Voir plus haut, p
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<< que le Coniili' do sûreté générale vit dans ce monvemonl tnniulluaire la possibilité que des citoyens, confondant les insurrections avec le régime révolutionnaire, pourraient croire intluenccr par le nombre. Des membres du Comité ont ramené l'ordre, et il n'a été admis, conformément à la loi, que dix citoyens. » La délégation de quarante citoyens s'est retirée, et, après le plus sévère examen, prolongé jusquà (juatre heures du matin, le Comité de sûreté générale a maintenu rarreslalion de David. — Il s'élève quelques ])rotcstations. Dufourny justifie la conduite du Comité de sûreté générale. <' La Commune, dit-il, a fait le scrutin é])uratoire de ses membres, le département de Paris en a fait de môme et se garde bien d'influencer les juges de celui de ses membres qui est en étal d'arrestation. Cette grande mesure d'arrestation des hommes suspects serait paralysée, nul n'oserait dénoncer, nul magistrat n'oserait faire arrêter, nul méchant ne resterait en prison, si des citoyens se portaient ainsi en masse pour intimider les juges, pour comprimer la liberté d'opinion des Comités. » En conséquence, l'orateur demande que la Société fasse examiner par le Comité des défenseurs officieux les réclamations des patriotes 0])primés; si elles sont justes, on les transmettra à la Convention par lintermédiaire des commissaires, et, si l'on refuse d'y faire droit, alors seulement elle usera « de ces réclamations solennelles, de ces députations en masse qui tiennent au droit d'insurrection. »
Taschcrerni dit que c'est Dufourny qui a dénoncé et fait arrêter Desfieux. — Diifourny répond que le département a fait arrêter tous les étrangers, conformément à la loi du 7 septembre dernier, et parmi eux l'Espagnol Proly, qui habitait avec Desfieux : ce dernier a été arrêté par erreur. — Taschereau déclare que le ])résident du Comité de sûreté générale lui a assuré que Dufourny connaissait les motifs de l'arrestation de Desfieux. « Je le somme de les exposer ».]
Desfieux. — J'ai été arrêté, et la Société a bien voulu s'intéresser en ma faveur. Si je n'ai pas d'abord dit ce que je pensais, c'est qu'il me répugnait de mal parler d'un patriote. Je crois que Dufourny l'est ; mais je vais vous raconter ce qu'il a fait à mon égard. C'est lui qui m'a dénoncé au Comité de sûreté générale, à l'administration de police ; c'est de sa main que j'ai vu écrit sur un bout de papier, avec un crayon : « .\rrètez Desfieux ; il est de la faction girondine. »
[Dufournij prétend qu'on l'accuse à tort.
Collai d'Hi'ibois défend Dufourny et déclare que les patriotes doivent rester unis. La Société passe à l'ordre du jour. — Le Président annonce que le résultat du scrutin est le suivant : Président, Maribon-Montaut, député; Viceprésident, Roussel aîné; Secrétaires, Deydier, député, et Froment.
Collot d'Herbois rend compte de « la destruction de la Vendée » '. 11 annonce la délivrance de huit mille prisonniers républicains, la mort de Reau-
1. 11 s'agit de la victoire de Saint-Florent, dont la nouvelle avait excité un i.Tand enthousiasme à la Convontion. dans la séance du même jour. Moniteur, t. XVIII, p. ^02.
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cliam]); puis il lail l'apologie dos généraux sans-culottes cl, parmi eux, il cite Jourdan, «comme ayant vaincu Cobourg, le plus grand général de l'Autriche. Sa respectable éj)ouse fait un commerce bien mince; elle vend des petits couteaux, des miroirs. C'est dans cette classe de républicains qu'on trouvera des généraux intrépides et qui ne trahiront pas ». — Léonard Bourdon déclare qu'il faut donner pour un an, h des patriotes, les fonctions administratives en Vendée.^
Séance levée à dix heures.
SÉANCE DU 3 BRUMAIRE • AN II (2i OCTOBRE 1793)
PRÉSIDENCE DE MARIBON-MONTAUT
CoLLOT d'Herbois. — On vient me provoquer à ma place ; deux fois l'on m'a répété : « Desfieux, pour qui vous avez parlé hier, est un coquin, et vous en êtes un plus grand encore de l'avoir défendu. » (Ces mots excitent la plus grande indignation dans la Société ; on se précipite vers la porte d'où part le tumulte. Le président se couvre, le calme renaît.)
Ce matin, Sambat a dit à Gaillard, au Tribunal révolutionnaire, qu'il serait bien vrai qu'avant quinze jours je ferais amende honorable pour ce que j'avais dit en faveur de Desfieux. Il n'y a qu'un instant, Moënne me répétait le même propos. Je n'y faisais pas attention, et je lui répondais : J'ai parlé à la Société ; faites-en autant : montez à la tribune. Alors Sambat, s'approchant de moi, me pria de sortir, et me provoqua de la manière la plus scandaleuse. Ceci est la suite des intrigues d'une femme qui parcourt vos Comités.
MoENXE. — Il y a quelques jours que Taschereau me dit : « Je crois Desfieux un intrigant ; il a établi chez lui un bureau d'affaires, où il trafique des places ; et quand il ne peut faire lui-même acte d'autorité, il a l'impudence de se faire protecteur officieux auprès de Collot d'Herbois. » Voilà ce que je disais à CoUot, voilà pourquoi il s'est fâché, car ceci n'était qu'une explication fraternelle.
Sambat. — Il s'agit ici d'un homme qui se cache derrière le rideau, de l'Autrichien Proi}^ coupable d'une conspiration.
Bricuet. — Proly est un Autrichien, la femme dont il est question
1. Les noms des nouveaux mois avaient été adoptés le malin même" par la Convention. Procès-verbal de la Convention, t. XXIV, p. lo.
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est Anglaise ; il faut les traiter de même : la loi a prononcé sur eux.
Sambat. — Il est de fait que ce sont les liaisons de Desfieux avec Proly qui me l'ont rendu suspect.
Voici une anecdote à l'égard de ce dernier : Proly, Pereira, Dubuisson, à leur retour de Yalenciennes. me parlèrent, au Comité de correspondance, des projets de Dumouriez sur Paris comme d'une chose dont ils avaient la connaissance intime, et proposèrent de le réconcilier avec les brissotins. « Avec les brissotins, répondis-je, je me réconcilierai le couteau à la main ! »
Desfieux. — J'atteste que je vis Proly au Palais-Royal se montrer, dès le commencementde la Révolution, comme un bon patriote ; que le crime que sans doute on ne peut pardonner à Proly est d'avoir, avec ses deux collègues, dénoncé le premier Dumouriez, et d'avoir empêché le coup qu'il méditait. Je nie d'ailleurs avoir eu d'autres liaisons avec lui que celles de personnes qui demeurent dans la même maison ; je ne me constitue point son défenseur '.
Un membre du Comité de surveillance du déparlement de Paris vient répondre à l'inculpatiiin d'Hébert, au sujet de Tarreslatiun du journal appelé le Père Duchcsne. Il fait l'énumération des services que ce Comité a rendus à la chose publique, et ajoute que, ne sachant pas composer avec les principes, il a cru devoir arrêter une feuille dont un paragraphe lui a semblé mériter celte précaution ; le voici
à peu près : « Si les b ipii nous gouvernent, au lieu de nous
déchirer comme des vautours, étaient laborieux comme des fourmis, les choses n'en iraient que mieux, et nous pourrions être bien gouvernés ; mais chacun rapine de son côté. » L'orateur attaque ensuile Marquet, l'associé littéraire d'Hébert, et finit par invoquer les témoignages des patriotes en faveur de ses opérations.
DuKOURiNY. — Je déclare que les autorités constituées ne doivent point se regarder comme apostrophées dans cet écrit.
MoNTAUT. — Je déclare qu'étant dans l'armée que commandait Custine, j'y ai vu les officiers, tous aristocrates, qui tenaient l'armée dans une torpeur infiniment dangereuse pour la chose publique. Il fallait un iournal écrit avec- adresse, pour réveiller la curiosité des soldats. Les représentants du peuple sentirent l'utilité du Père Duchesne^ le firent réimprimer aux dépens de la République ; cela ne ramena pas à la liberté des soldats qui lui appartenaient déjà, mais
1. Le Journal de la Montof/ne dit qu'il passe sous silence cette discussion, suivant « le vœu de la Société, qui ne veut s'occuper sans relâche que des intérêts (le la IU'']nibliquc. •»>
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éclaira pourtant trois cent mille hommes sur l3eaucoup de fausses insinuations dont ils étaient la dupe ; et, si le journal coûta quelque chose, il produisit des biens incalculables, et dont l'effet se sent encore.
MoMORO. — Je déclare que le Père Duchesne a fait le même bien dans toutes les armées. Si le Comité n'était pas patriote, je demanderais sa destitution et sa traduction au Tribunal révolutionnaire ; mais il est patriote : je demande seulement en faveur d'Hébert une réparation honorable au procès-verbal. [Applaudi. — Ai^i^eté.)
Sentex demande que le numéro d'Hébert soit envoyé à toutes les Sociétés populaires, pour terrasser le fanatisme. [Arrêté.)
[Un membre demande que la Convention ordonne aux prêtres qui ont des lettres de prêtrise données par le pape de les remettre à leur municipalité, qui en fera un feu de joie. A ce propos, Thuriot fait la déclaration suivante * :
« Jamais le pape n'a donné des lettres de prêtrise; il ne s'amusait point à ces babioles. Au surplus, il est temps, puisque nous sommes parvenus à la hauteur des principes d'une grande révolution, de développer la vérité sur toutes espèces de religion. Toutes les religions sont de convention. Les législateurs les ont faites selon qu'il était convenable aux peuples qu'ils organisaient, et ce ne fut jamais que lorsqu'ils ne furent pas assez forts en principe, qu'ils s'avisèrent de créer des cultes pour contenir les peuples. C'est la morale de la République, de la Révolution, qu'il faut prêcher maintenant ; c'est elle qui fera de nous un peuple de frères, un peuple de philosophes. ))
L'accusateur public du Tribunal révolutionnaire demande à la Société de lui envoyer toutes les pièces relatives à Brissot, de l'affaire duquel il s'occupe en ce moment.]
-La séance a été levée à dix heures.