‹ La société des Jacobins; recueil de documents (volume 2)Chapitre 99 sur 141 · Tome V · texte numérisé non relu

Tome V

408 SOCIÉTK DUS JACOBINS [3 nov. 1793]

confiance. Oui, appelons les prêtres devant le tribunal de la vérité ! Exigeons d'eux ce témoignage. « Nous sommes des imbéciles ou nous sommes des fripons. Des imbéciles, si nous avons cru des fadaises absurdes ; des fripons, si, n'y croyant pas, nous avons voulu les persuader, et si nous avons persécuté pour y faire croire. »

Quant à la Convention, puisque sa volonté est d'assurer la liberté des cultes, puisqu'il faut encore pardonner cette faiblesse au reste de la génération, sans doute il n'entrera jamais dans ses principes de donner à une secte quelconque une prééminence sur toutes les autres. Je demande qu'on fasse de ceci le sujet d'une pétition à la Convention ; que tous ceux qui se trouvent catholiques dans l'arrondissement d'une section se réunissent, louent un emplacement où, pour leurs deux sous, ils puissent se procurer toutes les cérémonies qui leur seront agréables; mais que l'Etat cesse de payer des hommes inutiles et dangereux. {On applaudit.)

Maintenant j'ai à vous dire que j'ai ramené dans votre sein un patriote qu'une intrigue avait fait mettre à la Conciergerie et traduire au Tribunal révolutionnaire; c'est Bertrand, de la Commune du Dix Août. [Vifs applaudissements.)

Bernard. — Je rends justice aux vérités que vient de développer sur le compte des prêtres Léonard Bourdon, Je proteste que cette tache originelle, dont j'ai été souillé malgré moi, et par la volonté impérieuse de mes parents, cesse de me déshonorer depuis quatre ans.

Je remercie la Société de l'appui qu'elle m'a accordé contre l'intrigue qui s'était acharnée à mes pas depuis ma mission patriotique à Rennes. Je dois vous faire remarquer les dangers que courent les prisonniers patriotes dans les prisons où ils sont renfermés. Lorsque j'entrai à la Conciergerie, le bruit se répandit que j'étais de la Commune du Dix Août, et conséquemment un septembriseur. Les prisonniers voulaient me massacrer, et ce ne fut qu'avec peine qu'on parvint à me tirer de leurs mains.

Un citoyen. — J'annonce que la commune de Paris a pris ce matin l'arrêté que tous les hochets des églises de Paris seraient transférés à la Monnaie pour être convertis en espèces républicaines. Le département de Paris, en approuvant cette mesure, l'a étendue à tout le département.

Un membre. — Plusieurs des communes qui avoisinent Paris ont déjà exécuté cet ordre, et bientôt il ne restera plus un seul de ces restes de notre ancienne folie dans tout le département. {On applaudit.)

Une dépulation du club central des Sociétés populaires vient, comme celle des Gravilliers, applaudir à la suppression de ces hommes inutiles. Elle lit une pétition qu'elle présentera demain à la Convention.

La séance est levée à dix heures.

CXG

PRÉSIDENCE DE MARIBON-MONTAUT

[l'n socrotairc lit le i)roci''s-vorl)al. — Massahial ri'clanie conirp un article où il est accusé d'avoir pris la défense d'administrateurs fédéralistes ; il atteste n'avoir défendu que ïaillefer '. Un nicnibrc veut qu'on cliange la plir;isc en disant qu'il a pris la défense d'un député fédéraliste. — Moulant déclare que Taillefer a été toujours indécis à l'Assemblée législative et à la Convention. Avant le M mai, croyant la Montagne perdue, il déchira sa carte de Jacobin; aujourdiiui, il est « dans le Marais. »

La Société arrête que l'erreur sera corrigée, et que le procès-verbal portera que Massabial cita quelques faits à l'honneur de Taillefer, ar. lieu de dire qu'il i)rit sa défense.

Dupas, lieutr)i'uit-ri)l(uirl de la légion des Allntjroijes, demande à discul|)er le général Carteaux de diverses accusations lancées contre lui. Il dénonce plusieurs députés dans les armées, fait l'éloge de Soubrany, et termine en disant qu'il faut soutenir Carteaux qui est un sans-culotte et un grand général.

Mmnoro dit (pi'il désire faire connaître l'orateur. <( C'est I)u|)as, grenadier de l'Estrapade, excellent citoyen, et j)ersécuté i)ar l'infâme La Fayette. »

Hébert dénonce plusieurs représentants en mission près les armées. Voici les principaux passages de son discours :

« On vous a dénoncé Fréron ; je vous le dénonce aussi ; Fréron n'est jilus cet intrépide défenseur des droits du peuple; le pouvoir l'a enivré, il en a abusé. Fréron n'est plus qu'un aristocrate, n'est ]dns qu'un muscadin.

<i On ne m'accusera pas de parler ici par esprit de vengeance, ou par toute autre considération personnelle.

(■ Je l'ai défendu contre une cabale du maire Cliambon, (jui voulait lui faire perdre une place à laquelle il avait des droits, et qu'il remplissait lùen. De- ])uis ce tenq)S, Fréron n'a plus mérité mon estime. ..

<( A Nice, il n'était environné que de femmes d'aristocrates ; il faisait une dépense effroyable ; on ne recevait point de patriotes, on les accablait de duretés. 11 a un beau-frère, nommé La Poype, qu'on a mis, depuis qu'il est avec lui, perpétuellement en évidence, afin de lui attribuer l'honneur des succès.

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