciation.
Hébert se plaint que le Comité de salut public du département de Paris arrête son journal à la poste et l'enqjêehe de circuler dans les départements, sous prétexte qu'il attaque les autorités constituées par des insinuations comme celle-ci : « Si les administrateurs en général valaient les administrés, les choses iraient bien et la Hépublique serait sauvée. » « On m'en fit un crime ! s'écrie Hébert. On prélendit que j'avais voulu avilir les autorités constituées ; moi qui prêche toujours le respect dû aux bons magistrats du peuple! moi, qui ne recommande jamais que l'observation religieuse des lois! » — Dii/'ourny demande qu'Hébert nomme ceux dont il a à se plaindre. — Hébert nomme Fabricius, dit Leroi, employé au Comité de salut public. Pressé d'entrer dans des détails, Hébert raitpelle le jour où il eut une explication avec Danton, à la Société des Jacobins '. Le lendemain, Danton l'embrassa, l'appela son meilleur ami ; mais, quehjue temps après, Fabricius déclara à cpiehiues-uns des amis d'Hébert que Danton ferait tout ce qu'il l)0urrail pour perdre ce dernier.]
Daviij, député. — Le lendeiuaiii du jour où Hébert eut avec Danloii une explicalioii dans celle assemblée, je vis Danton à la Convention el il me dit : « Je suis fort aise de m'ètre explinué avec Hébert ; car il me coûtait d'être mal avec ce garçon-là, que j'aime beaucoup. « Je crois donc, comme Hébert, que ce sont de petits intrigants qui ont usurp.' le nom d'un grand bomme pour donner de l'importance à leurs petits moyens.
[Muniuro déclare que le patriotisme de Faitricius est de fraîche date. — Chabot dit (ju'il a été attaqué par Hébert, mais qu'il demande qu'on laisse circuler son journal pour sauvegarder le i)rincipc de la liberté de la presse. — La Société arrête qu'elle enverra une dépulation [à la Convention?] pour l'engager : 1° à protéger spécialement la feuille du Père Ducliesne ; 2° à surveiller les opérations du Comité de salut public du département de Paris.
Léonard Bourdon proteste contre un arrêté du département de la Meurthe, qui a condamné à la déportation toute la nation juive, Il déclare qu'il y a dans nos armées plus de 2,000 juifs, (jni se battent très bien.]