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G80 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [IG janv. 1793]

sur la place du Carrousel. Nous nous rendrons ensuite au sein de la Société-mère, que nous regardons comme le berceau de la liberté. Il n'en coûtera pas des millions pour cette fédération, qui sera une fête civique. » [Applaudi.)

[Boissel vient rendre compte de ce qui s'est passé aujourd'hui à la Convention.]

Un jeune mililaire a fait, en ces termes, ses adieux à la Société : « Marié aujourd'hui, je pars demain. Sorti du banquet nuptial, je vole aux combats. Je m'iionorerai toujours du diplôme que je porte, j'éclairerai tous nos frères qui sont les victimes de Terreur, et, si quelque chose mérite votre attention, je vous en instruirai. » [Applaudi.)

Un membre a fait lecture de la lettre du Beausset, écrite en style provençal, et dont on a fait la traduction en conservant l'énergie du style. Cette lettre est ainsi conçue :

« La Société de Bordeaux vient de nous écrire pour nous inviter à rompre avec vous. Il faudrait être bien fou pour faire une pareille

c Cela vient d'un peu loin; on cherche à vous débaucher

les Sociétés affiliées pour vous affaiblir et vous opitrimer, mais nous ne donnons pas dans le panneau. Quand tous ceux qui tournent tantôt d'un côté, tantôt de Tautre, vous abandonneraient, f -vous de

cela. Un bon sans-culotte vaut vingt de ces b -là. Soyons unis,

avec du courage, nous les f à la raison; mais, si nous nous

divisions, nous serions f

« Quand l'Assemblée s'est aperçue que le roi se f d'elle, elle

l'a fait f à la tour du Temple avec sa femelle, et les aristocrates

ont eu un pied de nez. Il ne faut jamais se laisser marcher sur le pied. Quand nous entendons dire à des patriotes qu'on leur a mis le pied sur la gorge, nous ne pouvons nous empêcher de dire que ce

sont de f c Si l'on avait guillotiné Louis Capct après la

canonnade du dO août, personne n'aurait soufllé, et nous serions tranfpiilles. Voilà ce que c'est de ne pas battre le fer tandis (ju'il est chaud.

« La Convention a rendu des décrets dont vous ne vous êtes pas avisés, notamment celui qui abolit les passeports. Vous ne sauriez croire comijien les mauvai'; sujols en prolitent. Faites révoquer tous les mauvais décrets. Qu'on fasse fabriquer des armes i»our le peuph.*; les sans-culottes ont besoin de fusils. Quant au décret relatif au renvoi des Bourbons, c'est une f caste dont il faut se débarrasser.

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Cependant, si l'Égalité ' est dans la bonne route, gardez-le, car il ne saurait où aller, et il faut être juste en tout, etc. »

Un ancien commissaire du pouvoi)' exécutif d'il que, dans le département du Nord, les Sociétés populaires sont presque toutes paralysées. « Roland, a-t-il dit, m'a envoyé un gros paquet rempli d'ouvrages aussi inciviques les uns que les autres, à l'exception de l'opinion de Saint- Just. Ce Roland a la dictature des départements; je ne sais pas où il prend l'argent pour faire imprimer tant de libelles. 11 faut que les sections se réunissent pour détrôner cet intrigant. Citoyens, je dois vous dénoncer les généraux Dumouriez et Kellermann. Il est incontestable qu'ils ont trahi la cause de la liberté. Si l'armée de Kellermann et celle de Dumouriez avaient fait leur retraite sur Verdun, tous les Prussiens étaient enveloppés; Frédéric eût été obligé de mettre bas les armes ou de mourir de faim. Je dis qu'il faut que la conduite de Dumouriez soit examinée, ainsi que celle de Kellermann. Ce sont deux scélérats ou deux imbéciles qui ne savent pas leur métier. Beurnonville est campé de manière que dans trois mois il ne rassemblerait pas son armée. Si Dumouriez avait fait son devoir, nous aurions enfermé le roi de Prusse et Brunswick dans la tour du Temple et nous aurions fait mettre en gros caractères sur la porte de celte prison : Magasin de 7' ois. »

La séance a été levée à dix heures et demie.

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